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Un film d'[b]Anne fontaine[/b]
Avec [b]Isabelle Carré[/b] et [b]Benoît Poelvoorde[/b]
Le site du film:
http://www.entresesmains-lefilm.com/site.htm
[b]Sortie le 21 septembre[/b]
Claire Gauthier (Isabelle Carré) mène une vie tranquille avec sa petite famille.
Jusqu'au jour où elle reçoit, dans la compagnie d'assurance où elle travaille, un client pas comme les autres, Laurent Kessler (Benoît poelvoorde). Un homme drôlatique, et frigide, entre charme humoristique et moment d'égarements. Une énigme qui fascine peu à peu Claire, que Laurent entraîne dans son monde nocturne, où elle se libère de ses inhibitions.
Hors, un tueur en série sème la panique dans la région. Lentement, pour Claire, "l'ombre d'un soupçon" pèse sur Laurent. Malgré le sentiment du danger, elle le fréquente de plus en plus assidûment, fascinée.
[u][b]Candeur contre noirceur:[/b][/u]
Le nouveau film d'Anne Fontaine mérite absolument le détour. Ce thriller romantique s'axe avant tout sur le jeu psychologique entre les protagonistes, le contraste fascination/répulsion, et s'avère avant tout être une histoire d'amour.
Isablle Carré et Benoît Poelvoorde constituent un duo inattendu, et qui fonctionne à merveille.
Isabelle Carré ("Se Souvenir Des Belles choses") s'affirme comme une des plus grandes actrices françaises. Classée parmis les "intellectuelles", elle se trouve confrontée à Benoît Poelvoorde, classée parmis les comiques. Et celui-ci confirme que dans son cas, le contre-emploi n'existe pas. La discordance qui le caractérise et qui dérange parfois trouve toute son expression dans la manière de passer de l'humour aux ténèbres, du charme au désespoir.
Claire affiche peu à peu une certaine candeur, après la rencontre avec cet homme pour qui elle s'inquiète, tant il semble tour à tour dépressif puis au sommet de sa forme. Une candeur blanche et lumineuse, comme Isabelle Carré, qui étend les ombres sur la personnalité en relief de Laurent, révélant sa noirceur, l'introspection qui l'empêche de vivre le désir. Poelvoorde accorde à cette noirceur un cachet émouvant, effrayant, avec des petits riens qui font le jeu des grands.
On se fout bien de savoir si le tueur en série est Laurent, tant la tendresse qui se noue entre les personnages est belle. La question affleure, se rappelle aux souvenirs de Claire, mais ne semble pas le sujet du film. D'où la réussite de ce fonctionnement décalé.
Car c'est entre les interstices de cet amour que le suspens s'installe, nous menant par le bout du nez.
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Une photo très symptomatique du film.
[u][b]Déni contre révélation:[/b][/u]
Chaque personnage amène l'autre à révéler ce qu'il a d'enfoui en lui. Claire veut échapper au train train quotidien qui la ronge.
Laurent veut échapper à sa condition de chasseur de femmes aux histoires sans lendemain.
Tous deux peuvent s'équilibrer, et apparaître comme une chance mutuelle. Chance ou perdition dans le dérangement de l'ordre des choses ?
Lors de l'avant-première (où étaient présents Anne fontaine, Isabelle Carré, Benoît Poelvoorde), Isabelle Carré expliquait que la notion de déni l'avait attirré plus que toute autre chose. Et effectivement, le déni est ici fondateur.
Il peut exister un déni de l'autre. C'est le cas pour les misanthropes extrèmes. Claire est tout le contraire de cela avec Laurent. Le déni ne porte pas sur lui, mais sur ce qui est caché en lui. D'où la complexité de leur relation: elle l'aime, et refuse de voir sa part d'ombre. Quand bien même une menace règne sur la cité.
Pour Laurent, c'est l'occasion de rencontrer quelqu'un qui ne le juge pas malgré son caractère énigmatique. De trouver un regard qui s'attache, et lui fait croire à la stabilité.
Il est vétérinaire de métier. Plusieurs fois dans le film des animaux sont mis en cage ou sortis, et pas des moindres: des lionceaux, comme métaphore de qui est innocent en chacun. Jusqu'au moment où Claire elle-même va voir son bureau devenir une cage.
Repli sur soi, ouverture à l'autre: Anne Fontaine a répondu à une question sur le rôle des cages et aquiescé sur les motivations inconscientes qui l'ont amené à leur utilisation.
Et si chacun était sa propre cage ?
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Une scène difficile à tourner. Pourquoi ? :shock:
[u]
[b]Hitchcock à Lille:[/b][/u]
Elle a également confirmé le ton hitchcockien du film où se retrouve la belle-mère répulsive, le système de suspens de "Sueurs Froides". Isabelle Carré correspond aussi à un archétype hitchcokien de par sa blondeur.
Le regard lourd et infranchissable de Laurent sur Claire quand il la contemple renvoit également à ce type de cinéma (les plans les plus impressionnants du film).
Mais Anne Fontaine n'oublie pas que sa priorité, c'est les personnages, et la caméra épaule les agrippe dans leur intimité, faisant oublier la construction élaborée du cadre pour mieux nous faire ressentir leur émotion. Caméra en mouvement, comme l'âme des héros.
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Quand chacun se perd et se découvre dans l'autre.
[u][b]Au jeu de l'inconnu:[/b][/u]
Qui est l'inconnu ?
L'autre ou soi ?
Grosse question que pose le film, et qui concerne les deux personnages.
Reste une hantise: la façade de l'autre, chacun dresse la même autour de son for[u]t[/u] intérieur.
Alors courrez voir [b]Entre Ses Mains[/b], beau film au beau titre à double sens.


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