[Cadavre Exquis] "Une nuit à EpidermiQ' City"

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Modérateur: Amrith Zêta

Messagepar Retro sur 28 Sep 2004 23:17

Un sourire se dessine au coin de ma bouche.
Quelle folle croisade veulent-ils entreprendre ?
D'un geste discret j'attire l'attention du taulier et lui chuchote " Barman, Un gin fizz, trinquons à l'utopie!"

Je tate mes poches en quête d'un nouveau paquet de cigarettes, son prédecesseur gisant, vide et froissé, sur le sol. La pierre de mon briquet crépite sur mon pouce en une gerbe d'étincelles,... tout ceci devient très intéressant.
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Messagepar Little.alien sur 28 Sep 2004 23:26

Alors que la douleur disparaît complètement grâce à la magie des mouvements réguliers de ses douces mains sur mes épaules, j'attends sa réponse. Mais je ressens comme un doute de sa part. Pas sceptique, non, mais en proie au doute.
Malgré tout, je sais, je sens qu'il a peur de paraître trop douteux, trop peu sûr de lui. Mais finalement, le doute s'empare de moi. Pourtant, il sait au fond de lui, que c'est notre destinée, on nous a appelé, on nous a réunis pour faire le Bien.

"Je sais que la tâche ne sera pas de tout repos. Et que le Malin parsème de pièges le chemin vers la vérité, mais ne sens-tu pas que c'est là notre destinée ? Comme la destinée des autres personnes ayant aussi rencontré leur âme soeur. Nous ne seront pas seuls à accomplir cette tâche, mais il le faut. Nous serons incomplet si nous n'accomplissons pas notre destinée."

Je sais que ces paroles le réconfortèrent, mais le réconfortèrent-elles suffisamment ?
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Messagepar Retro sur 28 Sep 2004 23:36

Je ricane doucement en reposant mon verre vide.
Une âme-soeur, c'est une belle idée, un joli mirage, ignorent-ils donc, que bien souvent s'y confronter est synonyme de déchirure et de combat plutôt que de plénitude et de douceur ?
Mais une chose me rassure :
Le doute déjà s'insinue en eux, ils auront beau se répéter qu'ils sont sûrs d'eux, c'est trop tard, le venin est là, il sera toujours là, tapi dans l'ombre tout comme moi, prêt à ressurgir à la moindre faille de leur doux rêve.
Je souris au barman absent et lui offre une seconde tournée.
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Messagepar N°6 sur 28 Sep 2004 23:43

Sa réponse me ragaillardit. Je savais qu'elle avait raison, je le savais avant même de poser ma question, mais le fait de l'entendre prononcée à voix haute était tout ce dont j'avais besoin pour prendre courage. Oui, nous avions une destinée, celle d'éradiquer la solitude à la surface de la planète, dans la galaxie et au-delà (décidément) ! Rien ni personne ne pourrait nous arrêter, la face du monde allait changer grâce à nous ! Et aucun Dieu, aucune force cosmique n'était responsable de cela, nous étions notre propre maître, nous étions désormais la puissance dominante, la dynamique qui allait révolutionner le cosmos ! Imbécile que je fus de douter ! Mais ce doute, je m'en apercevais, n'était que le résultat de la perfide influence exercée par les démons qui nous entouraient, qui avaient voulu semer le trouble en moi ! A une autre époque cela aurait pu fonctionner, mais maintenant que j'avais retrouvé l'autre part de moi-même, j'étais indestructible, imperméable à la moindre suggestion de l'extérieur ! Ragaillardi et confiant en l'avenir, désireux de passer un bon moment avec little avant de nous lancer dans notre projet, rendu fou et enthousiaste par cette perspective, je ne me contrôlais plus et lui fis la proposition suivante, exalté :

- Little, que dirais-tu que nous passions une journée composée de : bonne bouffe, excellents desserts, matage d'"X-Files", "Friends", films de ouf, débats acharnés et passionnés sur le ciné, sur la mytho d'XF, sur XF tout court !!!?!!!
Si quelqu'un m'a compris c'est que je n'ai pas été clair.
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Messagepar Little.alien sur 29 Sep 2004 0:01

Alors que, malgré mes paroles sensées, le doute s'insinuait en moi, malgré moi, No 6 l'effaça par son regard ragaillardi. Plus de doute, plus de tristesse, plus de Solitude, nous étions là, et nous y resterions, quoiqu'il nous en coûte.
Je sentais la présence d'une âme sombre, perfide, qui travaille pour le compte des mauvais, mais cette présence ne m'inquiétait guère, avec No6, nous pouvions conquérir le monde. Cette pespective alléchante me réjouissait.
Alors que je me délectais de tout ce bonheur écoulé dans nos veines en si peu d'heures, No6 me fit une proposition :

"Little, que dirais-tu que nous passions une journée composée de : bonne bouffe, excellents desserts, matage d'"X-Files", "Friends", films de ouf, débats acharnés et passionnés sur le ciné, sur la mytho d' XF, sur XF tout court !!!?!!!"

Avant même que je ne donne ma réponse positive, les choses apparaissaient d'elles-mêmes comme par magie. Et même si nous étions à l'époque des cowboys, nous ne nous étonnions pas de voir apparaître devant nous des anachronismes : un lecteur DVD, des DVD de "Friends", d'"X-Files", de chefs d'oeuvre du cinéma,...
Et malgré ces anachronismes, nous savions comment faire marcher ces objets qui n'existent pas encore.
La nourriture aussi était apparue comme par magie, sur une grande table, somptueuse, des plats plus variés les uns que les autres en ornaient la table : choucroute, couscous, fondue savoyarde, pizzas, lasagnes,...
Devant nos yeux se profilaient ces plats aussi bons les uns que les autres, de l'autre côté de la table apparurent les desserts : tartes aux mirabelles (Mirabelles du jardin, bien sûr), gaufres nappées de chantilly, de sucre, de chocolat, de confitures,...
Comme soudainement affamés, nous nous jetâmes sur la nourriture, ne faisant plus attention aux bonnes manières. Nous étions heureux. Et nous n'avions même pas besoin ne nous regarder pour nous en rendre compte...
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Messagepar Retro sur 29 Sep 2004 0:33

Ça y est ! J'ai vomi ! C'est répugnant, je sais pas si vous le saviez mais moi et ceux de mon espèce vomissons des choses vivantes... enfin vivantes... ça bouge un peu quand même, berk !

A présent ces deux-là dévorent je ne sais quelles choses encore plus répugnantes que ce que je viens de régurgiter.
Bon tant qu'ils mangent, rient et s'amusent de peu, ils s'écartent de la perdition qui les guettait.
Je vais pouvoir prendre un peu de repos à mon tour, tout en espérant qu'ils se gardent de trop s'égarer.

Je vais pouvoir méditer sur tout et sur les moyens de les empêcher de mettre leur folie en marche.

Je m'éloigne du couple bâfrant et rotant. La nuit est douce. La ville idéalement tranquille et silencieuse.
La lueur de ma cigarette disparaît au coin de la rue.
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Messagepar N°6 sur 29 Sep 2004 0:42

C'était le bonheur sur terre : choucroute, couscous, fondue savoyarde, pizzas (des fines à l'italiennes, des épaisses à l'américaine), lasagnes (mmmmh), tartes aux mirabelles, gauffres nappées de chantilly, de sucre, de chocolat, de confitures, de miel... Je ne savais plus où donner de la bouche ! Puis vinrent des gâteaux au chocolat, des tartes aux pommes, des gâteaux au yaourt, des religieuses (oecuméniques, forcément)... Et le seul fait de penser à ces mets plus divins les uns que les autres me mettait l'eau à la bouche. Dans quelle condition pitoyable je me serais trouvé si je n'avais fait que penser (et penser, et penser, et penseeeeer...) à tous ces gâteaux sans les avoir là en face de moi prêts à être dévorés, je n'ose y songer !! Mais tout était bien là heureusement, et nous nous jetâmes avidemment et sans complexe sur ces trésors culinaires. S'ensuivit une longue et merveilleuse séance de visionnage des meilleurs épisodes de "X-files" (ce qui évoqua à mon esprit les images furtives d'une précédente ville où je passais jadis des moments forts agréables ma foi à des heures similaires - note pour moi-même : prendre le temps d'y faire un saut voir si des âmes perdues y survivent encore), une séance "X-files" donc, composée des plus grands moments de cette série (inutile de dire le titre des épisodes : tout le monde les aura aisément reconnus) et de certains des plus grands films de l'histoire du cinéma. Sans consulter little, je savais déjà quelle serait sa sélection : "Willard" (un film avant-gardiste qui un jour serait reconnu à sa juste valeur), "Edward aux mains d'argent", "Beetlejuice", "Big Fish" ; pour ma part, je choisissais "Mulholland Drive", "In the Mood for Love", "Chungking Express", "Casablanca", "A bout de souffle", "Blade Runner", "M le Maudit" (forcément...), et tant d'autres merveilles du monde cinéphilique, qui en compte bien que 7. Après tout, nous avions l'éternité devant nous, une éternité composée de films, de gâteaux, de crêpes suzettes et de "X-files" ! Sublime paradis redécoré ! Et tous ces objets qui se matérialisaient à notre volonté sur les tables du saloon qui bientôt ressembla à une nouvelle et moderne caverne d'Ali Baba, dont aucun mot de passe n'aurait pu ouvrir les portes aux démons qui rôdaient au dehors. Le bonheur était total, nous nous abimâmes dans un océan de joie aux profondeurs insondables, comme les capitaines Némo de la plénitude que nous étions désormais...
Si quelqu'un m'a compris c'est que je n'ai pas été clair.
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Messagepar Little.alien sur 29 Sep 2004 0:56

Le bonheur spirituel nous avait atteint depuis hier, depuis notre renaissance. Mais le bonheur matériel, il venait d'apparaître sous nous yeux ! Tout en se délectant des mets exposés sur la table, nos chefs d'oeuvre respectifs nous attendaient sur la platine. Il me faisait découvrir "Mulholland Drive", "Casablanca", tandis que je lui faisais découvrir "Willard", "Ed Wood", "Metropolis" et autres chefs d'oeuvre, monstres sacrés du cinéma.
Nous nous abreuvâmes d'épisodes "X-Files" tous plus prenants les uns que les autres. Je ne sentais même plus cette âme si triste alentour, nous les avions vaincus, elles avaient battus en retraite !
Le bonheur spirituel et matériel avaient vaincus le moindre esprit négatif aux alentours. Du moins pour le moment.
Le sésame s'était ouvert alors que nous n'avions pas prononcé le mot magique. Peut-être était-ce l'accomplissement de notre destinée qui faisait office de mot de passe. Peu importait pour le moment. Nous savourions le moment présent, celui qui nous faisait débattre avec passion sur ces chefs d'oeuvre.
Alors que No6 m'évoquait la musique du "Château dans le ciel", elle se fit entendre dans le saloon, telle une musique céleste. Des larmes de joie coulaient doucement sur les joues de No6. Bien que sachant qu'il ne s'agissait que de joie, et non de tristesse, je ne pus m'empêcher de le prendre dans mes bras, et lentement, imperceptiblement, nous nous mîmes à bouger au rythme de la musique : nous en vînmes à danser au son de cette superbe musique...
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Messagepar N°6 sur 29 Sep 2004 1:18

Entendant la divine musique de Joe Hisaishi, "The Girl who fell from the sky", je ne pus retenir mes larmes. Cette musique céleste avait toujours eu pour effet de remuer mon être jusqu'au plus profond de mon Ego. Little, percevant mon émotion et la partageant, me prit alors la main, et nous nous mîmes à danser au mileu du saloon, sans mot dire mais les yeux brillants, dansant doucement, au rythme de la beauté stellaire qui émanant d'enceintes invisibles. Moment de grâce, de fin du monde, comme si nous étions les deux derniers êtres humains encore en vie et que nous dansions devant le dernier coucher de soleil de l'humanité...

Cet instant d'émotion passé, instant qui resterait gravé dans ma mémoire jusqu'à la fin de mes jours comme une inscription dans le roc de mes sentiments, nous nous rassîmes et reprîmes notre séance de visionnage. Tandis que nous regardions tous ces trésors télévisuels et cinématographiques, je ne pus m'empêcher de parler à little, lui poser encore et toujours plus de questions, lui faire part de ces films, livres et musiques qui me touchaient l'âme :

- "Connais-tu Joe Hisaishi ? Que penses-tu de "The Girl who fell from the sky", connais-tu la magie que l'on ressent en entendant les morceaux du maestro, eux aussi tombés directement des cieux ? Connais-tu les films magnifiques de Wong Kar Wai ? As-tu déjà pleuré en regardant "Blade Runner" ? Es-tu d'accord pour dire que les détracteurs de Spielberg sont des nazes ? Ne penses-tu pas que certains en font trop avec Poe ? As-tu déjà été dans une prison turque ?"

Nous bavardions ainsi, suivant le fil tortueux de nos réflexions, discutant de la beauté de la musique de Danny Elfman, de la grandeur de la littérature de SF, débattant de mille points et plus encore ! Ange, ou démon ? Café, ou thé ? Miel ou chocolat ? Coca ou Pepsi ? Hitchcock ou De Palma ? Chuck Norris ou Van Damme ? Saison 2 ou 4 ? En un mot comme en cent, l'apothéose intellectuelle et spirituelle d'existences passées à se chercher !! Un mot assez long oui, car on ne nous arrêtait plus ! Ha ha !
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Messagepar Little.alien sur 29 Sep 2004 1:51

Ce moment de danse partagée fut comme une dernière danse, la plus belle, la dernière avant de disparaître à jamais. Ce moment de magie passé, nous nous rassîmes afin de continuer à savourer ces trésors valant plus que de l'or à nos yeux.
Ces nouveaux trésors s'offrant à nous faisaient tournoyer nos esprits à 100 à l'heure, ainsi No6 me posait des tas de questions aussi diverses les unes que les autres, et je tâchai d'y répondre aussi rapidement que lui :

"Oui, oui, non, non (J'ai pas encoe vu Blade Runner), oui, oui, oui."

Alors que ses questions se libéraient, les miennes voulaient elles aussi sortir de mon esprit :

"Crois-tu en la réincarnation ? Penses-tu que "Willard" doit être considéré comme un chef d'oeuvre ? Est-ce que toi aussi tu as pleuré devant "Big Fish" ? Est-ce que tu vas aussi les yeux fermés au ciné, en allant voir un Myasaki ? Est-ce que tu penses que les détracteurs de Spielberg doivent être punis sur la place publique ? Est-ce que tu crois que Poe est vraiment mort ? Tu connais l'histoire sans fin ? Est-ce que les pachydermes africains doivent se baisser quand les gens coupent les arbres ?"

Tout ce déroulement de questions, aussi bordélique que nos esprits fourmillant de mille questions, nous emplissait d'une joie toujours plus forte, plus puissante. Nous sommes comme au Paradis. Tout à coup, une pensée volatile surgit devant mes yeux. Et si nous étions au Paradis ? Ma foi, la logique voudrait qu'on le croit. Mais alors... Cela voudrait-il dire que nous sommes... morts ??? Non, cela était un non-sens total. Je tâchais de rester joyeuse, après tout peu m'importait, j'avais trouvé mon âme soeur, et avec elle, la joie de vivre éternelle... Mais pourtant il fallait qu'on sache pourquoi nous étions morts. Si nous l'étions vraiment... Malgré mes efforts pour ne pas le montrer afin de ne pas gâcher l'enthousiasme de No6, il ne pouvait s'empêcher de constater que quelque chose me tracassait...
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Messagepar N°6 sur 29 Sep 2004 3:41

L'instant était magique, nos esprits fonctionnaient à 100 à l'heure, nous ne rendions plus compte de ce que nous disions tant nous étions emportés par le tourbillon présent, que dis-je, l'ouragan qui balayait nos pensées et nous transportait, tels Dorothée, vers un monde féérique. Je lui posais mille questions, et il en était de même pour elle qui me posait autant de questions, auxquelles je m'empressais de répondre :

- "Willard" je ne l'ai pas vu encore, mais c'était à l'insu de mon plein gré. Oui j'ai pleuré devant "Big Fish". Myazaki j'y vais les yeux fermés, et puis je les rouvre tout grand ensuite pour en prendre plein les mirettes. A mort les détracteurs de Spielberg (et de "Dune" de Lynch tiens), qu'on les guillotine sur place publique afin de montrer ce qui arrive aux coupables de fautes de goût. Poe est peut être vivant oui, à apprendre le surf avec Elvis et Kennedy. "L'histoire sans fin" j'adore, mais quelle déception quand je me suis rendu compte que le film avait une fin. Pour les pachydermes africains je ne sais pas, mais c'est une excellente question, merci de me l'avoir posé ! Quant à la réincarnation, je suis indécis je vote blanc, mais si cela signifie être rescussité dans la peau d'un pachyderme africain à qui l'on couperait son arbre, je préfère pas !

Et ainsi continua notre échange enfiévré, pour notre plus grand bonheur. Pourtant, je ne me pus m'empêcher de remarquer que quelque chose chagrinait little. Un malaise indéfinissable s'était emparé d'elle. Je coupais le son de "Plan 9 from outer Space" que nous regardions, et me tournai vers elle.

- Quel est le problème little ?!!

Elle hésita tout d'abord, et je pressentis que l'objet de ses réflexions était terriblement sérieux. Comment expliquer autrement que je ne puisse instantanément déchiffrer le cours de ses pensées ? Seul un indicible sentiment de malaise était palpable en elle. Puis, elle prit une profonde inspiration et se livra à moi. Je l'écoutais, de plus en plus désemparé en écoutant ses propos, et pourtant, pourtant, quelque chose résonna en moi, quelque chose que j'aurais voulu enterrer au plus profond de mon Surmoi mais qui rejaillirait maintenant et envahirait mon Moi. Etions-nous donc morts, était-ce le paradis ? J'avais moi aussi eu mes doutes, je m'en rendais compte maintenant, des doutes que j'avais tenté de dissimuler, d'enterrer vivant, vils chats noirs que j'avais tenté de chasser de mon esprit. Mais l'on est toujours rattrapé par ce que l'on tente de fuir... Je regardai autour de moi, hébété par cette révélation... Pourtant, je ne me sentais pas effrayé à la perspective d'être mort, tant le lieu était magique et ma compagne spirituelle enivrante. Mais, comme me le fit remarquer little, il fallait savoir. Nous devions savoir la vérité ! Mais comment ? Comment peut-on démontrer que l'on est en vie ou bien mort ?! Je me repassais les événements du jour et de la veille en mémoire. Certes, l'endroit était étrange, magique, mais la magie n'était pas nécessairement liée à la mort ! Certes, Epidermiq City était une ville fantôme, mais qui n'a point vu de ces cités désertées, abandonnées de leurs occupants, sur le Net ? Certes, la façon dont nous nous étions retrouvés était troublante, mais je la mettais sur le compte de notre lien psychique inaltérable ! Point de preuves dans tout ceci ! Comment alors savoir ? Puis d'autres événements me revinrent à l'esprit... Ces êtres que j'avais cru discerner à l'orée de ma conscience... Cette lumière divine qui semblait nous entourer, nous protéger, nous isoler... Etait-il possible qu'Epidermiq City ne soit pas si déserte que cela, que ses habitants soient encore présents, mais que j'échoue à les voir ? Serait-il possible que d'autres personnes soient présentes dans le saloon ? Il y a cet être que je crus apercevoir tantôt derrière le bar à nettoyer des verres... Et cet autre, occupé à griller cigarettes sur cigarettes et qui nous observait... Mais non ! Il nous observait !! Et l'autre également, qui avait tenté de nous aborder et nous proposer à boire ! Comment pourrions-nous être morts si d'autres personnes étaient capables de nous voir ? A moins qu'il ne s'agisse d'êtres fantastiques, ou, mieux encore, qu'eux-aussi soient morts, et que comme nous ils l'ignorent... Sommes-nous morts ? Je m'adresse à vous qui m'entendez, qui nous entendez, sommes-nous morts, êtes-vous vous aussi morts, vous êtes-vous seulement posé la question ? Rébus indéchiffrable que tout cela... Las de toutes ces questions sans réponses, je me tournais vers little, et lui tint à peu près ce langage :

- Je l'ignore. Nous ne pourrons pas avoir de réponses ce soir, je le crains. Je sais qu'il fait trop nuit pour dormir, mais il va pourtant falloir essayer. Demain est un autre jour, et demain ne meurt jamais. Peut être aurons-nous alors un début de réponse. Partons nous reposer, tentons d'oublier provisoirement ces questions qui sifflent sur nos têtes. Va dormir, et je te promets de veiller sur ton sommeil, comme je sais que tu le feras toi-aussi lorsque viendra mon tour de fermer les yeux.

Little acquiesca et, après avoir prudement baisé mon front et moi embrassé le sien, elle partit dormir. Quant à moi, je décidai de rester, à explorer encore Epidermiq City et les alentours, sans oublier de veiller à la sérénité du sommeil de little. Et pour oublier ces questions sans réponses, je décidai de m'écouter un peu de musique, comme ça au milieu de la nuit, dans le saloon désert d'Epidermiq City... La Grande Sophie, "Rien que nous au monde", musique agréablement nocturne, musique aérienne, musique d'atmosphère qui s'élève tandis que je commence doucement à danser, seul mais plus jamais seul, puisqu'il n'y a que nous...

Il n'y a rien à comprendre, rien à chercher, rien à trouver...
Il n'y a pas grand chose à faire, pas de place, pas de résistance à tout cela, il n'y a pas de solution, de question à se poseeer...
Il n'y a pas quelqu'un qui puisse nous suprendre nous étonner, nous écarter quelques minutes doucement sur la pointe des pieds...
Il n'y a rien de tout cela, rien qui puisse changer tout ça,

rien que toi et moiiii...

Puisqu'il n'y aaaa que nous, puisqu'il n'y aaaa que nous, rien que nous au mooooonde...
Puisqu'il n'y aaaaa que nous, puisqu'il n'y aaaaaa que nous, rien que toi et moiiiii...
Puisqu'il n'y aaaa que nous, puisqu'il n'y aaaa que nous, rien que nous au mooooonde...
Puisqu'il ny aaaaa que nous, puisqu'il n'y aaaaaa que nous, rien que toi et moiiiii...

Il n'y a pas un grain d'poussière, pas un cheveu, pas un brin d'air, qui viendra se mettre au milieu comme un intrus, pas même un dieu,
pas un orage, pas une scission, pas d'échantillon,
rien de tout celaaaa...
Il n'y a pas de terminus, pas d'arrêt, ni pointillé,
pas de mots assez puissants, pas d'engrenage, de mauvais sang,
pas d'hésitation, ni rêve, ni fiction,

Rien de tout celaaaaa...

Puisqu'il n'y aaaa que nous, puisqu'il n'y aaaa que nous, rien que nous au mooooonde...
Puisqu'il ny aaaaa que nous, puisqu'il n'y aaaaaa que nous, rien que toi et moiiiiii...
Puisqu'il n'y aaaa que nous, puisqu'il n'y aaaa que nous, rien que nous au mooooonde...
Puisqu'il ny aaaaa que nous, puisqu'il n'y aaaaaa que nous, rien que toi et moiiiiii...

Il n'y a qu'à fermer les yeux pas trop longtemps pour être sûre
De n'pas trop s'éloigner des traits, des envergures, de ta figure
Il n'y a qu'à se serrer fort et dire encore...

Rien que toi et moiiii

Puisqu'il n'y aaaa que nous, puisqu'il n'y aaaa que nous, rien que nous au mooooonde...
Puisqu'il ny aaaaa que nous, puisqu'il n'y aaaaaa que nous, rien que toi et moiiiiii...
Puisqu'il n'y aaaa que nous, puisqu'il n'y aaaa que nous, rien que nous au mooooonde...
Puisqu'il ny aaaaa que nous, puisqu'il n'y aaaaaa que nous, rien que toi et moiiiiii...
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Messagepar Mad sur 29 Sep 2004 8:37

Rhâââ !
Il suffit que je prenne une nuit de congé pour regarder la terrestre mais divine série au sujet d'un... moine, pour que je retrouve mon café plein de café moulu, de restes de nourriture, de cendres de cigarettes et... la télé encore allumée !!!
Je savais que je n'aurais pas dû déposer, au cours de la nuit, mon lecteur DVD dernier cri, ici, au "saloon" comme ils disent.
N'ont-ils point regardé "Sixième sens" ? Non, je ne crois pas, mais pourtant, il semble bien que leur état leur apparaît d'instant en instant plus consciemment...

Je vais ranger un peu...

Savent-ils que la mort est là ? Peut-être, savent-ils que nous, les êtres de la nuit, n'avons pas d'âme, ou que nous en avons trop ?
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Messagepar Mad sur 29 Sep 2004 17:17

Qui est-il ? Qui est-il cet homme d’affaires, cet homme des foules invisibles, cet homme qui était refait ? Pourquoi ce petit français porte-il son bras en écharpe ?...
Et cette jeune fille, la dormeuse, comment s’appelle-t-elle ? Ligeia ? Morella ? Metzengerstein, Annabel Lee ? Bérénice ou encore Eléonora ? A son visage, un portrait ovale, croirait qu’elle vient directement de l’île de la fée... Vous savez, cette île que l’on atteint après une descente dans le Maelström. Sur cette île, la cité en mer, entourée par une mer nommée Mellonta Tauta—un phare est là pour vous y guider—il est un cottage, le cottage Landor (décoré, je dois le dire, avec la plus grande philosophie de l’ameublement), dans le domaine d’Arnheim : un jardin-paysage... Je ne sais pas si elle existe réellement, toutefois, elle apparaît dans le 1002ème conte de Schéhérazade, cette femme qui possédait la puissance de la parole afin de rester en vie... Mais... vous connaissez l’histoire. Ce 1002ème conte, vous ne le connaissez peut-être pas ; il existe pourtant : c’est dans un manuscrit trouvé dans une bouteille, une lettre volée, volant, dérivant au gré des marées que je l’ai un jour découvert, un matin sur le Wissahiccon. Il faisait partie des aventures d’Arthur Gordon Pym de Nantucket... à moins que ce ne soit l’aventure sans pareille d’un certain Hans Pfaall... Ou bien encore, serait-ce issu du journal de Julius Rodman ?! Ma mémoire à quelques lacunes... Après tout, je peux me le permettre.
Devant elle, son cœur est révélateur... Ces deux là se sont donné comme un rendez-vous télépathique, j’assiste là à une conversation entre Eiros et Charmion, à une ballade de noces, à un colloque entre Monos et Una, sur la spiritualité, sur leurs âmes, sur leur existence et sur leur mort... Ils se font une sorte de révélation magnétique...
Mais, mais... Silence ! Arrête donc de dire des lionneries ! le roi peste-il... Le roi, c’est moi ! Je suis le seigneur, je suis Dieu en personne ! Mais... je suis aussi le diable dans le beffroi, à scruter tout mon petit monde ! Je suis l’ange du bizarre, le masque de la mort rouge, je suis le Sphinx et son énigme presque existentielle... (quatre bêtes en une... l’homme-caméléopard, en somme !) Mais surtout, surtout... je suis le Démon de la Perversité, celui qui est et qui n’est pas, le Bien, le Mal, le tout, le rien, je suis bon et mauvais à la fois... Et aujourd’hui, j’ai décidé d’être mauvais !
Je sors de dessous le comptoir des insomniaques (niak niak !) une énorme barrique d’Amontillado : mon meilleur cru !
Je chausse mes lunettes, et m’en vais leur mener la vie dure... En barman je me transforme, n’oubliant pas de me créer une ombre... c’est serait trop bête de se faire remarquer à cause de cela.
Ce breuvage devrait entraîner une perte d’haleine (pratique hein, plus besoin de bonbon !)... C’est à la suite d’une petite discussion avec une momie que j’ai découvert les effets de ce millésime... En réalité, c’est à la découverte de Von Kempelen que je dois tout ce savoir ésotérique et alchimique de l’escroquerie considérée comme l’une des sciences exactes... Souvenez-vous, le mystère de Marie Roget... eh bien c’est cela ! La vérité sur le cas de M. Valdemar (qui était membre du club de l’In-Folio) ? C’est cela aussi : l’Amontillado ! C’est aussi à cause de ceci que fut perpétré ce double assassinat dans la rue Morgue, une histoire terrifiante au demeurant... mais tellement réjouissante... lorsque l’on se trouve de... mon côté !
Bref, pendant qu’ils se gavaient de DVD "X-Files", cette nuit, ce que je nommerais paragrave aux x, ne me demandez pas pourquoi, je suis Dieu, je fais ce que je veux ! Pendant qu’ils se paragravaient aux x disais-je donc, j’étudiais consciencieusement la vie littéraire de Monsieur Thingum Bob, par William Wilson (qui, soit dit en passant, ne sait toujours pas écrire un article à la Blackwood... !)... Il me vint alors une idée de génie pour faire tomber ces deux âmes perdues entre ici et nulle part dans une mystification de génie : « Eureka !» m’écriai-je donc ! Je m’en vais ainsi vous expliquer mon plan divin...
Je tire une caisse rectangulaire de sous mon comptoir ; cette caisse contient la fameuse barrique d’Amontillado dont j’ai déjà parlé tout à l’heure... Et là, ressurgissent en moi des souvenirs de M. Auguste Bedloe, un très cher ami que j’ai emmuré vivant un soir de bal après lui avoir promis de lui faire goûter ce nectar... Une sorte d’enterrement prématuré en quelque sorte, suite à une bonne blague... si je puis me permettre : un canard au ballon de rouge :D Somme toute, ceci fut un sacré événement à Jérusalem ! Les gens me montraient du doigt en criant « Le voilà l’assassin ! » Mais moi, intouchable, inaccessible, suprême et sublime, je n’en avais cure ! Les fous, les sots ! Je les ai tous transformés en grenouilles ! « Hop Frog ! » m’esclaffai-je alors ! Même le Duc de l’Omelette, qui détestait pourtant ces batraciens, eut droit à ce sort méprisable. J’en ris encore ! Ce fut alors qu’advint la chute de la maison Usher, un palais hanté où régnait un corbeau sage et puissant... Vous ne vous en souvenez peut-être pas... Un véritable cataclysme pourtant !
Mais, j’en reviens à mon dessein... et à leur destin, celui de ces deux âmes : ce scarabée d’or et ce chat noir, le puits et le pendule (comment ça ? Allusion sexuelle freudienne ?! Pas du tout !) Je m’en vais leur faire le coup du système du docteur Goudron et du professeur Plume. Alors ils entreront dans un monde étrange, un monde sans queue ni tête, le monde de la semaine des trois dimanches, le monde d’Alice aux pays des merveilles, celui où rien n’est réel, où tout est féerie, celui où l’on est seul, l’Eldorado, Al Aaraaf, le Colisée, le lac du Ness, la vallée de l’inquiétude, un monde où l’esprit des morts erre et divague, là où le ver vainqueur s’insinue au plus profond des corps en décomposition, un rêve... un cauchemar... tout à la fois, tout est fou, tout est beau, tout est délice et désert, sérénade, hymne et requiem, stance et sonnet à la science... une terre de songe en somme.
Je vais les enivrer, peut-être même les empoisonner... Ecoutez-moi : ne pariez jamais votre tête au diable ! C’est un conseil sage qui vous vient tout droit du joueur d’échecs de Maelzel ! C’est là tout l’art du conte, c’est la genèse d’un poème, le principe poétique, en un mot : la Vérité, vous entendez ?! Pas une imitation de la vérité, LA VERITE même ! L’étoile du soir, là-haut, suivez son chemin... regardez, vous y êtes presque ! Montez, montez, cherchez la lumière...

... Et vous verrez que, peut-être, tout ceci n’est en fait... qu’un rêve dans un rêve...
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Messagepar Retro sur 29 Sep 2004 19:33

Je redescends tranquillement Main Street déserte. Au loin j'aperçois l'enseigne poussièreuse du saloon, je souris, un corbeau est posé dessus.
Devant la porte un chat efflanqué s'étire dans le sable.... il est noir, exepté une tache blanche en médaillon, un tache en forme de.... Hum, plus de doute mon sourire s'élargit, l'être suprème est passé part ici.
Alors que je pousse la porte je remarque que seul le silence est présent, une barrique de je ne sais quel nectar trône sur le comptoir. Certainement laissé par Elle, je comprends les visions venues hanter mon sommeil diurne, c'était donc son plan qu'Elle voulait me faire comprendre.
Niark, Niark.

Au milieu des mégots, et des restes du pantagruelesque festin de la veille je remarque un petit mot abandonné, juste quatre lignes. Je reconnais la signature d'un troll, certainement échappé des bas fonds et venu ici, attiré par mon dérangement gastrique de la nuit passée. Je connais bien cette maudite engeance, ils n'y resistent pas. D'ailleurs plus rien des choses agitées et tièdes ne reste. Elles ont dû trouver le chemin d'un autre estomac. Je grimace de dégoût.

Je songe de nouveau au breuvage, la bonbonne est là luisante dans la pénombre. Suintante de menaces cachées sous son apparence délicieuse. Je peux ressentir son pouvoir, c'est un des privilèges que j'ai acquis en épousant la nuit. Mais aucun épidermiquiens, tout pistolero qu'il soit ne saurait le détecter.
Ainsi le songe deviendra réalité, la vie sera la mort, ils seront prisonniers de leur folie.

Utiliser comme arme ce rêve dont ils se délectaient.

Décidement l'être suprème est plein d'ironie. Dieu finit par me plaire. Je crois que je pourrais même m'allier à Lui.

Tout est encore désert, certainement dorment-ils toujours derrière cette porte 42.
Je suis impatient de voir ce qui va se passer ce soir. Je n'ai plus envie d'attendre. Pour attirer leur attention et les tirer (un dernière fois, Dieu, que c'est Malin !) de leurs rêves, je mets en route le piano automatique dont les fausses notes tentent d'égrainer un "Blue Bayou" méconnaissable.

En les attendant, que pourrais-je faire, m'asseoir dans mon coin encore plus noir que le reste de l'endroit, et ... m'allumer une cigarette !
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Messagepar Cresp0 sur 29 Sep 2004 20:22

Ben à moi alors ! :D
Je promets pas de faire aussi bien

On se balade dans les rues de Paris, on croise des gens par centaines, par milliers.
On les voit sans les voir, on ne se soucie pas d’eux et pourtant c’est difficile de croire que chacun a sa vie, son univers, ses pensées, ses objectifs. De tous les gens que l’ont croise, personne n’est là par hasard et pourtant la plupart du temps nous les voyons comme du décor, il ne nous vient pas à l’esprit de leur adresser la parole pour rien, de croiser leur regard.
Le plus flagrant, c’est dans le métro : tout le monde est assis, debout, sans rien dire à fixer l’horizon plongé dans des pensées : boulot, sport, femme, argent, …
Quand on regarde quelqu’un à ce moment il nous dévisage car nous l’empêchons de s’évader dans ses pensées, les gens n’aiment pas qu’on les regarde car ils voient en vous ce que nous voyons en eux : un élément du décor, une chose. Et quand une chose se met à vous regarder, c’est inquiétant… dérangeant…
Quand c’est une jeune femme, c’est autre chose. Une femme, nous ne la regardons pas de la même manière, c’est agréable. Si les gens sont un décor, les femmes sont comme des tableaux, il y en a des envoûtants et d’autres qui laissent indifférents. On remarque vraiment que certaines ont l’habitude de se faire regarder. Quand on croise leur regard certaines rougissent, certaines passent leur main dans leur cheveux ou bien se mettent à tripoter quelque chose en faisant mine de penser à quelque chose. C’est le signe qu’elles se sentent flattées, voir un peu gênées. Dans ces moments-là elle font tout pour penser à autre chose ou bien pour trouver quelque chose qui ferait croire qu’elle reste indifférente.
Tout cela est amusant, on se dit que chacun a sa destinée et il suffit d’adresser la parole à quelqu’un, se mettre en travers de son chemin pour modifier peut-être son futur.
L’effet papillon vous connaissez ? Il suffirait d’éternuer à Paris pour qu’à Pékin une femme trouve une bague par terre.
Bon, tout cela pour en venir à quoi ? :) euhhh… je ne sais pas, à rien peut-être mais je me dis que cela serait tellement cool si tout cela pouvait évoluer. Si tout le monde ne pouvait pas faire une tête de dindon énervé dans les rues de Paris et dans les transports.
Peut-être pourrons nous changer le futur proche de quelqu’un en lui faisant un petit sourire en le croisant. Je pense que garder le sourire dans n’importe quelle circonstance est très important car c’est communicatif, la joie se transmet très facilement. C’est pour cela que j’adore les stades de football, c’est vraiment la fête, on côtoie des gens qu’on ne connaît et on se retrouve tous à chanter, s’éclater tous ensemble se donnant tous la main. Je trouve cela très beau.
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Messagepar Guigui sur 29 Sep 2004 22:19

Flash-back : retour 3 jours auparavant...

Y se passe pas grand chose à EpidermiQ City... Tout le monde y tourne en rond en flanant et en dissertant sur les ambiances de la ville, et pas toujours de façon très inspirée... Que des allumés dans cette cité... J'en ai assez... Ce n'est donc pas par hasard que du haut de ma colline je vais actionner toutes les charge de C4 que j'ai placées aux endroits stratégiques de la ville pour en finir une bonne fois pour toute...


Mwahahahaha.... ADIEU LES EPIDERMIQUIENS... RENDEZ-VOUS EN ENFER !!!!
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Messagepar Little.alien sur 29 Sep 2004 23:06

Après une nuit de sommeil qui fut salvatrice, je me réveillai avec No6 près de moi, qui me souriait dès le moment où j'ouvris les yeux. Ce visage si souriant, si heureux me contenta pleinement. Mais une pensée noire vint obscurcir ce Paradis... Notre mort. Notre questionnement sur ce qui s'est passé. Où sont les autres ? Sommes-nous morts ? Les âmes errantes que nous avons cru déceler, sont-elles mortes ?
Que de questions sans réponse.
No6 vit mon désarroi, et me prit la main délicatement. Je le suivais jusqu'en bas, au comptoir où tout avait commencé. Une douce musique m'accueillit chaudement au coeur. Celle de la Grande Sophie. "Je l'ai écouté toute la nuit" me dit No6 dans un sourire. Alors je me mis également à l'écouter. Les paroles avaient un sens, un sens profond pour nous deux, et je sais qu'il n'avait pas choisi cette chanson au hasard.
Nous nous assîmes au comptoir et prirent un café colombien, afin de réveiller nos esprits encore brumeux.
Durant ce moment privilégié, nous vîmes passer un jeune homme. Il portait un tee-shirt de footballeur, il semblait désorienté et un peu timide, il nous vit et déclama à voix haute ce qu'il avait à dire : "On se balade dans les rues de Paris,..."
Ebahis, nous l'écoutâmes. Puis, quand il eut fini, il nous fit un sourire timide, sous-entendant une question "C'était bien ?", nous lui rendâmes son sourire, et il put repartir, heureux, insouciant de notre épineux problème.
No6 et moi nous regardâmes, quand nous éclatâmes de rire ! Ce chatouillis au creux du ventre faisait un bien fou. Après cet interlude, nous fûmes interrompus par le barman. "Tiens, ce n'est pas le même qu'hier" pensais-je. Sans regarder No6, je me doutais qu'il était en proie aux mêmes interrogations.
"Un Amontillado ? C'est offert par la maison !" nous dit le barman.
Je ne me sentais pas à l'aise face à cette figure inconnue. No6 ressentait cette même gêne et c'est instantanément et en choeur et que déclarâmes : "Non, merci !"
Le barman s'en alla en pestant dans sa barbe.
Le silence se fit durant quelques secondes, laissant le temps au barman de disparaître au fond du saloon.
Je regardais No6 et lui dis : "Si nous allions visiter les alentours, ce barman ne me dit rien qui vaille, et il faut que nous trouvions une solution à notre... problème" (Je n'osais me résoudre à prononcer le mot "mort" à mon double que je considérais comme mon sauveur. Ô cruelle ironie si nous étions morts !)
No6 acquiesca sans mot dire. Il me prit par la main, et nous sortîmes du comptoir. La ville était toujours aussi déserte, froide, morte. Les rouleaux de paille continuaient à traverser la ville, de part en part. Nous étions sur Main Street. Main dans la main, nous nous décidâmes à avancer vers la colline qui dominait la ville. Sans rien se dire, nous avions compris où se trouvait la solution à nos problèmes. Cette colline nous avait "appelés" et insconsciemment, nous répondions à son appel.
Au bout de plusieurs minutes, nous étions en haut de la colline. Nous nous arretâmes enfin. Le chemin n'était pas très long mais cette colline était pentue... Alors que nous reprenions notre souffle, je vis du coin de l'oeil un détonateur. Avant même que ma main n'atteigne le bras de No6, il s'était retourné et avait compris en même temps que moi. Quelqu'un avait fait exploser la ville...
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Messagepar N°6 sur 30 Sep 2004 0:07

Little s'était réveillée, toujours aussi gracieuse, et je ne doutais pas qu'il s'agissait là de son état normal, je m'émerveillais de penser que j'allais passer l'éternité avec un être si délicat. Si quelques doutes avaient pu subsister encore dans mon esprit, si mon esprit avait pu être encore inquiété cette nuit par la perspective d'être mort, tous mes doutes, toutes mes peurs s'étaient envolées au moment même ou little avait ouvert les yeux et m'avait sourit de façon si angélique. Pourtant, elle-aussi je le voyais bien n'était pas sans quelques pensées négatives. Je lui pris donc la main, et nous descendîmes dans la salle principale, théâtre la veille de tant de bonheur et d'effusion de joie. La Grande Sophie continuait de chanter de sa douce voix de velours, et je confiais à little mes rêveries nocturnes. Je savais qu'elle comprenait pourquoi cette chanson me touchait tant, et c'est silencieux, respectueu, que nous nous assîmes pour déguster un sompteux café colombien. Quel instant magique. Que demander de plus en effet ? Ma compagne spirituelle à mes côtés, la Grande Sophie en arrière-fond sonore, un café fumant... J'étais dans un rêve, et c'est à peine si je perçus la présence d'un individu étrange qui, sorti de nulle part, se planta devant nous et se mit à déclamer sur le métro, le regarde des autres, l'effet papillon, Pékin, le football... Que dis-je un rêve, j'étais sans doute en plein délire, l'hallucination était complète, on n'avait jamais rêver plus bizarre !! L'apparition disparut aussi vite qu'elle était apparue, et après quelques secondes d'un silence indéfinissable, tandis qu'une atmosphère d'incrédulité régnait dans le saloon, nous nous regardâmes little et moi et éclatâmes de rire. Quel plaisir de rire ! Quel plaisir d'entendre son rire ! Jamais je ne pourrais me passer de l'entendre à nouveau chaque jour, je m'en apercevais. Et m'émerveillais à l'idée de découvrir ainsi chaque jour une nouvelle caractéristique de mon jumeau spirituel. La tension des dernières heures ainsi évacuée, nous pouvions à nouveau respirer librement.

Pourtant, aucun répit ne nous fut accordé, et le barman (tiens, un nouveau barman ?) s'approcha de nous et nous proposa un amontillado. C'était étrange, je ne savais trop pourquoi mais il ne m'inspirait pas confiance. Pourtant la cause de mon malaise était indéfinissable, introuvable, indéchiffrable. Cet homme semblait normal, et je ne pus m'empêcher de remarquer qu'il avait une ombre. Pourquoi prêtais-je attention à un tel détail ? Mais je réalisais bien vite que la pensée d'un amontillado me perturbait. Imperceptiblement, mon esprit dériva et en vint à arpenter les rues d'une Venise nocturne, une Venise de carnaval, où une princesse se noierait dans le Grand Canal à quelques brassées d'un île partagée entre ombre et lumière et qui heurterait dans sa noyade une bouteille en route vers l'Adriatique, à la rencontre de quelque vaisseau fantôme, partie rendre visite au pôle nord, ses tribus autochtones et la cascade du bout du monde... Une Venise rouge sang comme le masque qu'arborait cet homme étrange qui semblait inspirer la crainte partout où il passait. Une Venise sombre comme la couleur du pelage de ce chat de sorcière qui observait la scène. Une Venise surtout habitée par la Mort... Pourquoi penser à tout cela dans un instant pareil ? Une seule chose de certain, cet amontillado ne m'inspirait pas plus que la première omelette venue, fut-elle celle d'un Duc (et pourquoi des visions 'infernales' me vinrent-elles à l'esprit tandis que je pensais ceci ?), et il n'était pas question de goûter au breuvage. Apparemment little pensait pareillement, puisque sans même nous consulter nous nous exclamâmes à l'unisson :

- "Non merci !!"

Le barman s'étant retiré dans son antre (où il passait son temps à dénicher des liens entre X-files et Poe, vile créature satanique, n'y a t-il donc rien de sacré pour toi ??!), little me proposa de sortir et faire le tour d'Epidermiq City. Nous devions répondre aux questions qui nous taraudaient !! Nous sortîmes donc, main dans la main, et affrontèrent, ensemble, le froid et le silence de la ville. Cette dernière était tout aussi lugubre que dans mes souvenirs, mais je n'étais plus seul désormais, et l'atmosphère de mort qui émanait du lieu ne parvient jamais à nous atteindre. Nous laissâmes nos pas nous guider, remontant lentement Main Street, et avant que nous ayons pu deviner quelle était notre destination, nous nous trouvâmes en haut de la colline qui surplombait la ville. Et là, nos regards croisés détectèrent en même temps le terrible objet : un détonateur. Le doute n'était pas permis : quelqu'un avait fait sauter la ville ! Sans mot dire, nous rentrâmes au saloon et nous attablèrent, pour réflechir. Je finis par rompre le silence :

-"Une seule personne peut être derrière ce drame. J'ai entendu parler voilà déjà un bon moment d'un truand, un renégat, un rebelle, qui traînerait souvent avec sa moto du côté de chez Swann. Une des pires brutes de tout l'Ouest, un natif du New Jersey, il s'appelle Guigui mais tout le monde dans le milieu l'appelle le bourrin bourru ! On dit que la brute n'est pas même capable d'apprécier un bon Spielberg, tu te rends compte ?! Oui je sais, c'est trop horriiiiible, je ne devrais pas te choquer ainsi... Quoi qu'il en soit, j'en suis sûr, il n'y a que lui qui peut avoir commis pareil forfait !! Il a donc fait sauter la ville et tous ses occupants... Mais étions-nous présents ?! Peut être que tout le monde est mort, sauf nous ! Peut être que nous sommes les seuls êtres vivants du lieu !"

Mais little ne semblait pas convaincue par ma tirade, et me présenta bientôt des arguments que je ne pouvais réfuter...
Si quelqu'un m'a compris c'est que je n'ai pas été clair.
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Messagepar Mad sur 30 Sep 2004 0:16

Ils ont donc vu la ville...
Ils ont refuser de l'Amontillado ! De l'Amontillado ! qQels inconscients ! Jamais plus de leur vi... de leur destin ils n'aurnt plus l'occasion d'en goûter, ne serait-ce qu'une lampée...
Ainsi donc, ils sont montés là haut sur la colline, ils ont vu la ville, la ville vue d'en haut... Ont-ils touché les nuages ? Atteint le 7ème ciel ?
Cette colline, en fait un volcan qui s'éveille lentement et que la secousse, il y a quelques jours, a rendu fragile, sensible, coléreux...
Ne sentent-ils pas, là-haut, les frémissements de cette terre meuble ?

Ils auraient dû boire mon breuvage... Ils n'auront aucun autre moyen de découvrir la lumière... la Vérité...
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Messagepar Little.alien sur 30 Sep 2004 0:55

Après cette découverte détonante (Mon epsrit, bien que choqué ne put s'empêcher de sourire face à ce facile jeu de mot.), nous rentrâmes au saloon, devenu espace de nos pensées, lieu d'apaisement, car c'est là où nous avions trouvés notre partie manquante de soi. Nous nous attablèrent dans le silence du saloon. No 6 rompit le vacarme de nos pensées vagabondes, en m'exposant sa théorie :

"Une seule personne peut être derrière ce drame. J'ai entendu parler voilà déjà un bon moment d'un truand, un renégat, un rebelle, qui traînerait souvent avec sa moto du côté de chez Swann. Une des pires brutes de tout l'Ouest, un natif du New Jersey, il s'appelle Guigui mais tout le monde dans le milieu l'appelle le bourrin bourru ! On dit que la brute n'est pas même capable d'apprécier un bon Spielberg, tu te rends compte ?! Oui je sais, c'est trop horriiiiible, je ne devrais pas te choquer ainsi... Quoi qu'il en soit, j'en suis sûr, il n'y a que lui qui peut avoir commis pareil forfait !! Il a donc fait sauter la ville et tous ses occupants... Mais étions-nous présents ?! Peut être que tout le monde est mort, sauf nous ! Peut être que nous sommes les seuls êtres vivants du lieu !"


Ce Guigui. J'en avais déjà entendu parler. Sa réputation le précédait dans chaque ville où il passait. Parfois, pour tromper sa victime, il se faisait appeler Guigui Le Gentil. Mais il était malheureusement tout le contraire.
Un homme ne pouvant pas apprécier Spielberg était foncièrement dérangé. Un homme du New Jersey était forcément mauvais, habité par le Malin. On dit même que ce serait lui le fameux Diable du New Jersey, que la légende serait née après que Guigui soit parti de sa ville natale, laisant derrière lui des familles entières détruites. Ce Guigui serait donc le coupable. Oui, après tout, c'est possible. Mais pourquoi a-t-il détruit la ville ? Quelle pensée malsaine l'a amené à faire ce geste inconsidéré ?
Alors que mes pensées divaguaient, tel un tourbillon dans mon cerveau, No 6 continuait sa tirade. Et plus il avançait, plus je désespérais. Je désespérais de voir nos doutes confirmés, mais je désespérais de voir mon No 6 si triste et nourris de faux espoir, malgré tout. Quand il eut fini, ses yeux brillaient d'un espoir enfantin, que je ne pouvais me résoudre à détruire. Et pourtant, il le fallait. Nous devions admettre que nous étions morts. Ce Paradis, cette entente spirituelle, au delà des mots, elle ne peut être que l'oeuvre de forces positives, supérieures à l'Homme, de son vivant en tout cas.

"Mais nous sommes pourtant morts No 6. ô ma chère âme soeur, que je déteste détruire ce regard brillant d'espoir, l'espoir d'un nouveau né... Mais ne le sens-tu pas dans ton coeur ? Ne sens-tu pas que notre retrouvaille, nos âmes en communion éternelles, cette communion n'est que l'oeuvre de forces divines ? Sens mon coeur battre No 6. Il bat pour toi, mais plus pour mon corps. Nos esprits fonctionnent, mais plus pour alimenter nos rêves fous d'êtres vivants. Nous mangeons, buvons, mais plus pour la nostalgie que pour satisfaire nos besoins vitaux.
Ne pleure pas No 6, n'oublie pas la joie qui nous a empli à la seconde où nous nous sommes retrouvés. Il ne faut plus penser qu'à ça maintenant. Nous sommes morts. Alors, très bien, vivons-la. Et vivons la pleinement. Nos âmes retrouvées ne peuvent qu'être heureuses éternellement. Et nous le savions même avant d'apprendre que nous étions morts."

Tandis que je lui parlais, j'essuyais de mes mains les larmes qui coulaient silencieusement sur ses joues. A la fin de ma tirade, je sentais No 6 revigoré, malgré les quelques larmes qui faisaient briller ses beaux yeux bleus. il me prit la main et me sourit derrière ce fin rideau de larmes qui déjà s'amenuisait.
Sa tristesse le quittait. Et la mienne aussi par la même. Je vis que No 6 commençait à voir les choses comme je le lui avait suggéré, comme nous les voyions au moment de notre renaissance.
Son sourire franc au bout de quelques minutes me rassura complètement.
Avec un oeil malicieux il me dit "quel numéro ce garçon avec ses histoires de foot et de papillon !", l'évocation de cette histoire suffit à relancer un rire joyeux. D'entendre mon ami éclater de rire me transportait au delà du Paradis. J'étais encore plus heureuse qu'avant, si cela était possible.

Nos derniers moments de vie furent des plus malheureux pour nous deux. La solitude, la tristesse et l'amertume s'étaient emparés de nous à tout jamais. Et cette mort, fortuite, nous a sauvé lui et moi. En y pensant, tout cela était logique, nos derniers moments de vie nous ont empêchés de nous voir comme nous nous voyons aujourd'hui. Nos corps et amertume nous empêchaient de voir au travers, cette âme si seule, et si désireuse de reconnaître son âme soeur.

"Ainsi, Guigui, sans le savoir est notre sauveur" ajoutais-je à vois haute.
No 6 sourit à cette remarque, et la musique du Château dans le ciel commença à se faire entendre. Comme poussés par le souvenir de cette dernière fois si magique, nous nous mîmes à danser au son de cette musique si envoûtante. Alors que nos pas nous guidaient au rythme de la musique, No 6 se pencha doucement vers moi, et effleura mes lèvres de ses douces lèvres légèrement salées. Ce baiser, bien qu'étonnant, ne fut pas un banal baiser d'amoureux. Nous le savions. Ce n'était qu'une sorte de remerciement. Remerciement de l'avoir retrouvé, remerciement de l'avoir suivi jusqu'au bout, remerciement pour cette nouvelle vie éternellent joyeuse qui s'offrait à nous. Remerciement que je lui rendais d'ailleurs. Quelle vision étrange que deux morts dansant dans un saloon. Nous étions heureux. Peu importait le reste du monde...
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Messagepar N°6 sur 30 Sep 2004 1:42

- "Mais nous sommes pourtant morts No 6. ô ma chère âme soeur, que je déteste détruire ce regard brillant d'espoir, l'espoir d'un nouveau né... Mais ne le sens-tu pas dans ton coeur ? Ne sens-tu pas que notre retrouvaille, nos âmes en communion éternelles, cette communion n'est que l'oeuvre de forces divines ? Sens mon coeur battre No 6. Il bat pour toi, mais plus pour mon corps. Nos esprits fonctionnent, mais plus pour alimenter nos rêves fous d'êtres vivants. Nous mangeons, buvons, mais plus pour la nostalgie que pour satisfaire nos besoins vitaux.
Ne pleure pas No 6, n'oublie pas la joie qui nous a empli à la seconde où nous nous sommes retrouvés. Il ne faut plus penser qu'à ça maintenant. Nous sommes morts. Alors, très bien, vivons-la. Et vivons la pleinement. Nos âmes retrouvées ne peuvent qu'être heureuses éternellement. Et nous le savions même avant d'apprendre que nous étions morts."

Tandis qu'elle parlait, elle essuyait les larmes qui coulaient silencieusement le long de mes joues. Je savais qu'elle avait raison. Je savais que nous étions morts. Et ses paroles me firent reconnaître qu'elle avait raison, que ce n'était pas si important que cela finalement, le terme que l'on choisissait d'employer. Notre esprit continuait de fonctionner après tout, et notre coeur, et nos passions, et nous pouvions continuons de rire ! Est-on seulement vraiment mort lorsque l'on peut toujours rire ? Qu'importe la définition technique, physique, prosaïque de la mort. Prosaïquement, physiquement morts, nous l'étions, mais pour tout le reste, nous n'avions jamais été aussi en vie que maintenant. Et, à une vie passée en solitude éternelle, je savais bien préférer une mort passée avec la compagnie de little. Notre mort nous avait ironiquement ouvert les portes de la vie, et était la meilleure chose qui puisse nous arriver, puisqu'elle nous avait permis de nous trouver. Je souris sans même y prendre garde, je lui souris, puisque désormais tous mes sourires lui seraient dévoués. Anxieux de lui communiquer ma bonne humeur retrouvée, je dis :

- "quel numéro ce garçon avec ses histoires de foot et de papillon !"

Nous partîmes d'un éclat de rire merveilleux. On dit qu'à chaque fois qu'un enfant rit, une fée prend vie quelque part dans le monde (on dit aussi que lorsqu'un volcan s'éteint, un être s'éveille. Peut être de nombreux volcans venaient-ils de s'éteindre). Et j'aurais pu à cet instant jurer que des centaines, des milliers de fées venaient d'apparaître, qui voltigeaient autour de nous et laisser retomber sur nous leur poudre magique, comme pour rendre hommage à cette réunion de deux êtres, à cette communion magique, sublime instant paroxystique de toute vie humaine réussie, pour rendre hommage à deux êtres séparés par la vie mais réunis par la mort.

- "Ainsi, Guigui, sans le savoir est notre sauveur" , ajouta t-elle à voix haute.

Je souris à cette remarque (quelle ironie suprême en effet qu'un être aussi abject puisse être la source de tant de bonheur !), quand soudainement, le thème principal du Château dans le ciel commença à se faire entendre. Comme poussés par le souvenir de cette dernière fois si magique, nous nous mîmes à danser au son de cette envoûtante, sublime et, bien sûr, magique, musique. Et alors que nos pas nous guidaient au rythme de la musique, sans prévoir ce que je m'apprêtais à faire, je me penchai doucement, lentement, vers little, et j'effleurai ses douces lèvres parfumées. Pourtant, ce n'était pas un baiser d'amoureux, nous le savions. Nous avions laissé de telles considérations derrière nous avec nos enveloppes physiques, nous étions libres des obsessions et préjugés humains. Et aucun mot n'aurait pu décrire ce que signifait ce baiser, puisqu'il appartenait à une sphère supérieure de conscience, si loin dans le firmament qu'aucun être humain ne pourra jamais, de son vivant, imaginer et comprendre un tel acte autrement que par ses préjugés. C'était une sorte de remerciement, cela je peux bien le concéder au vocabulaire humain. Remerciement pour tout, pour m'avoir trouvé et sauvé, pour m'avoir permis de me découvrir à moi-même, pour avoir accepté de me suivre, remerciement pour m'avoir accepté et, plus que tout peut être, un remerciement pour la 'vie' de félicité éternelle qui se profilait, à l'horizon du soleil couchant qui illuminait de ses doux rayons cet instant magique. Nous continuions de danser doucement au rythme de la musique, les yeux dans les yeux, souriants et confiants, tandis que la lumière du jour peu à peu s'éteignait et que les fées veillaient à entretenir un halo de poudre magique autour de nous, qui continuerait de nous offrir la lumière bien après que le soleil ne se soit couché pour la dernière fois. Etrange vision peut être si quelqu'un avait pu observer cette scène. Mais peu importe le reste du monde...


THE END
Last edited by N°6 on 30 Sep 2004 2:51, edited 1 time in total.
Si quelqu'un m'a compris c'est que je n'ai pas été clair.
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Messagepar c_bolavienon sur 30 Sep 2004 2:41

:maitr: :maitr: :maitr: :maitr: :maitr: :maitr:
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Note : J'espère que vous avez ou allez conservé l'histoire dans un fichier texte ou doc :D
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Messagepar Little.alien sur 30 Sep 2004 11:35

No 6, vient voir, on a une faaaaaaaan !!! :mrgreen:


Note : J'espère que vous avez ou allez conservé l'histoire dans un fichier texte ou doc


Mais bien sûûûûûr !!
Accroche-toi : ça nous fait 32 pages words !! :p

Merci Mad, Retro, Guigui pour ton intervention qui nous a aidé à conclure :D, et Cresp0 pour ton apparition qui n'avait rien à voir avec l'histoire mais qu'on a quand même inclu pour le fun ;)
Et pis merci No 6, sans qui ce délire n'aurait jamais pu être :ppp ;)
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beau boulot

Messagepar Guigui sur 30 Sep 2004 11:52

:bravo: à vous 2 !!! Ça a fait 3, 4 pages sur ce topic aussi ;)
Je vous propose de séparer ce topic du reste et d'en créer un spécialement [cadavre exquis] EpidermiQ City à mettre dans le forum ArtistiQ'...Qu'en pensez vous ? Il faut qu'on archive cette merveille ;)
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Messagepar Cresp0 sur 30 Sep 2004 13:50

A vrai dire je n'ai rien lu de votre histoire :lol:
Rien que de voir tout ça j'ai mal à la tete ! :shock:

Donc oui ce que j'ai mis n'avais rien à voir mais .... voila lol :P
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