L'imaginarium du Dr Parnassus, de Terry Gilliam

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Modérateur: Amrith Zêta

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- Las Vegas Parano
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- Les Frères Grimm
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L'imaginarium du Dr Parnassus, de Terry Gilliam

Messagepar N°6 sur 11 Nov 2009 4:19

Le nouveau film de Terry Gilliam sort aujourd'hui dans les salles. Alors Gilliam, c'est le réalisateur de plusieurs des films des Monthy Python ("Le Sens de la Vie", "Sacré Graal", que du lourd quoi), et il a conservé de ces années passées dans l'absurde monthy python-esque un goût certain pour les délires fantasmagoriques et les hommages appuyés aux pouvoirs de l'imagination : "Brazil", "Les aventures du Baron Munchausen", "L'Armée des douze singes", "Las Vegas Parano", tout ça c'est lui.

Le shooteur fou est de retour aujourd'hui pour le Dr Parnassus, dans lequel on retrouve notamment Heath Ledger, décédé durant le tournage et remplacé en cours de bobine par Johnny Depp, Jude Law et Colin Farrel (son perso change de tête, c'est la magie du cinéma tout ça). L'histoire : le Dr Parnassus a passé un pacte avec le diable, histoire d'être immortel. Manque de bol, Satan est de retour et réclame son prix : la fille de Parnassus, sur le point d'avoir 16 ans. Débarque alors un mystérieux étranger (Ledger), décidé à sauver la donzelle. Pour voir à quoi peut ressembler tout ça, voilà la bande-annonce :



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Re: L'imaginarium du Dr Parnassus, de Terry Gilliam

Messagepar N°6 sur 30 Nov 2009 0:14

Mesdames, Mesdemoiselles Messieurs, approchez assister au spectacle surréaliste du grand Dr Paaaaaaaaarnassus, une expérience unique qui vous excitera les pupilles, les papilles et les méninges, satisfaits ou remboursés mes amis, aaaaaaapprochez mesdames messieurs et passez de l'autre côté du miroir, venez, mais venez donc, n'ayez pas peur voyons...

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Et effectivement, on en a pour son argent, même si on peut-être raison finalement d'avoir un peu peur. Quel superbe film, que de belles images, une imagination et une fantasmagorie débridées et soignées jusque dans leurs moindres détails, une intrigue et un scénario passionnants, de chouettes acteurs, que du bonheur ce film, vraiment. On y retrouve la fièvre onirique d'un "Munchausen" (Parnassus ressemble d'ailleurs pas mal au baron, et tous les deux sont des références transparentes à Méliès, grand magicien et vrai créateur du 7e art), par à coups également la noirceur d'un "Tideland" (la jeune fille en quête d'échappatoire, la famille dysfonctionnelle, la façon dont le film peut passer de la bonhomie au franchement glauque), et même parfois des délires à la "Monty Python" (les constables en porte-jarretelles !). Les scènes situées dans le fameux imaginarium sont les points d'orgue du film effectivement, pourtant celui-ci ne roule pas que pour ses (excellents) effets numériques et pour en mettre plein la vue (ce qui tranche avec le côté artisanal fauché de Parnassus et que semble revendiquer comme sien Gilliam...), une vraie intrigue se noue à mesure que la roulotte du bon docteur se promène au coeur de Londres et que la morosité du monde moderne (on peut même penser à "Fisher King" je pense) est opposée à la dangereuse folie d'une imagination en roue libre, au pouvoir salvateur et vital de la fiction... "L'Histoire sans fin" n'est pas loin c'est sûr, mais une version adulte et parfois franchement dark alors. Il faut voir la dernière demi-heure du film, avec son rebondissement principal et l'ombre terrible qu'il projette soudainement sur l'ensemble du film... terrible, tout comme la toute fin.

Gilliam aime bien imaginer la fin du monde, ou le monde sous la menace d'une extermination physique ou spirituelle, et à chaque fois met en scène des marginaux qui vont tenter, par des procédés plus mentaux et imaginatifs que physiques, de rectifier le tir et sauver l'humanité d'elle-même, ou leur propre peau. Le cinéma de Gilliam est à la fois exubérant, revigorant, pourtant aussi très dark et pessimiste, parfois franchement sinistre, le Diable ou la Mort se cachent toujours en coulisse, et les héros rédempteurs d'être rattrapés par la pourriture de l'existence (De Niro dans "Brazil", anyone?). Que faire alors, quand les héros échouent, ou pire encore, se révèlent être des salauds incapables de rédemption ? Quant le cinoche, l'affabulation, ne font rien avancer du tout, et que tout part en sucette ? Continuer à raconter des histoires ? Du fait d'une espérance idéaliste et obstinée, par automatisme vide de sens, par tromperie et appât du gain ?

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Un film somme, en somme, un peu à la façon du "Big Fish" de Tim Burton. En espérant juste qu'au contraire de ce dernier, cela ne signifie pas que son auteur ait à peu près tout dit. L'histoire doit se poursuivre, coûte que coûte. A moins que le problème ne soit là, finalement...
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