Après en avoir voulu à Guigui pendant X temps pour être la cause de ma trop grande attente, j’ai enfin pu voir ce film, c’est bon deuxième visionnage, et dès que je finis ce poste je cours vers les bonus et vers la biographie de Marie Antoinette d’Antonia Fraser dont s’est inspirée Mlle Coppola …
Toujours les mêmes thème pour Coppola dans ce troisième film, l’adolescence, la difficulté qu’on peut avoir à s’adapter dans un monde d’adulte si on y a été mal préparé (Virgin Suicide) et le dépaysement, une jeune autrichienne ne connaissant rien de la France qui se retrouve du jour au lendemain propulsée dans un monde qu’elle ne connaît pas et dont elle est obligée d’adopter le mode de vie (Lost In translation).
On a énormément reproché à ce film de ne pas être assez biographique, de ne pas retracer avec exactitude la vie de cette si jeune reine, d’en peindre un portrait plus que idyllique…
C’est vrai qu’il y manque quelques détails relativement important de cette histoire : l’affaire du collier par exemple, une simple allusion aurait suffit, un anachronisme énorme que je ne prendrais pas cette fois ci pour un clin d’œil : le dauphin portant une cocarde tricolore en 1770, le fait que Marie-Antoinette et le comte de Fersen n’ont eu qu’une relation platonique, ou encore détail qui je l’avoue n’est pas forcément le plus dérangeant le fait que Marie-Antoinette porte des robes à manches courtes : chose que cette époque n’acceptait pas.
Mais en même temps faut il voir réellement ce film, comme une fresque historique, personnellement, je l’ai pris plus comme un hymne à l’adolescence : dans la continuité de Virgin suicides même si ils sont réellement différents : peu importe l’époque, peu importe la situation ou la personne une réelle difficulté pour une jeune fille à s’inscrire dans un monde où on la projette du jour au lendemain sans même la préparer … Et quel personnage historique serait il plus emblématique des difficultés de cette période qu’une Marie-Antoinette celle qu’on appelait « l’étrangère », « l’Autrichienne »: femme qui allie à la fois les difficultés d’une période abordées dans Virgin suicides et le dépaysement difficile de Lost in Translation.
Pourquoi un hymne à l’adolescence ?
Le rose partout, permanent dans tous les plans, un Versailles qui m’a fait parfois penser à une énorme maison en pain d’épices, les bonbons omniprésents lorsqu’elle se retrouve accompagnée de ses « amies » ce qui dénote particulièrement avec les repas qu’elle partage avec son mari une sorte de comparaison entre les moments que l’on peut passer avec son entourage amicale lorsqu’on est adolescent et les interminables repas de famille.
Une marque de basket : anachronisme énormissime mais magnifique clin d’œil : si vous regardez bien au moment où la caméra s’attarde sur toutes les chaussures de Marie Antoinette, on peut voir une paire de converse parmi tous les escarpins de la dauphine …
On assiste également à la crise d’adolescence de la reine qui joue la jeune femme docile en présence de la cour et de son mari, mais qui finit par tous laisser tomber étiquette et tout ce qui va avec pour se libérer de son carcan de gentille fille pour se laisser enfin aller aux plaisirs qui lui sont propres.
La majorité du film, c’est donc ça : du rose bonbon, des échafaudages blonds, des macarons dans tous les sens une sorte de petit paradis pour une jeune fille qui s’ennuie terriblement et où s’ennuie aussi, un monde qu’on essaie souvent de s’inventer pour s’évader de son quotidien.
La suite est plus femme, une sorte de prise de conscience le Trianon, le début d’une vie de femme, un premier et véritable amour : le comte de Fersen qu’on voit une dernière fois tel le héros au dessus du champ de bataille, image purement ridicule d’une jeune femme amoureuse en secret. Les plans sont moins roses, tout est plus doux, plus mitigé, on s’ennuie encore comme la reine, mais on sent que les choses vont changer.
Et la fin, comme tout le monde le sait, le déficit de la France, la prise de la Bastille etc … Dernier reproche qu’on a fait à ce film : le fait qu’il s’arrête juste avant la véritable débâcle de cette cour : heureusement, je n’aurais d’ailleurs pas compris que cette partie de la vie de la Marie Antoinette paraisse dans ce film. La « naïveté » du film et du sujet aurait perdu tout son sens …
Voilà, maintenant, je vais sauter sur le bouquin ...

"Catch you with my death bag. You make think I've gone insane ... but I promise, I will kill again." Bob