[quote]L'épaisseur des personnages , ce n'est apparement pas trop ce qui motive ton Mr Dick .[/quote]
Les préoccupations de Dick sont effectivement autres, comme je l'ai écrit. D'autant plus qu'il était d'une sensibilité extrême (d'où aussi le thème récurrent de la télépathie, de l'empathie...) : sa préoccupation principale se résume à "l'homme asservissant/exploitant/manipulant/trompant l'homme", ainsi qu'à "l'omniprésence du Chaos".
[quote]Le remplissage tel que tu l'appelles , est fait pour donner une certaine consistance au personnage et expliquer son implication .[/quote]
Il n'y a nul besoin de cette béquille pour traiter d'un sujet sérieux (sauf à vouloir en faciliter l’accès et la lecture ; je n'oublie pas que Spielberg est un vulgarisateur et c'est là sa grande qualité, une qualité majeure). Au contraire : cette béquille banalise le sujet, elle le confine et l'éloigne de nous (en lui donnant un contexte bien précis difficile à reproduire tellement il est centré sur les personnages), et elle le dédramatise (puisque l'on éloigne la menace totalitaire absolue pour la remplacer par une lutte d'individu à individu bien moins effrayante).
[quote]Je suis pas sur que si tu perdais un fils ca serait du remplissage de ta vie !!![/quote]
Je maintiens : c'est du remplissage ***par rapport au propos de Dick***. Car pour les histoires mélodramatiques (genre dans lequel excelle Spielberg), il n'y a point besoin de Dick, justement puisque ce n'est pas son truc.
[quote]Doit on faire souffrir 3 personnes pour la sécurité de tous ??[/quote]Pourtant j'ai nettement entendu dire dans le film que ces trois là ne ressentent rien tellement ils sont camés (c’est le prétexte à leur utilisation).
[quote]Doit on faire souffrir 3 personnes pour la sécurité de tous ??
Doit on utiliser des individus comme cobayes parce qu'ils ont des facultés très développées ???[/quote]
Deux thèmes très présents chez Dick (chez Dick, chez Herbert, chez Sturgeon, chez Brunner, chez Silverberg...) : ces thèmes sont des classiques de la science-fiction (ou plus simplement : de la philosophie).
[quote]Cela peut amener à la drogue et pour moi , ce n'est pas du tout anecdotique !!!! De plus , ca apporte une certaine ambiguïté au personnage[/quote]
Sauf que je ne vois pas où le film veut en venir en traitant de cet aspect "drogue" au début du film : on entend juste "la drogue c'est pas bien", puis "oui mais ça fait du bien quand même".
[quote]Apparement tu ne saisis pas trop les conséquences de la perte d'un fils[/quote]
Non, c'est exact. Je n’ai pas de fils. Chacun son truc. Cela dit, je ne me drogue pas.
[quote]Il me semblait que Minority Report se passait dans le futur ??Si ce n'est pas possible aujourd'hui , pourquoi cela serait impossible demain ??[/quote]
Et si... et si... Futur ne veut pas dire "incohérent". Techniquement, j'ai beau me creuser les méninges, cela ne me paraît pas possible, car la fenêtre de capture de l'iris ou de la rétine est trop fugace. Ce qui ne veut pas dire qu’il est impossible d’opérer une identification rapide mais fiable à distance grâce à d’autres procédés.
[quote]Pour moi , c'est un aspect très interessant du film !!![/quote]
Dans la nouvelle de Dick, les trois rapports sont (exceptionnellement pour cette fois-là) tous différents les uns des autres car leur contenu s'enchaîne, temporellement parlant, et ils s'influencent les uns les autres par le biais de Anderton (qui les découvre au fur et à mesure et adapte sa conduite en conséquence). D'où la notion de paradoxe temporel (classique) qui est clairement citée dans la nouvelle.
[quote]Si Spielberg a décidé de privilegier autre chose , c'est son choix et je vois pas en quoi ca serait un reproche !![/quote]
Dans ce cas, autant être assez malin pour créer entièrement quelque chose d'original, plutôt que d'amputer l'oeuvre de ce qui fait sa substance. Car je le répète, la paranoïa est bien l’essence et la substance de Dick, là où il puise toute son énergie.
[quote]En quoi sont-elles propres à Spielberg? C'est ridicule[/quote]
Parce qu'il a la fâcheuse tendance à vouloir en faire trop (du moins c'est ce que je perçois), ce qui le "pousse à la faute".
[quote]je te ferai remarquer que Spielberg n'a pas écrit le scénario, mais Scott Franck & Jon Cohen. Donc tes critiques s'adressent uniquement à ces deux scénaristes.[/quote]
Jusqu'à preuve du contraire, le patron c'est encore Spielberg (tout comme Lucas pour les "Starwars").
[quote]La vérité est que c'est en effet une faille assez grossière dans le scénario, mais, avouons-le, rien de plus qu'un détail très anecdotique.[/quote]
Grossière mais anecdotique ? J’essayerais de repérer une telle opportunité lorsqu’il m’en arrivera une. Mais ce jour-là je crois que je me contenterais d’un "j’ai eu de la chance et ceux d’en face étaient des guignols".
[quote]Peut-être d'ailleurs peut-on penser que personne n'aurait pu seulement imaginer qu'Anderton, alors qu'il est traqué dans toute la ville, puisse revenir au QG de la brigade Pré-Crime.[/quote]
Mais à coté de ça, Pré-Crime vante et prône la perfection de ses méthodes.
[quote]Ainsi peut-être n'ont-ils pas montré trop d'empressement à annuler l'accès d'Anderton au QG...[/quote]
D'après les explications de son indic, Anderton n'a de toute manière pas d'autre choix que d'agir comme il le fait. Coté scénario, c'est bien pratique...
[quote]Le fait est qu'il ne restait plus que quelques minutes à Anderton avant le meurtre, donc il n'avait pas intérêt à se disperser de la sorte.[/quote]
Etant donné qu'il connaissait les forces en jeu (un unique criminel), le mode opératoire et le déroulement du crime, il pouvait se permettre de séparer ses troupes (voire de les dimensionner en conséquence avant de décoller). D’ailleurs, toute cette séquence me paraît bancale : on assiste à une démonstration de force alors que plus loin dans le film on nous fait la démonstration d’armes non létales et néanmoins efficaces.
[quote]Je ne suis pas sûr de te suivre là. Quel rapport? Les glaçons sont suffisamment nombreux pour refroidir significativement l'eau du bain et ainsi dissimuler Anderton aux détecteurs thermiques, et ce quelque soit le niveau technologique des détecteurs[/quote]
Justement, je ne pense pas que la quantité soit significative, surtout dans le délai imparti et face à des appareils présumés très sophistiqués (puisque pour certains ils permettent l'analyse rétinienne à travers les paupières).
[quote]D'ailleurs quand apprend t-on que l'on peut procéder à une identification rétinienne à travers des paupières baissées?[/quote]
Au cours d'une séquence où la foule est examinée (il me semble que c’est pendant que Anderton est traqué) : une femme se fait scanner juste après qu'elle a baissé le regard et les paupières, et l'examen réussit néanmoins (montrant ainsi sa suprématie).
[quote]Pour conclure, tu me permettras Scrambler de te dire que tu chipotes, tu t'attaches à des détails TRES insignifiants[/quote]
Mon goût pour les "détails" et pour les constructions lisses me vient de ma pratique des jeux de rôles : il est trop facile de s'embarquer dans le "n'importe quoi" en se montrant laxiste et/ou désinvolte. De fait, quand on enlève le clinquant visuel (les effets spéciaux) et son ambiance high-tech (qui n’apparaît pas dans l’univers de Dick, si l’on considère que les préscients ne sont pas high-tech), on retombe sur une histoire banale et sans force. Spielberg est un illusionniste doué, c’est tout.
[quote]ton argumentation élaborée .../... qui vise à dépeindre Spielberg comme "un grand naze"[/quote]
J’apprécie beaucoup le "Spielberg d’avant" : "Duel", "Les dents de la mer", "Rencontres du troisième type", "ET", les "Indiana Jones", même s’il n’a pas la paternité exclusive de ces oeuvres.
[quote]Ce faisant tu ne réussis qu'à te discréditer toi-même, car tes arguments, de par leur caractère anecdotique, ne donne de toi que l'image d'un critique aigri et chipoteur.[/quote]
"Subjectif" aurait mieux fait l'affaire que "anecdotique", auquel cas il n’y a plus ni "aigri" ni "chipoteur" (ce qui m’arrange

)...
[quote]De toute façon tu avais déjà décidé de descendre le film a-priori, et cela tu peux difficilement le nier.[/quote]
Attention : avoir un a priori ne signifie pas être malhonnête.
[quote]Mais non justement, c'est ce que j'essayais de dire dans ma critique : cet aspect sordide est tout à fait nouveau pour Spielberg, bien plus habitué à des films bien propres sur eux et accessibles à un public familial.[/quote]
Ce que je disais (quiproquo), c'est que l'humour "grivois-scatologique" et démagogique est une marque de Spielberg (il n’en a pas le monopole non plus). Le sordide n'apparaissant alors plus que comme moyen de s'encanailler.
[quote]lire une oeuvre de K.Dick qui m'avait échappé jusque là.[/quote]
Il existe de bien meilleures oeuvres de Dick, si tu préfères.
Edité par - scrambler le 08/10/2002 22:58:28