Merci pour ta réponse et pour ce compte-rendu du débat auquel tu as assisté.

Finalement, tu as réussi à t'infiltrer !!!
[b]Gruicmaster a écrit:[/b]
[quote]Mes points négatifs sur ce film sont les suivants :
- faire ressortir l'idée d'une ligne blanche à ne pas franchir à la toute fin du film rend perplexe. A quoi fait-elle allusion ? A la légalité des démarches juridiques ? A l'éthique ? Aux relations avocat/client ?
Cette phrase a été retirée de son contexte par le réalisateur pour clôturer bizarrement le film.
[/quote]
C'est bien le problème d'un film qui entretient le flou et la confusion. Tout en étant pointu sur la jeunesse de Vergès, il finit par une accusation implicite que Vergès a lui-même remarqué lors de la conférence que tu rapportes:
Vergès: "Je ne vois l'intéret de faire défiler une liste de dictateur à la fin du film. Sorti du contexte cela ne veut rien dire. Soit on les intègre au film soit on en parle pas."
Pour moi, dans son réquisitoire, Schroeder franchit lui-même une ligne blanche à la fin. Il est donc gonflé d'accuser son sujet quand lui-même se passe à ce moment là d'éthique.
[b]Gruicmaster a écrit:[/b]
[quote]- On passe trop vite sur le procès de Barbie en mon sens.
[/quote]
Oui et non... Ce procès est le plus retentissant de l'histoire de Vergès. Il y a déjà eu de nombreux commentaires dessus. Ce n'était donc pas le moment de sa vie le plus "novateur" à décortiquer dans le film.
Je me souviens personnellement avoir excécré Vergès pour cette défense à l'époque... Je découvrais le personnage.
C'est là qu'on voit peut-être la ligne blanche de Vergès quand il dit:
"Barbie n'était pas un nazi, il était flic à Lyon. Aussarès a fait plus de victimes que lui."
Il aurait ramassé si j'avais été là ! La première phrase est inacceptable. Barbie était un nazi zélé, qui pratiquait la torture, la terreur, au service du régime. L'assassinat de Jean Moulin a été un coup rude porté à la résistance contre le nazisme (Rappelons qu'il devait regrouper les différents courants de la résistance, gaulliste, communiste, Combat, etc., dans un mouvement uni).
Quand on fait parti d'un système global, il est facile de parler du criminnel contre l'humanité comme d'un simple fonctionnaire. C'est l'excuse qu'ont invoqué Eichmann, ou, dans le cadre de la collaboration, Papon.
Le film ne pouvait guère aller plus loin, sinon en défendant les thèses de Vergès lui-même. Ce que dit Vergès dans la seconde phrase est important. Ce n'est pas tant le nombre de victimes qu'il faut soulever. Mais la participation d'Aussarès, ce chien, à la création de méthodes dupliquées en Amérique Latine (opération condor), dont celle dite de "la disparition". Elle a été inventée pendant la Bataille d'Alger, où les combattants F.L.N. ou simples sympathisants étaient arrêtés, torturés, et jamais rendus à leur famille (ce fut aussi le cas pour des français anticolonialistes).
Je ne crois pas avoir assez affirmé toute ma haine contre Aussarès et consorts, qui sont eux aussi des criminels contre l'Humanité, et que l'état français protège impunément.
Mais revenons au film sinon je devrai me modérer moi-même...
Ce qui est intéressant dans le film, ce sont les révélations fracassantes sur la façon dont Vergès a été une cible en effet (ce qui explique peut-être sa "disparition" par un retour au bercail), et on peut mettre cela au compte de Schroeder. C'est la dénonciation du colonialisme dans ses exactions banales et quotidiennes. C'est le rappel des guerres de décolonisation, et du rôle joué par le principal intéressé.
Ce qui est énervant, c'est la manière dont le réalisateur se fait à son insu le rapporteur d'un Vergès beaucoup trop fort pour lui dans les interviews. L'avocat est roublard et le réalisateur n'est pas à la hauteur. Le rapport de force entre cette partie "interview" et la partie enquête affaiblit de fait l'enquête. D'autant plus que certains "experts", à force de subbodorer, finissent par rendre flou le propos.
Enfin, le parti-pris de la subjectivité de Schroeder, s'il pouvait être admirable (j'aime bien les documentaristes qui assument), devient carrément un foutage de gueule, quand le film devient un procès. Si,ce procès était fondé sur une réalisation impeccable, une éthique parfaite, et une enquête pointue et précise, je dirais "bingo".
Mais le film fait appel à des méthodes qui créent de la confusion, et non de la compréhension, avec bien sûr la condamnation implicite de son sujet.
P.S.: Dans ce que tu rapportes de propos de Vergès, il a dit:
"Je suis évidement contre les réformes de la justice qui sont en train de s'oprérer. C'est un retour en arrière."
Sur ce coup là on ne peut pas lui donner tord...

Mais bon, c'est H.S ...
L'agent Squeulit pensait qu'il s'agissait en fait d'une pierre de forme triangulaire