[TF1] Heroes : saison 1

De X-Files à Neon Genesis Evangelion en passant par Baywatch !

Modérateur: Amrith Zêta

Messagepar Mad_Dog sur 22 Jul 2007 11:39

Tiens, je viens tomber sur un avis sur Heroes par Black Widow qui résume assez ce que je pense :

J’étais la première (si, si) l’été dernier à dire qu’Heroes n’était peut-être pas super bien écrit et interprété, mais que ce serait très fun. Et ça l’a été. Et j’ai donc eu raison (comme toujours !). Après, de là à trouver que c’est la meilleure série de l’année, faut pas pousser. Son pouvoir de divertissement est assez fort pour pardonner ses énormes défauts, mais pas de là à les cacher.
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Messagepar Jean miX.L. sur 23 Jul 2007 8:37

J'ai lu dans le dernier Générique(s) un article sur une personnalité de la télévision qui donne son avis sur une série.

En l'occurrence, ici, il s'agit de la présentatrice du "Journal de la culture" sur Arte qui parle de Heroes.

En gros, elle adore mais elle n'a jamais ouvert un comic book de sa vie ni même vu les adaptations de super-héros au cinéma.

Les "à priori" qu'elle a sur les super-héros sont assez affligeants et montre bien qu'elle ne connaît rien au genre.

Par exemple, elle dit grosso modo, dans Heroes, ce qui est bien, c'est que les personnages ont un faille, ils ne sont pas parfaits. Si elle avait lu les comics de Stan Lee & Jack Kirby, elle aurait su que c'est quasiment un passage obligatoire dans les comics...
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Messagepar KNIGHT sur 23 Jul 2007 11:41

Ma première réaction à la lecture de cette page avait été celle-ci :

On va dire que je m'acharne, mais pour le point de vue, une c*** qui n'en a comme par hasard que pour Heroes, sa série culte du moment, mais elle n'a jamais suivi de films de sup'-héros ou lu de comics ; ce qui lui permet de dire que la série a inventé les pouvoirs des personnages. Mais bien sûr. Et la marmotte, elle recouvre le chocolat d' alu... Corrigez-moi si je me trompe : Piper Halliwell, elle avait pas DEJA le pouvoir d' arrêter le temps ? Pour quelqu'un qui travaille au service culturel d' Arte, il faudrait quand même que quelqu'un lui explique que les récits fondateurs ou mythologiques exploitaient des pouvoirs incarnant les rêves ou fantasmes des hommes (Icare, Hercule, tout ça... ). Ca lui évitera de croire que c'est apparu comme par magie avec Heroes...
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hihihi

Messagepar Guigui sur 25 Jul 2007 11:04

Une petite BD parodique trouvée sur le FLEUR BLOG ;)

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Messagepar tonnerre de brest sur 01 Aou 2007 4:17

tonnerre a écrit:
Cette série est une variation sur un thème bien éculé qui est l'émergence des nouvelles formes évolutives de l'Homo Sapiens. Quand on a bouffé la trilogie X-Men, ça a un air de déjà-vu.


Sans doute, mais l'intérêt est ailleurs. Sullivan a su le formuler :


Sullivan a écrit:
Si on est fan, alors oui, sans doutes que le trip particulier de voir l'objet de sa passion traduit à l'écran dans une forme fidèle à ce qu'on aime (plus qu'au cinéma qui par nature condense et ne peut qu'à la marge respecter la nature feuilletonnante du comic) peut être suffisant pour maintenir l'intérêt...


Bonne formulation en effet, mais le problème est que le comic est devenu un phénomène audiovisuel carrément envahissant. Entre le retour des super-héros au cinéma et leurs corrolaire télévisuels, la télé suivant toujours, on est en droit de se demander s'il n'y a pas une panne scénaristique à Hollywood ouvrant une brèche qui est celle de la facilité: comic, marvel, tout le monde s'engouffre, avec plus ou moins de sincérité dans le propos.
D'où l'aspect très opportuniste de cette série qui ne brille pas par son originalité. L'engouement qu'elle suscite ressemble à du surf sur une grosse vague.

Ceci dit l'aspect feuilletonnant souligné par Sullivan, le chapitrage des épisodes qui crée comme un livre visuel par saison, la bonne façon dont les personnages sont campés, la très bonne réalisation (mis à part les couacs déjà évoqués) sauvent le tout de la banalité en se fondant vraiment sur un respect des règles du genre, qui provoque l'attachement.


Guigui a écrit:

Sinon je crois que tu te prends bien la tête sur les thématiques de la série. Effectivement le coup de l'évolution n'est qu'un prétexte "fumeux" pour jouer aux super-héros à la X-MEN, rien de plus.


Je suis assez étonné de cette réponse. ;)

Dans cette déferlante de la thématique du surhomme, on serait plutôt en droit d'attendre des créateurs un point de vue original, en contre-point. De la qualité, de l'étonnement, du courage, c'est ce que nous demandons, non ? Or, on nous rejoue sans cesse l'individualisme des pouvoirs, pour le super-héros adapté soit solitaire, soit solidaire d'un groupe (type X-Men).

Pourtant la littérature de S.F. a décliné cette thématique avec des réflexions sur les conséquences de l'avènement de la nouvelle phase de l'évolution, la coexistence non-pacifique, la tentation du fascisme, le racisme envers la nouvelle espèce, la peur, l'espérance. Autant d'idées qui pourraient donner lieu à une série géniale sur le sujet, quelque chose de différent.

X-Files avait pourtant déblayé le terrain avec la mythologie des Hybrides. Et la saison 9, la plus décriée, en se centrant notamment sur les Supers-Soldats, créaient des enjeux autrement plus intéressants. Bien sûr on me rétorquera qu'il est là question de complot, de manipulations génétiques, de croisements, de regénération d'ADN extraterrestre... Donc rien à voir avec le super-héros. Mais il y un point commun, l'avènement de nouvelles "espèces", et ça donnait à réflechir sur cette question d'un point de vue plus "politique" (préparation d'un pouvoir concertés entre humains et êtres supérieurs, créations d'esclaves, d'armée autoritaire indestructible, etc.).

Guigui a écrit:

Pour finir, ce qui est sympa avec HEROES ce sont les BD qui accompagnent chaque épisode et approfondisse l'histoire. Un récit sur plusieurs médiums en "temps réel", ça c'est plutôt une bonne idée. Pour les lire en français, je vous conseil ce site HEROES-FRANCE.COM. Certaines sont nulles et mal dessinées, mais certaines autres valent franchement le détour !!!


Le medium qui approfondit l'histoire n'est pas une nouveauté: de nombreuses séries à succès ont été transposé en livres (X-Files en tête) ou en BD.
Concernant Heroes, c'est le serpent qui se mord la queue. La série s'inspire des comics, devient un phénomène, et crée donc du comic portant sa franchise. Business.
Que cela ravisse les fans, on ne pas leur en vouloir de faire plaisir, ce serait absurde... Mais vu la pléthore des comics déjà existant, et des adaptations en cours, ça va devenir exponentiel :lol: .
Bientôt des spin-off de la série sur votre petit écran si ça continue.


Guigui a écrit:

Le coup de la fin bâclée je ne suis pas totalement d'accord mais ça j'en recauserait le moment venu. La facilité ça n'est pas de faire une intrigue par saison : Buffy a bien montré qu'on pouvait le faire sans pour autant avoir des arcs qui inter-saisons rendant la série cohérente et lisible sur la durée et de manière ségmentée.


La comparaison est édifiante.
Quand on compare la densité des personnages de Buffy et l'inspidité complète de certains modèles de super-héroes de Heroes, quand on compare les relations entre personnage dans la première, complexes, profondes, cruelles et évolutives, et les relations des personnages dans la seconde, brossées à grands traits, on voit tout de suite la différence.

Buffy s'est affirmée très vite comme une série culte, parce qu'elle en avait déjà tous les éléments potentiels dès sa première saison. Je ne vois aucun de ces éléments dans Heroes. Et ce n'est pas les unités de saison qui les rapprochent dans l'idée qui changera ce fait.

Buffy raconte l'histoire de la longue évolution de personnes passant de l'adolescence à l'âge adulte. La peur du changement intérieure dans la longueur du temps pouvait d'ailleurs accrocher un public beaucoup moins jeune: c'est une série pour adulte. L'héroïne n'est pas une "super-héroïne" dans la logique habituelle, puisque son rôle reste limités à l'univers du vampirisme et de la démonologie. Les personnages principaux "normaux" qui l'entourent, et sans qui elle ne serait rien, sont dans un perpétuel va et vient entre le bien et le mal. Tout est flottant, donc inquiétant.

S'il faut lui trouver une héritière, c'est plus du côté de Veronica Mars (non fantastique pourtant) qu'on la trouvera, que du côté des surhomme de Heroes.

Si les personnages de Heroes entraînent vraiment l'empathie, la sympathie, l'attachement, ils restent tout de même assez superficiels. Leurs relations sont simplement fonctionnelles par rapport aux nécessités du récit (mise à part un début d'histoire intéressant entre la cheerleader et le plus jeune des Petrelli). Et si Nathan, la cheerleader, et le flic Matt Parkman suscitent un intérêt dû au travail plus approfondi sur les personnages, on a du mal parfois à se souvenir des autres.

Sullivan a écrit:

Donc voilà, j'ai regardé toute la saison, souvent en m'ennuyant un peu, quelques rares fois en étant pleinement récompensé. Je suivrai l'année prochaine. Mais enfin c'est de la série pop-corn aussi vite vue aussi vite oubliée qui ne laisse aucune trace ni impact.


Je m'ennuie moins que toi, je crois ;) , car j'accroche quand même bien, mais la métaphore de la série pop corn correspond assez à ce que je pense. Mais tu a suffisamment d'intérêt pour vouloir voir la S2 :) ...

Donc, malgré le catalogue que je viens d'effectuer à propos des choses qui me gênent dans cette série, je rejoins Guigui sur le fait qu'il faut un peu de patience. Dans la foire des adaptations de comics, Heroes n'aura qu'un choix pour tenir longtemps, se démarquer. Je n'ai pas vu toute la saison, mais je la perçois comme une mise en place, un brouillon. Les pistes susceptibles de créer des arcs scénaristiques importants sont rares (pour qui bosse le père de la cheerleader ? Cela cache-t-il derrière des airs de complot une certaine crainte sociale ? Je l'espère.), mais bien approfondis pourraient faire un bond qualitatif.
Tout dépend du créateur.

Et justement, l'épisode 1 X 12, Ententes et mesententes, "Godsend" en V.O., érit par Tim Krim lui-même, est plutôt riche en rebondissements sans que cela ne se fasse au détriment des personnages, qui prennent un peu plus de profondeur. Comme quoi l'action n'est pas l'ennemi du temps de recul, ce qui est plutôt remarquable. Le parcours de chacun commence à prendre un sens et les convergences s'affirment vers l'énigmatique Lindermann.
La réalisation suit au diapason, avec notamment des effets de floutage signifiants véritablement intéressants.

La confrontation entre Matt Parkman et Peter Petrelli est assez significative: Matt le télépathe n'arrive pas à percer l'esprit de Peter qui absorbe son pouvoir et le lui renvoit. Au lieu de jouer sur la profondeur de champs, qu'elle soit nette ou avec un fond flou, celle-ci est contaminée dans des parties de l'images qui sont cependant sur un même plan de distance. Cette distorsion floue qui s'installe géographiquement dans l'image à un point précis, en plein milieu d'une profondeur de champs complète, exprime complètement la confusion qui s'empare des deux hommes, comme désignant la frontière qui les empêche de communiquer, le lieu où leurs pouvoirs buguent...

Autre point bien travaillé: le jeu des couleurs, qui insinuent une ambiance singulière et expressive dans les décors.

Autant de choses qui donnent de l'intérêt à suivre malgré tout.
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Messagepar KNIGHT sur 01 Aou 2007 8:44

Bientôt des spin-off de la série sur votre petit écran si ça continue.

Ben oui, ils annoncent déjà Heroes : Origins. Un truc en 6 épisodes, avec à chaque fois un Heroes différent, diffusé pendant une interruption de Heroes. Si j'ai bien compris le principe, les gens voteront et le petit nouveau le plus populaire rejoindra le cast de la série-mère. :roll:
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Messagepar torrance sur 04 Aou 2007 14:14

KNIGHT a écrit:Ben oui, ils annoncent déjà Heroes : Origins. Un truc en 6 épisodes, avec à chaque fois un Heroes différent, diffusé pendant une interruption de Heroes. Si j'ai bien compris le principe, les gens voteront et le petit nouveau le plus populaire rejoindra le cast de la série-mère. :roll:


La HEROES ACADEMY quoi.
J'ai été un sérieux défenseur d'HEROES pendant toute la saison (jusqu'à l'épisode 17 en gros). Mais la fin de cette saison m'a franchement gonflé. Et plus ça va, et plus je commence à être fondamentalement irrité par la place que prend cette série.
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Ca piétine

Messagepar tonnerre de brest sur 05 Aou 2007 6:46

torrance a écrit:
KNIGHT a écrit:Ben oui, ils annoncent déjà Heroes : Origins. Un truc en 6 épisodes, avec à chaque fois un Heroes différent, diffusé pendant une interruption de Heroes. Si j'ai bien compris le principe, les gens voteront et le petit nouveau le plus populaire rejoindra le cast de la série-mère. :roll:


La HEROES ACADEMY quoi.
J'ai été un sérieux défenseur d'HEROES pendant toute la saison (jusqu'à l'épisode 17 en gros). Mais la fin de cette saison m'a franchement gonflé. Et plus ça va, et plus je commence à être fondamentalement irrité par la place que prend cette série.


Tu me l'enlèves carrément de la bouche !!! J'ai trouvé aussi que le procédé faisait star'ac. :roll:

Je ne sais pas ce qui se passe à l'épisode 17 pour susciter ton ire, j'en suis aux 13 et 14, "Le Remède" et "La fille d'Eux".
J'ai trouvé que ces épisodes piétinaient particulièrement. L'histoire n'avance pas, et le cas par cas prend trop de place sur la globalité du sujet. Alors que le 1X12 boostait le récit, ici on s'enlise.

Il y a aussi un exercice amusant: compter le nombre de fois où le mot "héros" est prononcé, des fois qu'on aurait pas compris...

Si l'écriture n'est pas terrible, en revanche les choix visuels continuent à réjouir les yeux. L'esthétique de la série est très particulière, et réussie. Je ne reviendrai pas sur les floutages et le travail sur la profondeur de champ, mais je rajouterai le travail sur l'éclairage extrèmement minutieux. Les lumières tranchantes délimitant une partie du décor et leur donnant une atmosphère très énigmatique (la cellule de Nikkie) servent avec efficacité l'ambiance. De même, la dominante bleue de la série, servant à désigner l'univers individuel de certains personnages relève d'un remarquable travail sur les couleurs. Ce n'est pas pour faire beau, mais pour servir le récit, et il faut souligner cette intelligente cohérence.

Si le tout reste distrayant, provoquant de l'empathie envers les personnages, un minimum de recul permet, comme le dit torrance, d'être un petit peu agacé par l'engouement que suscite une série si peu novatrice.

D'ailleurs, Guigui, j'attends toujous ta réponse ;) .

Le final de l'épisode 1 X14 relance toutefois la machine après deux épisodes longuets.

Spoiler:

La révélation que le père de la cheerleader n'est autre que Nathan Petrelli, joué par l'excellent Adrian Pasdar, dont le rôle est trop minoré à mon goût, permet de comprendre comment la cheerleader va retrouver ses compagnons d'espèce. Bon coup de théâtre qui fait jouer l'interrelationnel à fond, et qui promet un peu plus de rebondissements, pour une série qui est censée fonctionner là dessus, ainsi qu'un meilleur travail sur les deux personnages concernés.

Wait and see.
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Messagepar KNIGHT sur 05 Aou 2007 7:57

Moi, c'est l' environnement musical de la série que je n'aime pas. Oui, j'ai trouvé aussi que ça piétinait. Combien de scènes sont inutiles ici ! On essaye de pimenter la sauce en faisant pénétrer Sylar dans l' intimité de Claire (d'ailleurs, j'ai peut-être la berlue, mais je suis persuadée que son "père" l' appelait la semaine dernière Hayden), mais rien à faire. On est à peine étonné que le père arrive à temps pour sauver sa femme. Jack (Bauer ou Bristow)-style.

Et les péripéties de Claire m'ont fait penser à du Roswell.
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Re: Ca piétine

Messagepar Guigui sur 05 Aou 2007 10:16

tonnerre de brest a écrit:D'ailleurs, Guigui, j'attends toujous ta réponse ;)...

Oui je sais : je me suis souvenu hier de ton long post. Je compte répondre t'inquiète pas... Mais moi j'attend toujours tes reviews sur les fins de certaines saisons de Nip/Tuck ou je ne sais plus quelle autres séries aussi ;)
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Messagepar Angous sur 05 Aou 2007 12:17

heroes fait un gros bide sur tf1 :idee: !!!

3,8 millions en audiences (a titre de comparaison avec la 7eme compagnie on arrive a 8 millions :lol: )

n'empeche la série baisse chaque semaine. Je crois que c'est clair, pas de heroes a 20h50 l'été prochain.
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Messagepar Sullivan sur 05 Aou 2007 13:25

Angous a écrit:heroes fait un gros bide sur tf1 :idee: !!!


Il faut relativiser : l'audience n'est certes pas fameuse, mais avec ses 3.8 millions, ça reste le programme le plus regardé : en fait il y a surtout personne devant la télé.
La pdm (c'est ce qu'il faut surtout regarder) est à 25%, ce qui est 5 points en dessous de ce que veut TF1 aujourd'hui. Mais sur les cibles prioritaires, elle monte jusque 40%. Donc une déprogrammation sauvage ça m'étonnerait. Pour la diff' en prime de la saison 2, c'est vrai que cela ne se fera surement pas.
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Messagepar Angous sur 05 Aou 2007 14:28

n'empeche passer de 5 millions a 3,8M en 2 semaines ça l'a fout mal comparé aux étés précédents. En plus c'est une excellente série.
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Messagepar Amrith Zêta sur 05 Aou 2007 14:49

Angous a écrit:En plus c'est une excellente série.


En admettant que ce soit le cas ça n'est pas vraiment le sujet.
Le public français, et peut-être davantage encore le public de TF1, n'est pas le plus ciblé culturellement parlant par Heroes, c'est tout. TF1 a essuyé le même problème avec sa propre saga de l'été "Mystères", qui bien qu'elle soit l'une des moins mauvaises jamais produites dans l'hexagone fut un échec d'audimat. Pas cinglant mais suffisamment notable pour que l'expérience ne soit pas réitérée de sitôt. La France s'est drapée si longtemps dans la comédie et la fiction "sociale" que le grand-public en est devenu, pas hermétique, mais réticent, à tout ce qui touche de près ou de loin à la science-fiction ou à la sous-culture en général. Ce qui est prodigieusement décevant quand on voit la créativité TV de nos voisins anglais.

Ca plus le public moindre devant la télévision en Août, ça creuse les chiffres. Et si j'étais méchant, mais un peu lucide, j'ajouterais que le rythme quasiment narcoleptique de Heroes n'aide pas à la fidélité des téléspectateurs. A titre de comparaison les premières saisons de LOST et 24 étaient autrement plus "prenantes" que l'introduction longuette qu'est malgré tout la première année de Heroes.
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Guêpier et gachis

Messagepar tonnerre de brest sur 08 Aou 2007 7:12

Amrith Zêta a écrit:
Angous a écrit:En plus c'est une excellente série.


En admettant que ce soit le cas ça n'est pas vraiment le sujet.
Le public français, et peut-être davantage encore le public de TF1, n'est pas le plus ciblé culturellement parlant par Heroes, c'est tout. TF1 a essuyé le même problème avec sa propre saga de l'été "Mystères", qui bien qu'elle soit l'une des moins mauvaises jamais produites dans l'hexagone fut un échec d'audimat. Pas cinglant mais suffisamment notable pour que l'expérience ne soit pas réitérée de sitôt. La France s'est drapée si longtemps dans la comédie et la fiction "sociale" que le grand-public en est devenu, pas hermétique, mais réticent, à tout ce qui touche de près ou de loin à la science-fiction ou à la sous-culture en général. Ce qui est prodigieusement décevant quand on voit la créativité TV de nos voisins anglais.

Ca plus le public moindre devant la télévision en Août, ça creuse les chiffres. Et si j'étais méchant, mais un peu lucide, j'ajouterais que le rythme quasiment narcoleptique de Heroes n'aide pas à la fidélité des téléspectateurs. A titre de comparaison les premières saisons de LOST et 24 étaient autrement plus "prenantes" que l'introduction longuette qu'est malgré tout la première année de Heroes.


Avis que je partage.
De plus, TF1 doit se fouetter avec des orties car la série phénomène Heroes, dont la chaîne attendait une telle attractivité, un tel audimat, se retrouve aux alentours de 3,8 millions de télespectateurs. Or, Lost a été viré de la case du samdi soir parce qu'elle était passée de 6 millions à 5 millions de télespectateurs... Et Lost, passée en seconde partie de soirée en semaine, totalise régulièrement 3, 5 millions de gens devant leur poste... Grosse boulette.
En lisant Sullivan, je me demande comment ils vont se sortir de ce guêpier.

Concernant la S.F., tu peux étendre ta remarque au cinéma. La France rejette la S.F. avec une bêtise stupéfiante, quand on voit ce que font les anglais qui n'ont pas plus de moyens pourtant, et qui ne s'exilent pas tous à hollywood pour faire leurs trucs. Quant à la moyenne des films fantastiques, elle plus élevée en Espagne, en Belgique, en Angleterre... C'est quoi le problème, merde ?
Les anglais sont aussi les champions du film social: ils nous démontrent que tous les genres ont droit de cité dans une économie de cinéma, ou de série !

En revanche, la S.F. américaine a fait le bonheur de M6... X-Files, la grande époque. Peut-on tout mettre sur le dos sur la différence des publics de chaînes, quand on sait que les télespectateurs font de plus en plus leur marché ?

A noter aussi le rythme effréné des séries pendant l'été: quel gachis.
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Messagepar KNIGHT sur 08 Aou 2007 8:28

Ben je sais pas, mais rien que ma mère, "ménagère de 50 ans" (représentative ou pas, je sais pas), les Séries TV, tous les soirs pratiquement, elle commence à en avoir grave marre. Surtout quand c'est toujours le même. Heroes, elle suit plus trop, elle préfère tout de même Lost qui devient un peu plus intéressant.

Le fantastique (ou le genre super-héros) la rebute pas plus que ça, elle aime bien. Elle a tendance à regarder tout de même. Mais ce n'est pas de la S-F pure et dure non plus, Heroes.

C'est peut-être aussi que c'est tout simplement mauvais, ça use de grosses ficelles, et ça a commencé trop mollement. Du coup, les gens arrêtent. En plus, on loupe un soir, on est pas trop perdu le suivant...
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Re: FLoutage de gueule: le bon point ;-)

Messagepar Jean miX.L. sur 14 Aou 2007 8:54

tonnerre de brest a écrit:X-Files avait pourtant déblayé le terrain avec la mythologie des Hybrides. Et la saison 9, la plus décriée, en se centrant notamment sur les Supers-Soldats, créaient des enjeux autrement plus intéressants. Bien sûr on me rétorquera qu'il est là question de complot, de manipulations génétiques, de croisements, de regénération d'ADN extraterrestre... Donc rien à voir avec le super-héros. Mais il y un point commun, l'avènement de nouvelles "espèces", et ça donnait à réflechir sur cette question d'un point de vue plus "politique" (préparation d'un pouvoir concertés entre humains et êtres supérieurs, créations d'esclaves, d'armée autoritaire indestructible, etc.).


Ca tombe bien que tu parles de X-Files car, au tout début où je découvrais la série, l'une des choses qui m'a fait l'aimer est que c'est la première série qui mettait en scène des mutants type X-Men de manière sérieuse et intelligente à mille lieux des adaptations télé cheap et grand-guignolesques de super-héros comme Flash ou Wonder Woman.

Un type qui contrôle l'électricité ou un autre qui peut manipuler les gens par la pensée, le lien avec les mutants de Marvel était pour moi évident et je pense que, de ce côté là, X-Files a bien défriché le terrain pour Heroes.
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Messagepar KNIGHT sur 25 Aou 2007 20:26

Ca y est, on a pas mal introduit la n notion de Generation précédente de Heroes lors de la saison 2.

Sinon, l' intrigue finale avecle "plan" de Linderman est du pompage de [color="#FF0000"]Watchmen[/color] à fond la caisse ! Bien dégoûté pour le coup, même sur ce point, pas une once d' originalité ! <_<
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Messagepar Mad_Dog sur 01 Sep 2007 13:04

Lorsqu'on interroge Adrian Pasdar sur Heroes, il est très drole (et c'est totalement sans aucun spoiler) :

http://tele.fluctuat.net/blog/19375-adr ... -pain.html
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Messagepar KNIGHT sur 02 Sep 2007 8:37

Une très belle fin. Magnifique, même. J'ai beaucoup aimé. Et le terme "heroes" prend toute sa signification ! Enfin !! :thumbsup_still:

Et le parcours de Hiro, entraîné par son père... :rolleyes:

Par contre, j'en ai presque regretté que l' on soit dans une série : la réunion finale des Heroes empêchant la catastrophe se fait de façon anonyme, sans foule (le monde serait-il soudain devenu désert ? :blink: ), et le combat Sylar / Peter se résume à un simple coup de poing ?!! :unsure:
On est loin de Matrix, là !
Et ce que j'ai beaucoup aimé aussi, c'est que les réponses aux questions arrivent finalement, et que les enjeux apparaissent, tout en posant les jalons du Second Chapitre. Les Heroes n'étaient que des pions...

Du coup, je me mets à rêver à une saison 2 diablement plus passionnante, et me dit que cette saison 1 était ma foi de la même nature que bien des saisons 1 (celles de Farscape, Babylon 5, Angel... ) : ne décollant que rarement, pour enfin intéresser vers la fin. Alors que la semaine dernière, j'étais prêt à ne pas suivre la saison 2.

Mais je regrette vraiment que ce genre de projet ne soit pas réalisé en série plus courte : qu'es-ce qu' on a comme digressions, ou intrigues secondaires diluant l' intrigue principale (Claire et ses histoires de lycée, Hiro et ses péripéties... Combien de fois aura-t-il abandonné son ami, pour épargner sa vie, alors qu' il a besoin de lui... Ne sait-il pas qu' il vaut mieux avoir un sidekick ?) !!
" Venu de la Lumière et des Cieux, me voici en exil, séparé d' eux. "
(Le Pendule de Foucault, Chap. VIII)
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Messagepar Mad_Dog sur 02 Sep 2007 16:04

KNIGHT a écrit:Une très belle fin. Magnifique, même. J'ai beaucoup aimé. Et le terme "heroes" prend toute sa signification ! Enfin !! :thumbsup_still:


Bah, c'est quand même super raté :
- Le combat final que tout le monde attendait, se résume à une espèce d'escarmouche nulle.
- Personne ne fait rien pendant ce combat, mis à part la blonde qui aide Peter à UN moment, ils se planquent tous (face à quoi, si une bombe nucléaire explose ils mourront quand même)
- Beaucoup de passages assez inutiles, de blabla relativement inutile
- Le sacrifice de Nathan? Sans blague, vous y croyez vraiment?
- Le cliffhanger, qui ressemble un peu à la fin des visiteurs. (C'est pas une bonne comparaison.) Et qui arrive comme un cheveux dans la soupe.

Sinon, content que ça t'ai plus.

Moi, je serais là en saison 2!

KNIGHT a écrit:Mais je regrette vraiment que ce genre de projet ne soit pas réalisé en série plus courte : qu'es-ce qu' on a comme digressions, ou intrigues secondaires diluant l' intrigue principale (Claire et ses histoires de lycée, Hiro et ses péripéties... Combien de fois aura-t-il abandonné son ami, pour épargner sa vie, alors qu' il a besoin de lui... Ne sait-il pas qu' il vaut mieux avoir un sidekick ?) !!


Toutafé!!
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Messagepar Jean miX.L. sur 03 Sep 2007 13:29

Pour Peter et Nathan, je vois déjà l'explication qu'ils vont nous sortir d'ici.

Dans les X-Men, Cyclope est invulnérable au pouvoir de son frère Havok (idem pour Havok invulnérable au pouvoir de Cyclope). Je suis sûr qu'il en sera de même dans le cas d'Heroes.

Tout comme je sentais venir que Peter allait exploser dans le ciel (Superman balance toujours les bombes dans le ciel) surtout quand on sait que, si ce n'était pas son frère qui l'avait emmené, Peter aurait très bien pu y aller lui même puisqu'il avait absorbé les pouvoirs de Nathan.

Sinon, le manque de combat titanesque de ce dernier épisode est bien résumé dans le hors-série d'Episodik où l'on nous dit que c'est un parti-pris de la série de s'attarder sur les relations des personnages mais pas sur les combats, ce qui crée une frustration indéniable.
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Volume 1 - Structure et mythologie

Messagepar zerosum sur 03 Sep 2007 16:43

Hello! Cela faisait bien longtemps… ;)

3 posts à suivre (toujours très courts, vous connaissez la chanson - j'ai pas profité des vacances pour changer, désolé :p ) :
1/ Courte réponse à Sullivan sur la structure de la série.
2/ Très très longue réponse à Tonnerre sur l'originalité de la série et ses thématiques.
3/ Bref retour sur l'intérêt des "produits dérivés" (les mini-comics et le spin-off).


Voilà, c'est tout, et ça ne prendra que 10km ! Pour rappel, la barre de défilement rapide se trouve toujours sur votre droite (ce qui permet de passer directement aux posts suivants sans avoir à vous farcir mes romans :mrgreen: ).
Pour descendre donc, c'est ICI ====================================>


Sur le combat final
Jean miX.L. a écrit:Dans les X-Men, Cyclope est invulnérable au pouvoir de son frère Havok (idem pour Havok invulnérable au pouvoir de Cyclope). Je suis sûr qu'il en sera de même dans le cas d'Heroes.
Ou plus simplement encore : Nathan qui lache Peter en haute altitude… Nathan s'éloigne en étant hors de danger, et Peter, indestructible, survit lui aussi… Dans son échange avec Claire, Nathan avait l'air de dire que Peter ne risquait pas de mourir, même s'il explosait…

Jean miX.L. a écrit:Tout comme je sentais venir que Peter allait exploser dans le ciel (Superman balance toujours les bombes dans le ciel) surtout quand on sait que, si ce n'était pas son frère qui l'avait emmené, Peter aurait très bien pu y aller lui même puisqu'il avait absorbé les pouvoirs de Nathan.
Oui mais non… Je ne sais pas comment ça a été traduit en VF, mais dans la VO Peter précise bien qu'il a absorbé le pouvoir de Sprague, qu'il ne le contrôle pas, et qu'il ne peut rien faire. Ce qui est assez logique : s'il est submergé par le pouvoir radioactif, il n'est peut-être pas en mesure de recourir à ses autres pouvoirs ! A ce que je sache, on ne l'a jamais vu utiliser deux pouvoirs en même temps…
"I can't do anything"

Jean miX.L. a écrit:Sinon, le manque de combat titanesque de ce dernier épisode est bien résumé dans le hors-série d'Episodik où l'on nous dit que c'est un parti-pris de la série de s'attarder sur les relations des personnages mais pas sur les combats
Dieu merci !!! :maitr:


Sullivan :
Sullivan a écrit:en prenant le parti de une saison = une histoire à la 24, ils se sont clairement raliés à la facilité. Reste que c'est plein de procédés scénaristiques sommaires, voire horripilants. Et qu'une série qui foire ses fins alors qu'elle veut finir une histoire tous les ans est mal barrée.
Donc ? Facilité ou pas facilité, faudrait savoir…
Faire croire qu'on va réussir son final dans x années est sans doute plus simple, je me dis, que de vraiment réussir, tout court, son final : plus facile de miser sur la crédulité du public et ses fantasmes les plus fous (à la manière de "Lost") que de miser sur sa propre capacité, en tant que scénariste, à exécuter ses plans dans les faits, en étant en plus jugé là-dessus régulièrement (et non plus seulement à la toute fin de la série, à l'heure où les producteurs n'ont de toute façon plus aucun souci à se faire quant aux audiences des épisodes à suivre).

Le choix d'un tel schéma ("une saison = une histoire"), comme tu le réalises toi-même Sullivan, présente en effet de très grosses difficultés :

- Les scénaristes sont contraints de ne pas décevoir, et ne peuvent pas s'en remettre à un "plus tard, vous verrez...". Soit ils sont bons et satisfont tout de suite, soit ils dégagent. Pas de bénéfice du doute possible pour eux. A côté de ça, les scénaristes de "Lost" sont bien au chaud, eux, toujours sauvés par leurs fréquentes conférences de presse et autres podcasts au cours desquels ils peuvent à loisir promettre monts et merveilles pour la saison 47 ou la saison 62, sans jamais être inquiété par qui que ce soit…
- Les scénaristes vont être jugés sur pièce REGULIEREMENT. Plusieurs conclusions à réussir = d'autant plus de risques d'en rater quelques unes au passage. Or chaque faux pas pourrait possiblement coûter très très cher aux scénaristes et à la série. C'est un risque ENORME que Tim Kring a choisi de prendre ici en fait. Tu en fais toi-même le constat indirectement…
- La question de la conclusion en est une. Celle du "reboot" post-conclusion en est une autre, peut-être encore plus périlleuse à gérer. En effet : comment rebondir et relancer l'intrigue relativement rapidement par derrière sans que cela ne soit trop artificiel ? De préférence sur quelque chose de différent, pour éviter la redite, mais pas trop différent non plus, pour éviter de s'éloigner de l'esprit originel de la série, et de tout ce qui en a fait le succès de prime abord...
{Pour mémoire, le plus dur pour Carter n'a pas nécessairement été de conclure sa première mythologie [avec "Two Fathers/One Son"], mais plutôt de rebondir adroitement après ça, pour réinvestir l'intérêt du public sur le long terme... Les nouvelles orientations de "Biogenesis" en ont déconcerté, inquiété ou chiffonné plus d'un, il me semble. C'était l'option "déconcertante". Quant à la mythologie des supersoldats, elle est le parfait exemple de l'option "redite" (en forcément moins bien) de ce qui avait fait ses preuves jusque-là…}

Un jeu d'équilibriste pas forcément aisé donc, loin de là. D'ailleurs Tim Kring annonce une seconde saison TRES TRES différente de la première, et qui n'aura vraisemblablement pas du tout la même saveur ! On verra bien si ce parti pris risqué se révèlera judicieux ou bien complètement suicidaire...

=> Chaque configuration présente ses avantages, ses inconvénients, et engendre ses propres complications inhérentes. Les scénaristes seront peut-être moins menacés par la lassitude potentielle et surtout la frustration du public, mais ils auront d'autres menaces non négligeables qui planeront au-dessus de leurs têtes…
Autant dire que je doute sincèrement que ce soit par "facilité" qu'ils aient opté pour cette configuration "résolution des intrigues au fur et à mesure". Je crois plutôt, tout simplement, que c'est le genre "super-héros" qui appelle naturellement une configuration de ce type : à chaque nouveau "volume", on change de méchant, on change d'enjeu, bref on change de mission. Parce que ce qui va généralement de paire avec un super-héros (et surtout arrêtez-moi si je me trompe ! ;) ), c'est bel et bien UNE MISSION, une succession de missions bien distinctes, et non la résolution d'un mystère crypté aussi épais que gigantesque, étalé sur moult volumes. Je fais partie de ces néophytes qui ne connaissent l'univers du comics quasiment que par l'intermédiaire des adaptations ciné (un peu comme Tim Kring d’ailleurs :p ). Et au ciné, comme à la télé, je n'ai jamais vu les X-Men, Spiderman, Batman, ou n'importe quel autre super-héros, chercher à résoudre un "mystère" à la XF-Lost d'un opus sur l'autre : il a toujours été question de mener à bien une mission bien spécifique (toujours dans la durée impartie du métrage), avant d’enchaîner sur la suivante. Une mission qui consistait généralement à empêcher un désastre imminent, le plus souvent en arrêtant le grand méchant "de l'épisode" et contrecarrant ainsi ses plans diaboliques. A la fin de la mission, le méchant est supprimé, et c’est un nouveau méchant qui prend le relais pour la menace/mission suivante…
L'équipe de Tim Kring a choisi d'emprunter la voie de la mission et c'est un choix qui me paraît on ne peut plus logique et cohérent. Un choix indiscutablement justifié, étant données les influences comics voulues et affichées par la série !
Ainsi, Sylar est stoppé (au moins jusqu'à nouvel ordre ;) ), et Linderman tué, tandis que son plan diabolique est empêché à temps. L’heure de passer tout naturellement au volume suivant, qui aura, on s’en doute, ses propres méchants, ses propres menaces, et ses propres missions.


Mais que reproches-tu au fond à la construction de "Heroes" ? De ne pas faire tenir tout l'intérêt de la série sur le seul postulat de la résolution d'un grand mystère ? Impossible en effet d'envisager cela après "Lost", qui a littéralement tué, de ce côté-là, l'héritage d'X-Files (en entourant le genre d'un épais voile de suspicion). Mais qu'importe, puisqu'une telle orientation est de toute façon en sérieuse inadéquation avec le principe même de la série : celui du super-héros.
Donc, non, ça n'aurait eu aucun sens de faire d' "Heroes" une série-mythologie ! En revanche, ça ne l'empêche aucunement de posséder et développer sa propre mythologie, au détour des diverses missions.
Car malgré ce que tu sembles laisser entendre, "Heroes" a déjà posé les bases d'une véritable mythologie qu'on peut déjà imaginer relativement vaste et fouillée (au moins autant que la mythologie x-filienne). Sans pour autant avoir fait de cette mythologie un élément de premier pour l'instant. Mais tout de même :
- La chose qui apparaît derrière le titre de la série au générique (l'éclipse pour ne pas la nommer) reste encore à ce jour un gros point d'interrogation.
- Idem pour le symbole récurrent (qu'on appelle généralement l' "hélice" ). Quelles en sont les origines ? Mystères irrésolu à ce stade.
- Linderman a beau être mort (définitivement ?), ça n'empêche pas Angela Petrelli d'être encore vivante. Et on imagine qu'il y a encore bien des choses que nous ignorons et qu'elle tient à garder secret. Ensemble (avec Linderman), ils avaient un plan bien particulier. Et l'explosion sur New-York n'en constituait que le commencement : s'assurer d'obtenir le pouvoir sur New-York et possiblement accéder plus tard à la Présidence du pays… Oui d'accord, ça on le sait, mais pour en faire quoi de cette Présidence ? Ça, Linderman ne l'a pas vraiment expliqué (sa vague explication idéologique est uniquement adressée à Nathan pour le convaincre, rien ne l'empêche de cacher un "plan secret" bien plus précis…). Un échec (semi-échec, puisque Nathan a quand même été élu…) ne signifie pas pour autant que le plan final de Linderman/Angela a été définitivement abandonné par celle-ci. Angela Petrelli (et compagnie) trouvera bien un autre moyen pour arriver à ses fins, ça tombe quasiment sous le sens…
- De la même façon, on n'a pas fini d'en découvrir sur un autre grand personnage énigmatique, susceptible de nous emmener très loin : Kaito Nakamura, le père de Hiro.
- N'oublions pas non plus un autre grand personnage énigmatique, qui a pris toute son importance à l'occasion du season finale : Charles Devaux, complice contestataire de Linderman et Angela Petrelli. Sorte de Bill Mulder à l'intérieur du Syndicat, Devaux constitue une figure au potentiel certain… Je suis persuadé qu'on n'a pas fini d'en entendre parler…
- Autre mystère resté en suspens, pas encore présenté comme un mystère mais entouré d'un gros voile de suspicion depuis le tout début de la série (depuis le Pilot) : la mort du père des Petrelli ! Est-il vraiment mort ? Et si oui, est-ce vraiment un suicide ? Ou bien un assassinat ? Et dans le cas d'un assassinat, qui en est l'auteur ? Le tableau des suspects potentiels est déjà assez fourni. A ce sujet, les lecteurs des mini-comics qui complètent la série, le savent : Mr. Petrelli n'avait aucun pouvoir (du moins pas à l'époque où Linderman en avait…). Or, quand je vois Micah (fils des "doués" Nikki et de D.L.) ou encore Claire (fille des "doués" Meredith et Nathan), je me dis qu'il est peut-être nécessaire que LES DEUX parents soient doués pour que la progéniture le soit à son tour. Dans ce cas-là, ce serait l'indice que Mr. Petrelli n'est pas le père biologique de ses enfants… On flairerait en effet sans problème un gros "Mme Mulder" chez Angela Petrelli, engagée dans une aventure extraconjugale avec Linderman, le Cigarette Smoking Man de "Heroes"… Ce qui serait tellement adapté, tant cette configuration est devenue une figure archétypale de nombres de "mythologies modernes".

Toujours est-il que ça laisse ouvertes de nombreuses perspectives de développement d'une mythologie dont on n'a vraisemblablement vu qu'une infime partie…
Je ne vois pas, à partir de là, où on peut accuser les scénaristes d'aller chercher la facilité ! Leur mythologie ne sera pas moins compliquée à développer que celle d'X-Files. Qui sait donc ? L'héritage d'X-Files n'est peut-être pas encore tout à fait condamné après tout… ;)


Sullivan a écrit:une série qui foire ses fins
SES finS ? Evitons de généraliser à partir d’UN SEUL exemple (puisque "Heroes" n'a eu à ce jour qu'UNE SEULE "fin" à orchestrer).
D'autant qu'on en est qu'à la première saison. Ce final est donc, aussi, un gros coup d'essais, pour des scénaristes qui en sont encore au stade où ils découvrent leur série et ses difficultés d'écriture spécifiques (ce qui est, somme toute, tout à fait normal – XF ne s'était vraiment "trouvée" qu'au cours de sa seconde saison…). Nul doute que ces scénaristes sont en train d'apprendre à tirer des conclusions de leurs erreurs s'ils estiment en avoir fait.
En l'occurrence, ils ont très bien vu certaines des limites du postulat de leur saison 1 (le postulat "une saison = une grande intrigue"). Ces limites, ils ont décidé d'essayer de contourner en revoyant l'agencement de la saison pour l'année prochaine… Pas sûr que la saison 3 corresponde au volume 3. D'après ce que j'ai compris, la saison 2 sera composée de plusieurs volumes…
Encore une fois, on verra si ce choix en est un judicieux, ou complètement suicidaire…

En attendant, je ne suis pas du tout d'accord avec le terme "foirer". Le combat homérique n'est pas au rendez-vous certes. Il paraît même relativement fauché, oui (mais n'oublions pas que nous sommes à la télé, avec des budgets qui n'ont rien de comparable avec ceux du cinéma). Je me rappelle que le final de "Carnivàle", que j'avais pourtant trouvé excellentissime, avait reçu EXACTEMENT (et tout aussi massivement), le même genre de critiques : "tout ça pour ça", "une confrontation finale pas à la hauteur des attentes", "Ils ont des pouvoirs et au final ils ne combattent qu'avec leurs poings comme n'importe quel humain ordinaire", etc.
[Au passage, "Carnivàle" avait aussi opté pour un découpage en "volumes" très distincts, avec un "reset" à la fin de chaque volume, chacun étant composé de 2 saisons (soit 24 épisodes au total, l'équivalent d'une saison de "Heroes" donc) - et personne n'a jamais crié à la facilité scénaristique ! Ça n'a pas empêché non plus la série de laisser entrevoir l'existence d'une TRES VASTE mythologie dont il nous restait encore de très nombreux éléments à découvrir… Comme quoi ce choix de construction n'est absolument pas incompatible avec la construction d'une vraie et grande mythologie]

Pour en revenir au final de "Heroes", je l'ai trouvé personnellement très bon (en dehors de la pauvreté de l'action lors du combat final, l'absence de figurants, et la présence d'effets spéciaux relativement moches). Techniquement, le scénario boucle toutes les boucles de la saison et en fait un ensemble cohérent où chaque élément a eu sa place, son utilité et son rôle à jouer. Je n'en attendais pas plus, et c'est ce qui me fait dire que les scénaristes sont tout à fait capables de clore leurs "volumes". C'est le seul aspect climax qui est quelque peu défaillant ici, pas les capacités des scénaristes à apporter une conclusion à leurs intrigues et nouer tout ensemble sans rien oublier.
La principale question posée tout au long de la saison (le rapport "entre sauver la cheerleader" et "sauver le monde") obtient ici son ultime réponse de manière tout à fait judicieuse et pertinente (puisque c'est Claire qui est directement à l'origine du revirement in extremis de son papa Nathan). Les thématiques de la saison atteignent, elles aussi, leur conclusion de manière tout à fait satisfaisante. Et, cerise sur le gâteau, ce season finale a définitivement la saveur d'un season finale (avec ses retours en arrières et ses réminiscences du "Pilot"), ce qui laisse vraiment l'impression d'avoir assister à un vrai "tout" à la cohésion parfaite.
Après, on pourra aller pinailler sur les détails, sur les "séquences d'action" ratées, mais les détails ne feront jamais l'essentiel…
Ce season finale a déçu certes, du fait d'une trop grande attente vraisemblablement (comme pour "Carnivàle" – effet incontournable d'une anticipation trop forte). Mais n'exagérons rien : "moins bon que les précédents" n'est pas synonyme de "mauvais" ou "foiré", loin de là.


Et puis, très adroitement, ce season finale nous pousse à nous poser des questions passionnantes sur le développement futur de la série… Je retiendrai notamment une séquence totalement inattendue et savoureuse : Peter retournant à ce qu'il était lors du "Pilot". On y découvre un Charles Devaux dont on était à milles lieux d'imaginer qu'il pourrait revenir. Rebondissement passionnant s'il en est ! Et nul doute que Devaux est sur le point de devenir une des figures MAJEURES de la mythologie "Heroes". Cette séquence est-elle un rêve ? Une hallucination parachutée de nulle part, dont Peter est le seul "auteur" ? Ou bien Devaux est-il encore "vivant", observant depuis l'au-delà, et… tirant les ficelles, pour arriver à ses fins (il était contre l'explosion apparemment, et semble bien enclin à "former" Peter et lui "montrer la voie à suivre"). Devaux se serait-il, donc, immiscé dans l'esprit de Peter (après avoir provoqué à distance son évanouissement) pour lui délivrer son message ?
Un message qu'il semble très insistant à lui communiquer puis c'était déjà, mot pour mot, le discours qu'il lui avait tenu dans le Chapitre 7 ("Nothing to Hide"), au moment de mourir (juste avant, pendant, ou après, on sait pas exactement). C'était, déjà, au cours d'un rêve… Si, comme je le pense, Devaux "tire les ficelles" en pénétrant les rêves, ne pourrait-on pas s'interroger sur la provenance des rêves prémonitoires de Peter au sujet de la bombe ? Sont-ils une autre composante du pouvoir de Peter, ou bien sont-ils uniquement dus à Charles Devaux !
Et puisque je parle de "rêves", j'insiste tout de même pour rappeler que le discours de Mohinder qui ouvre la série (Pilot) et conclue la saison (Season finale) s'attache en premier lieu à nous interroger sur la nature de nos rêves : "Why do we dream ?". Possiblement une des thématiques centrales de la série sur le long terme donc, dont ce season finale, pourtant décrié, viendrait de nous présenter la principale figure, en plus de nous révéler un des grands maîtres d'œuvre incontournables de la mythologie à suivre…
Je ne peux m'empêcher aussi de penser qu'il y a un lien entre Charles Devaux et le mystérieux homme évoqué par Molly Walker (celui qui n'est pas localisable [comment être localisable en effet lorsque l'on est "mort" – et donc purement immatériel ?] et qui parvient à la voir [très étonnamment Devaux me paraît être une figure omnisciente de ce type, qui dit d'ailleurs à Peter qu'il sait qu'il est là, malgré son don d'invisibilité !!!]). La carrure, la voix, et le charisme d'un homme tel que Charles Devaux pourraient par ailleurs très aisément suffire à impressionner une petite fille comme Molly (sans compter le fait qu'il est le seul à pouvoir la voir, ce qui doit forcément la décontenancer). A suivre…

Ça laisse en outre songeur quant à l'avenir dans la série du personnage de Simone Devaux (qui, j'en suis sûr, a été tuée dans un but scénaristique bien précis, et a donc un avenir et un rôle majeur à jouer dans la série…). On n'élimine pas comme ça LA love-interest DU héros (du moins LE héros "officiel", tout désigné, Peter – le vrai héros officieux, le héros "de l'ombre", étant bien entendu Hiro ;) ) juste comme ça au hasard, alors que ces personnages de love-interest dans la plupart des histoires de super-héros sont des clés centrales, et constituent presque, à ce titre, des archétypes incontournables. Comment une série comme "Heroes" pourrait-elle se passer d'une telle figure ??? La mort de Simone n'a même pas été utile à la création d'un antagonisme vengeur entre le héros et le grand méchant inexistant qui aurait été à l'origine de sa mort. Une mort complètement inutile donc, et une figure cruciale bêtement gâchée. A ce stade en tout cas… ;)
Parce que le petit nœud relationnel constitué du trio Peter-Charles-Simone, possède un sacré potentiel à mon avis… La mort de Simone reste suivie d'un très gros point d'interrogation lorsque l'on voit à quel point son père – lui aussi "mort" ;) – semble être un personnage puissant (dans tous les sens du terme)…
Qui est donc ce Charles Devaux ? Une métaphore de Dieu ? Une métaphore des "morts qui nous parlent" ? Une métaphore de notre conscience ? De notre inconscient, et de nos rêves ? Thématiquement aussi donc le personnage présente potentiel fou ! A suivre…

Quoi qu'il en soit, un season finale qui me fait poser toutes ces questions sur le futur de la série et m'entraîne à remettre en perspective certains éléments de la saison écoulée, je me dis que ça ne peut pas être un mauvais season finale ! J'irai pas jusqu'à dire que mon intérêt pour la série a doublé avec cet épisode (parce qu'il était déjà très haut), mais c'est pas loin.
Quant au fait de retrouver Hiro à l'époque de son grand héros Kensei, justement, c'est tout simplement une idée jouissive qui ouvre des perspectives de développement définitivement passionnantes ! Sans compter que la présence de l' "hélice" (ainsi que de l'éclipse) est bien là pour nous rappeler que l'exploration de la mythologie de "Heroes" ne fait que commencer ! 8-)

Sullivan a écrit:la série est bardé de persos gagne-minute qu'on peut tuer à sa guise...
Qui ça au juste ? A la seule exception d'Eden, personnage tertiaire, je ne vois pas trop. La mort d'Isaac était tout à fait justifiée, utile et incontournable. Quant à celle de Simone, cf. mes spéculations ci-dessus.
Si on commence à considérer Isaac et Simone comme des personnages gagne-minute, je sais plus où je me trouve ! Les peintures d'Isaac ont quand même été un peu primordiales tout au long de la saison ! Quant à Simone, en dehors de son statut de love-interest, c'est quand même elle qui a permis de relier Peter à Isaac en premier lieu… (Sans oublier qu'elle est la fille de Charles Devaux, et que ce lien de parenté ne saurait être sans conséquences pour la suite – d'autant que, en toute logique, Simone a de grandes chances d'avoir eu elle aussi un "pouvoir", dont on ignore tout et d'où peuvent découler bien des surprises ! ;) )

Alors oui, personnellement je vois un héros un peu dispensable dans le tas (D.L., relativement transparent dans l'ensemble, et devenu plutôt inutile à ce stade). Les autres ont encore tous leur place, leur fonctionnalité, et ont tous eu leur importance dans le cours des choses. Il en va de même des "one shot" comme Charlie (la serveuse avec qui Hiro avait commencé à tisser des liens amoureux). Pour le reste des personnages tertiaires (Heidi, Audrey, Janice, Zach, etc.) ils appartiennent avant tout à l'entourage des héros et ont été en ce sens indispensables à la caractérisation de ces derniers (et d'ailleurs c'est surtout à ça qu'a servi D.L. : permettre de mieux explorer le personnage de Nikki – Idem pour Simone, dans une certaine mesure, avec Peter). Ceux-là ne peuvent donc en aucun cas être qualifiés de personnages gagne-minute (et aucun d'entre eux a été tué d'ailleurs).
Alors maintenant oui, les Eden, Haïtien, et autres Candice, sont, en que tels, des "rôles" interchangeables, c'est sûr. Et ça n'a rien d'honteux : dans le genre "super-héros" cette place particulière (= homme de main du grand méchant) est toujours la plus à risque. Les "sous-méchants" partent toujours les premiers, et on ne demande absolument pas à "Heroes" de révolutionner cette pratique, qui a sa propre raison d'être dramaturgique difficilement contournable !

Donc non, je n'ai vu aucune mort gratuite pour l'instant dans "Heroes", exceptés les simples "teasing" du season finale (concernant notamment Matt Parkman et D.L. Sanders). Là c'est la loi du cliffhanger qui s'applique, c'est encore différent… [En fin de saisons, Mulder mourrait lui aussi toutes les 2 minutes, donc bon. :? ]
Si Parkman meurt vraiment, son parcours se terminera sur un sentiment d'inachevé, c'est sûr. Son "destin" semblant quand même être un peu plus lié à celui de Molly Walker, dont la storyline ne fait logiquement que commencer…
En revanche si D.L. meurt, ma foi, il restera pour la postérité comme CELUI qui a fait mordre la poussière à Linderman. Il aura également mené à terme sa "destinée" par rapport à Nikki, puisque dans ses dernières séquences avec Jessica et Linderman, non seulement il sauve la vie de Nikki (au prix de sa propre vie [?] ), mais en plus il la pousse à choisir définitivement entre Jessica et Nikki (et c'est finalement Nikki qui gagne, qu'il encourage à poursuivre : "De vous deux tu as toujours été la plus forte", dans ce qui ressemble beaucoup à des mots d'adieux). Bref, ça sent grandement le full circle pour ce personnage (qui n'a jamais été autre chose qu'un accompagnateur de Nikki)…
{Rien de comparable avec une Ana Lucia par exemple, qui n'a servi à rien, reste irrésolue au moment de sa mort, et part en plus alors qu'elle était censée tenir un rôle scénaristique important [puisque dans un des nombreux cliffhangers attrape-couillons de "Lost", elle annonçait son projet de créer une armée avec Jack pour combattre les autres – projet sans doute reculé par scénaristes et désormais prévu pour la saison 92 :p ]}

Bref, si D.L. venait à vraiment mourir, alors ce serait en héros, avec le soulagement d'avoir mener à bien sa mission. Dans de telles configurations, je dirais qu'il est naturel, logique, et même préférable qu'il meurt maintenant. Une mort tout à fait justifiée donc. Nikki aura nettement plus de potentiel si elle continue son parcours sans DL… Et pour Micah, ce serait l'occasion parfaite de s'engouffrer dans la thématique "Mon père ce héros", si chère à la série… Je n'y verrai que du positif personnellement.

Et puis une "grande bataille héroïque" de ce type, sans perte du côté des héros, ça laisserait quand même une sale impression de "lettre à la poste". De la même manière que Boromir trouve la mort à la fin de "La Communauté de l'Anneau" (je cite cet exemple, mais j'aurais pu en citer 500 000 autres, issus de n'importe quel récit de grande "bataille mythologique"), "Heroes" se doit absolument de ponctuer ses grandes victoires de pertes héroïques de ce type…

Donc j'attends encore de voir une mort gratuite dans "Heroes", pour l'instant ça n'a pas été le cas ! ;)
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Volume 2 - L'originalité de la série

Messagepar zerosum sur 03 Sep 2007 16:52

{J'ai honte, c'est vraiment très très très très long… :oops: Consolez-vous en vous disant que vous ne me reverrez plus pendant au moins 3 bons mois après un post comme ça ! :mrgreen: }

Tonnerre de Brest :
Tonnerre de Brest a écrit:il y a un petit problème quand des réalisateurs qui arrivent à faire des plans somptueux se débrouillent pour nous faire des faux-raccords de la honte.

Ça me fait penser que "Carnivàle" était également truffée de fautes de raccords assez horribles ! Elle n’en demeure pas moins extrêmement brillante dans sa mise en scène. Comme quoi… :roll:

Tonnerre de Brest a écrit:Cette série est une variation sur un thème bien éculé qui est l'émergence des nouvelles formes évolutives de l'Homo Sapiens. Quand on a bouffé la trilogie X-Men, ça a un air de déjà-vu. Certes, on nous sort du Darwin par ci ou par là, avec des introductions et des conclusions orales tantôt entraînantes, tantôt besogneuses (sinon pénibles et répétitives), mais la pensée darwinnienne n'est qu'un prétexte fallacieux qui n'a rien à voir avec les théories du savant de l'évolutionnisme.

Ce qui finit par devenir ennuyeux, c'est que l'avènement de l'espèce succédant à l'Homo Sapiens se caractérise... par une non caractéristique globale. Sinon de posséder de super-pouvoirs. Aussi chacun a le sien: celui-ci vole, celui-là traverse la matière, une autre se dédouble, etc., etc., etc. ... A l'infini des possibles.

Ce raisonnement de la multiplication différenciée des pouvoirs intéresse un moment. Puis il saoûle.
Une critique qu'il conviendra donc aussi d’adresser à la mini-série évènement d'il y a quelques années (modèle par excellence de pompage et rapiéçage aussi creux qu'opportuniste) dénommée "The 4400", que tu n’avais pourtant pas l’air de trouver ennuyeuse malgré son postulat rebattu d' "1 revenant = 1 pouvoir spécifique"... Pourquoi ce traitement à double vitesse Tonnerre ?

Toujours parmi les créateurs dénués d'inspiration, on pourra aussi avoir une pensée émue pour notre ancien camarade Frank Spotnitz, qui avait peut-être senti avant tout le monde (si si !) que 2007 serait l'année des superhéros à la télé. Il préparait de son côté une mini-série intitulée "Amped", sur un virus faisant muter les gènes et préparant en quelque sorte une "nouvelle espèce" d'êtres dotés de pouvoirs extraordinaires [il était même allé jusqu'à imaginer qu'un personnage pourrait voler !!!!! Quel visionnaire ce Frank ! ;) ]. Des pouvoirs là encore différents d'un individu à l'autre. Raison suffisante pour condamner la série les yeux fermés ? Je ne pense pas… Comme toujours, tout dépend du traitement apporté : "Amped" aurait été l'occasion (dixit son créateur malchanceux) de traiter diverses thématiques telles que la différence, le racisme, la peur, le repli sur soi, etc. Le terrorisme aussi faisait partie du tableau. Et je suis sûr que la série aurait été au moins très intéressante, ne serait-ce que par le choix de ses thématiques…
Il en va de même pour "Heroes" : tout dépend du traitement apporté.

Moi ce que je vois surtout, concernant "Heroes", c'est que c'est une série qui tient énormément à s'attacher à l'aspect "comics" des superhéros. Bien plus qu'une série de superhéros, c'est une série "clin d'œil" à l'univers comics. :pepep: C'est d'après moi le principal charme de la série, et son originalité première.
De là, je ne vois aucun intérêt pour les scénaristes et producteurs d'aller chercher à s'éloigner de ce qui fait justement la marque de fabrique de la plupart des superhéros de comics. Les motifs récurrents les plus répandus, autrement dit les motifs les plus génériques, se devaient, selon moi, absolument et impérativement de se retrouver dans "Heroes". Voilà ce que je pense ! :yes:
Les scénaristes auraient été au contraire complètement sots d'aller dans la direction que tu proposes. Ça aurait pu être intéressant, certes, mais ça aurait été une toute autre série, qu'il aurait convenu de nommer autrement que "Heroes". Pourquoi pas "Le retour de la vengeance des Slans - Episode 2", par exemple… :p
La volonté de proximité (consciente et assumée) de l'univers comics est en effet déjà présente dans le titre même de la série : "Heroes". Ne pas chercher midi à 14h : c'était marqué dessus que ça allait brasser sans altération manifeste toutes les grandes figures et autres archétypes issus de l'univers super-héroïque des comics… :pepep:
Ce n'est donc pas nécessairement par manque d'originalité, d'inspiration, ou de créativité : c'est avant tout la conséquence d'UN PARTI PRIS assumé, dicté par le propos même (très spécifique et très nettement original, lui) de la série.
"Heroes" se veut ouvertement être une sorte d' "anthologie" (compilation / reconstitution / synthèse) du genre "superhéros", et pour des raisons bien spécifiques. On a de très loin dépassé le stade de la simple variation. (j'y reviens plus bas)

Tonnerre de Brest a écrit:Cette série, à force de se référencer aux comics, qui ont déjà été adaptés, n'apporte donc aucune nouveauté réelle par rapport à un sujet sur lequel il y a pourtant beaucoup de potentiel.
Ce qui était (jusqu'à un certain point) normal, incontournable, et nécessaire dans le cadre du propos et du postulat voulu par la série.
Ceci étant dit, je ne suis pas d'accord. Je ne suis certes pas un grand connaisseur de comics, mais si je compare avec les versions grand écran (notamment de "X-Men", mais aussi de toutes les autres adaptations ciné dont on est inondé depuis x années), je vois déjà de nombreuses thématiques qui n'ont jamais été traitées dans aucune de ces adaptations.
Ces thématiques sont celles qui découlent directement du postulat (très original, je le répète) de la série. Le côté "anthologie". Et ce côté anthologie était nécessaire, puisque consubstantiel au développement desdites thématiques propres à la série et qu'on n'a jamais retrouvé ni dans les X-Men (ciné) ni dans les Superman, Spiderman, Batman, et autres insignifiances ciné du même type…
(Je développerai tout ça plus explicitement au fil de ma prose…)

Tonnerre de Brest a écrit:A quand une série -ou un film- qui prendra vraiment cette thématique au sérieux, en installant un vrai discours sur l'évolution de l'Humanité, sans avoir recours à la vertu de sauveur du "surhomme" ?
Quand ce sera le désir de quelqu'un d'aller dans ce sens ! :p Tim Kring et son équipe avaient peut-être d'autres moteurs, d'autres envies, d'autres perspectives, d'autres choses à dire que ce que tu aurais préféré qu'ils disent. Non ? N'est-ce pas envisageable et acceptable ? :?: Evitons de partir du principe qu'à un sujet de départ donné ne peut correspondre qu'un seul angle de traitement pertinent ou valable. Si j'étais toi, je laisserais plutôt ça aux critiques des Cahiers du Cinéma, généralement trop obtus (pour ne pas dire "frustrés" et "aigris") pour voir au-delà de leurs propres conceptions de tel ou tel sujet… Ne tombe pas dans le même travers, ce serait dommage : tu vaux bien mieux que ça, d'autant que tu nous avais habitués à bien plus d'ouverture d'esprit, de patience et précaution dès lors qu'il s'agissait de tendre un peu l'oreille pour écouter ce que les "maîtres d'œuvre" pouvaient bien avoir à nous dire…
Alors silence maintenant, s'il te plaît ! ;) Tais-toi, reprends la conversation depuis le début et écoute vraiment ce coup-ci ce que le monsieur a à te dire, avant de rebondir sur ce que tu crois avoir compris de ses propos. Parce que de toute évidence ta conversation avec Tim Kring a démarré sur un GROS malentendu !
Peut-être aurais-tu dû lui laisser terminer sa phrase (qui s'étend sur l'intégralité du premier volume introductif de la série, autrement dit sur l'intégralité de la saison 1)… ;)

Tonnerre de Brest a écrit:Dans la littérature de S.F., les exemples sont pourtant là. Citons simplement A. E. Van Vogt, et son oeuvre intitulée "À la poursuite des Slans". Les Slans sont l'émergence de la nouvelle étape de l'évolution humaine. Leurs dons sont semblables (en cela ils constituent une nouvelle espèce comme l'Homo Sapiens l'a été par rapport à ces ancêtres). Ils constituent donc un groupe caractéristique par une unité de pouvoir, et non une multiplicité: leurs points communs sont la télépathie, une capacité mentale et physique qui les différencie du commun des hommes, et ils ont deux coeurs.
Seulement Van Vogt évoque la peur terrible que cette nouvelle espèce humaine suscite chez les hommes ordinaires: les Slans ne sont pas héroïques, ils cherchent à sauver leur peau, car ce sont des parias.
Postulat intéressant, certes. Mais comment l'accorder à une série intitulée "Heroes" ??? Puisque, je te cites, "les Slans ne sont pas héroïques". Où est le rapport ? Ce sont deux histoires, deux configurations et donc deux sujets complètement différents. Deux sujets différents aux thématiques et propos forcément divergents. Pire : ce sont carrément deux genres complètements différents !!!
A ce rythme, on pourra aisément arriver à des non-sens tels que reprocher à "The X-Files" de ne pas avoir choisi un traitement à la "ET" (ou inversement). Pourtant les deux œuvres traitent de la question extraterrestre ! Qu'est-ce qui a pris Chris Carter de partir dans des délires de conspirations gouvernementales, de colonisation, de collaboration de Vichy, alors qu'il aurait tellement plus intéressant, plus pertinent, et plus valable de traiter de la question de la tolérance (de l'autre, de l'étranger, de celui qui est différent) en suivant le lent apprivoisement d'un être extraterrestre inoffensif par un terrien au cœur pur, dont on aurait tant à gagner humainement à suivre le modèle… Non décidément, trop à côté de la plaque le Chris Carter ! :roll: :mrgreen:

=> Tim Kring et son équipe avaient d'autres idées en têtes, point ! D'autres choses à dire !!! Tant que LEURS idées à EUX tiennent la route, sont bien amenées et dignement développées, nul besoin de pleurer sur ce que la série n'est pas et aurait pu être si elle avait été "différente", autrement dit si elle avait été une autre série. ( :roll: )
"Aurait pu être si elle avait été meilleure" est un reproche acceptable.
"Aurait pu être si elle avait été plus inspirée, plus audacieuse, plus ceci, plus cela" est encore recevable.
Mais "aurait pu être si elle avait été autre", là, en revanche ça n'a plus aucun sens comme reproche ! Désolé, mais non, ça va pas être possible. :?

Tonnerre de Brest a écrit:Mais il est vrai que Van Vogt évoque des sujets aussi délicats que la peur opposée à la générosité, la guerre des couches sociales, l'anti-darwinsime social, le danger à vouloir améliorer l'espèce humaine quand des méthodes fascistes sont employées. Et ça date de 1940 !!!
Tant mieux pour Van Vogt, vraiment. Heureusement pour lui, même. "Encore heureux", oserais-je dire ! Parce qu'en 1940 il y avait assurément beaucoup de choses, beaucoup d'évènements à observer et à analyser autour de soi, c'est certain …
Mais aujourd'hui, il faudrait peut-être aussi penser à tourner la page, non ? :?: Parce que nous sommes en 2007, et nous avons peut-être, NOUS, d'autres choses à observer autour de nous. Des questions nouvelles qui nous interrogent plus directement et méritent qu'on s'y intéresse en priorité… Pourquoi devrions-nous revenir encore et toujours sur la question du fascisme et de la race aryenne alors que le présent nous lance, dans l'immédiat, d'autres "défis" bien plus pressants ? :?:

Parenthèse sur XF qui offre un parallèle très instructif à ce sujet (et que je mets en quote pour moins surcharger le post) :
Que XF ait brassé de telles thématiques était encore judicieux, oui, à l'époque... Ça ne le serait probablement plus aujourd'hui. Beaucoup moins en tout cas ! L'époque des années 90 était une époque très à part : la chute du mur de Berlin (bientôt suivie de la démission de Gorbatchev) avait définitivement sonné le glas de la Guerre Froide. Le monde (autrement dit les USA) s'est retrouvé orphelin de sa toute grande "problématique globale" à résoudre. De sa "mission", en quelque sorte. Un constat qui a été maintes fois fait dans le cours de la série d'ailleurs (plus particulièrement aux détours de "Musings of a Cigarette Smoking Man" ou encore "Redux") : en l'absence d'ennemis terriens véritables (excepté peut-être la Guerre du Golfe, qui n'avait toutefois pas l'ampleur d'un conflit mondial ou inter-blocs… que seule un conflit inter-planétaire pourrait effectivement "égaler"), il convient de regarder les cieux pour s'en trouver de nouveaux.
Ainsi le Père Noël a-t-il apporté miraculeusement à CSM et Gorge Profonde un cadeau inespéré (= un alien, un nouvel ennemi) juste après la démission de Gorbatchev. Ça ne pouvait pas mieux tomber pour eux en effet, comme nous le confie si justement CSM (ou Gorge Profonde, je ne sais plus…) !
Les scénaristes étant dans leur réalité (du début des années 90) logés à la même enseigne que CSM et Gorge Profonde un peu plus tard dans leur fiction (lors de ce retour sur le début des années 90), le dialogue CSM-Gorge Profonde en vient à lever, implicitement, le voile sur les raisons d'être inconscientes de leur série X-Files.
Et on comprend mieux pourquoi les extraterrestres d'XF ont été dépeints de la sorte : durant ces années 90, il devenait presque logique en effet, pour des scénaristes, que cette nouvelle "menace" (fictive et imaginée de toute pièce par leurs soins) soit à l'image des précédentes menaces que nous avions pu connaître dans la réalité jusqu'à ce point (puisque l'imagination naît de ce que l'on connaît déjà…). Ainsi on y retrouve très logiquement le nazisme (les notions de race aryenne dans "Herrenvolk", les camps de concentration et convois ferroviaires de "Anasazi"/"Paper Clip"/"Nisei"/"731", etc.), la collaboration et le Gouvernement de Vichy (le Syndicat, l'affaire presse-papier, la résistance des rebelles sans visage, etc.), sans oublier aussi le péril rouge du communisme, bien évidemment ("Colony", "Travelers").
Autrement dit, si on en revenait inexorablement aux figures de la Seconde Guerre Mondiale ou de la Guerre Froide, y compris dans les années 90, alors qu'à cette époque aucun évènement dans l'actualité n'appelait réellement ces périodes sombres à la mémoire (pourquoi en effet parler de dérive fasciste alors que Clinton ne représentait décemment aucun risque de "dérive" d'aucune sorte pour son pays de ce côté-là ? [au contraire de Bush aujourd'hui, ou Reagan avant lui…]), c'est précisément parce que durant les années 90 (et XF appartient entièrement aux années 90-Clinton), le monde n'était confronté à aucune menace d'un nouveau type. Dépossédées de leurs "missions" de grande ampleur, les populations se tournent alors très naturellement vers la fiction. Et c'est alors la fiction qui prend le relais. La menace fictive des colons a ainsi été imaginée à partir de ce qu'on venait de quitter : 39-45 + Guerre Froide.
Parallèlement, on en reste toujours (selon le même principe du "suivant" qui chasse le "précédant") sur les derniers gros nœuds problématiques en date qui avaient rongé l'Amérique jusque-là : le Watergate.
XF c'est donc ça au final : une série post-Guerre Froide et post-Watergate, dans un monde dénué d'ennemi, dénué de mission nouvelle, dont elle est le parfait symptôme et la réponse directe.

Mais ce monde-là a bien changé depuis !

Alors que la série entamait sa dernière saison, l'Amérique s'est retrouvée profondément secouée par les attentats du 11 Septembre. On a basculé d'un monde dénué d'ennemi, à un monde venant de se trouver sa prochaine guerre de grande ampleur : la guerre contre le terrorisme. Une guerre qui apporte avec elle son lot de problématiques nouvelles.
Dans ce nouveau monde, très logiquement, ressasser les histoires de l'Occupation Allemande est devenu quelque chose de complètement obsolète, dépassé, anachronique, et même assez absurde.
(Et je ne sais pas si tu as remarqué, Tonnerre, mais depuis 2001, quasiment plus aucun film de "menaces" à valeur métaphorique ne ramène la Seconde Guerre Mondiale sur le tapis. On y retrouve plutôt, quasi-systématiquement, les figures du terrorisme et de la lutte contre le terrorisme…)
Carter et Spotnitz ont d'ailleurs admis à l'époque que le 11 Septembre leur avait posé des "problèmes" pour entamer la mythologie de la saison 9, sentant bien que les esprits ne seraient plus aussi "friands" d'histoires de colonisation, d'invasions, de guerres intergalactiques, de collaborations et de Solution Finale. Comme quoi il y a bien un équilibre conjoncturel qui existe entre la réalité de l'actualité et l'écriture de la fiction en temps réel. En tout cas, Carter et Spotnitz l'ont ressentie. Preuve, au passage, que les préoccupations premières d'XF étaient devenues anachroniques et appartenaient définitivement à une époque révolue, celle des années 90-Clinton. Presque miraculeusement/naturellement, la série se sera effacée avec l'arrivée de Bush et du 11 Septembre pour laisser place à des séries plus en accord avec leur époque, puisque nées directement de celle-ci. (Telles que "24", qui vient immédiatement à l'esprit) ["Heroes" étant peut-être, je commence à le penser sérieusement, la série "relève" qui portera les années post-Bush et en sera la plus caractéristique ;) – avec un certain regard critique en arrière, porté sur le passé pour dresser un bilan des erreurs commises, et se tourner ensuite plus sereinement vers le futur et la "reconstruction" positive… Elle semble bien partie pour aller dans ce sens en tout cas, mais peut-être que je rêve un peu trop fort là ;) ]

Pour en revenir brièvement à XF, on observe que la mutation du monde en cours a été presque aussitôt prise en compte par Carter et Spotnitz : le diptyque "Provenance/Providence", écrit après le 11 Septembre, parle en effet plus que jamais des désastres du fanatisme. Et on voit même s'y dessiner les défis futurs de l'Amérique par l'intermédiaire du personnage de Scully, cherchant à protéger sa progéniture : jusqu'où peut-elle se permettre d'aller ? La fin justifie-t-elle les moyens ? Voici quelques uns des grands questionnements qui allaient effectivement travailler l'Amérique post-11 Septembre. Ainsi Scully nous est montrée plus agressive et plus vengeresse que jamais (elle qui a pourtant perdu bien des proches au cours de la série) : la scène où elle refuse d'appeler les secours, et menace de laisser mourir son agresseur s'il ne parle pas, constitue pour moi une des premières, si ce n'est LA première scène de torture télévisée de l'ère post-11 Septembre, bien avant que "24" en fasse sa marque de fabrique, suivie bientôt par "Lost" et quelques autres…
Que ça ait été voulu, recherché, calculé ou non par les scénaristes d'ailleurs. L'impact psychologique reste de toute façon là, indéniablement, et s'en ressent quoi qu'il arrive dans la fiction produite à ce moment-là. La fiction révélant toujours au passage (inconsciemment ou non) quelques unes des mutations en cours dans l'inconscient collectif de telle ou telle société...


On notera enfin que les tentatives de Spotnitz de ressusciter la formule fantastique d'XF ont abouti à un produit là encore inscrit dans son temps : "Night Stalker", où il n'était plus question de nazisme, de conspiration, de collaboration, de colonisation, ni rien de tout ça. Non : il était question de contrôle par la peur, de réflexes sécuritaires et pas mal question aussi - en creux - de terrorisme... Quelques sujets allant parfaitement ensemble et brossant un tableau assez large des questions posées à l'Amérique dans cet après-11 Septembre… Dommage que la série n'ait pas pu continuer ! :?
"Amped" devait également s'intéresser à la question terroriste, comme je disais. Exit donc la période 39-45 (qu'on imagine pourtant très chère à Spotnitz, ayant été lui-même second orchestrateur en chef, en son temps, de la mythologie nazie-aryenne-génocide-collaboration-Vichy-résistance d'XF).
Bref, nous avons très clairement tourné la page aujourd'hui, et sommes passés à toute autre chose… Il va être temps de se faire une raison !

Tout ça pour dire que regarder vers le passé, c'est bien, c'est toujours très bien et toujours très utile (comment effectivement refuser une invitation au si précieux travail de mémoire…). Mais en l'occurrence le présent propose de nouveaux défis et de nouveaux questionnements à l'homme/l'américain d'aujourd'hui : au nazisme d'hier a succédé le terrorisme d'aujourd'hui. Voilà pour l'ennemi venu de l'extérieur. Quant à l'ennemi venu de l'intérieur (pour la part introspection et remise en question, nécessaire à tout récit de ce type), on constate facilement que la paranoïa post-Watergate a cédé sa place au questionnement direct du pouvoir tel que conçu et envisagé par l'Administration Bush : la fin justifie-t-elle les moyens ? La notion de dommage collatéral est-elle acceptable ? L'interventionnisme est-il louable ? Sans oublier bien sûr le questionnement sur le règne par la peur, etc.

Quelques uns de ces questionnements se retrouvent, comme par hasard, au cœur de la série "Heroes". Une série sur laquelle plane indiscutablement l'ombre de Bush et du 11 Septembre…
Preuve en images :
- La menace d'explosion sur New York fait immanquablement penser au 11 Septembre.
- Le terme "terroriste" est récurrent dans la série (il me semble même que la version originale du "Pilot", à paraître dans les coffrets DVD, était encore plus chargée en intrigues terroristes, avant que les ciseaux des studios ne passent par là).
- Toute l'intrigue autour de Nathan Petrelli renvoie directement à l'élection de Bush et au folklore post-11 Septembre (le pouvoir qui voit son intérêt au sacrifice – et laisse faire en connaissance de cause – de quelques uns pour renforcer l'esprit communautaire, imposer et installer solidement un leader-sauveur et préparer sans doute le terrain pour mener de grandes batailles et achever de grandes victoires / grandes mutations de la société…).
- La "version Sylar" de Nathan (dans "Five Years Gone"), s'exprimant sur les ruines de New York, ne peut d'ailleurs que faire penser aux discours du même acabit de George W. Bush suite à la destruction des tours jumelles.
- Un clin d'œil savoureux dans l'isoloir (dans "Landslide") permet de poursuivre ce parallèle Bush-Nathan : dans les deux cas l'élection semble manifestement avoir été truquée. Et on se rend bien compte aussi que Nathan n'est rien d'autre (comme ce qu'on dit souvent de Bush) qu'un pion manipulé, un pantin dans les mains de ses "conseillers" hauts placés formant de leur côté un cercle de "conspirateurs" aux idées très "particulières" (Linderman et Angela Petrelli).

Ainsi, une des principales questions de cette fin de saison (après l'épisode du futur "Five Years Gone", où on découvre que Nathan "est devenu" [presque littéralement] le grand méchant Sylar) est la suivante : "Nathan basculera-t-il ou non du côté obscur ???"… Sylar semble prétendre que oui. Et on sent tout au long du triptyque final que Nathan se trouve sur le fil, partagé entre sa mère d'un côté, et les appels de Peter+Claire+Hiro de l'autre…
Son discours d'investiture est à cette image : partagé entre la part "méchante" (les décisions difficiles à prendre, pour un "greater good") et la part "gentille" (l'amour du prochain, l'ouverture pacifique sur le monde, la compassion et la solidarité, etc.).

Nathan sur le fil donc. Métaphoriquement, deviendra-t-il Sylar ? Sylar deviendra-t-il Président ? Tout le suspens de cette fin de saison est donc, si l'on poursuit l'allégorie, de savoir si l'Amérique va, oui ou non, "élire" un simili Bush.
Et la série a décidé de ne pas élire un tel Président, très clairement. A la fin de la saison 1, Bush est devenu un mauvais souvenir à oublier…
C'est en cela que "Heroes" m'apparaît comme la série "relais", qui va nous mener vers l'après-Bush. [De même que "24" avait définitivement réglé son cas à Bush en saison 5, et a très explicitement appelé, cette année même, à l'alternative "réparatrice"… – voilà une autre série qui, espérons-le, va bientôt se retrouver orpheline de son époque particulière (assez moche) et disparaître pour cause d'inutilité et d'anachronisme…]

Toujours concernant le travail d'introspection mené par la série, j'aime aussi beaucoup l'idée que la bombe ne soit pas "étrangère" (= venue d'un méchant extérieur aux gentils), mais bien le fait d'un "gentil" (DU gentil altruiste en l'occurrence : Peter) qui perd le contrôle de ses pouvoirs et dont la puissance exponentielle se retourne finalement contre lui-même et contre les siens. Tout un symbole, non ? :roll: (D'autant plus intéressant que c'est avec la montée de sa rage envers Sylar que Peter a commencé à surchauffer…)
Peter, tout comme son frère Nathan, a lui aussi droit à un brillant parallèle avec Sylar… La bombe est-elle Sylar ? Ou Peter lui-même ? La saison a fort bien joué sur cette ambiguïté. Surtout que les deux ont quasiment le même pouvoir : celui de devenir surpuissant (en tuant pour l'un, en "s'inspirant" pour l'autre ;) ). Surpuissant… On est une superpuissance ou on ne l'est pas. Et quand on voit "Heroes" (comme bien des histoires de "super-héros"), on devine immédiatement que les USA en sont une de superpuissance…

Dans le même ordre d'idée (ses propres pouvoirs qui se retournent contre soi), j'aime beaucoup le fait que ce soit l'objet de la création de Linderman, ce maniaque du contrôle, qui se retourne contre lui. En l'occurrence Nikki/Jessica et surtout DL (qui semblent avoir été "conçus" par Linderman)…

Tonnerre de Brest a écrit:Ce sont autant de sujets délicats que la fascination du surhomme écarte d'un revers de la main.

Je n'ai encore vu aucune fascination du surhomme dans la série ! Bien au contraire : on a eu deux surhommes pour l'instant (Sylar et Peter). L'un est devenu complètement fou et monstrueux, et en a finit même par perdre une grande part de son humanité. L'autre est victime de sa condition (qu'il ne contrôle pas) et menacé de dérapage permanent (tant ses pouvoirs le dépassent et le submergent). L'un comme l'autre, très explicitement, nous sont présentés comme des DANGERS de dérive potentielle. Les délires de perfection (et de contrôle) mégalomaniaques de Linderman n'échappent pas non plus à la règle : il est un danger lui aussi, tout comme sa conception d'une "super-nation" encore plus forte, encore plus meilleure, encore plus supérieure, encore plus battante, etc.
Aucune fascination donc. Bien au contraire, je suis persuadé qu'un des buts premiers de la série est de faire valoir l'héroïsme véritable de ses seconds rôles : ceux qui n'ont aucun pouvoir, précisément. Ceux qui sont simplement animés d'intentions pures et qui sont armés de leur seule bravoure ou de leur attachement indéfectible à des valeurs aussi simples et essentielles, humainement parlant, que l'amour ou l'amitié (je pense notamment au personnage de Ando, qui résume très bien cette idée).


Quoi qu'il en soit, l'essentiel pour moi est que "Heroes" traite de son sujet adroitement. Et son sujet, c'est avant tout celui du "super-héros", et ensuite, seulement (et de manière presque secondaire) celui de l'évolution (au sens large, et pas nécessairement au sens biologique-darwinien...). Deux sujets qui sont bien évidemment à prendre comme des métaphores :

1/ Le principe du "super-héros" pose deux aspects. Celui du "super-pouvoir", bien sûr, mais aussi et surtout celui de l'héroïsme. Le "super-pouvoir" étant lui-même une métaphore du pouvoir, sous toutes ses formes (que ce soit la part "talent individuel", ou la part "contrôle"/"domination des autres et/ou de son environnement"…)

2/ Le principe de l' "évolution" pose quant à lui la question de l'avancement de l'être humain, non pas vraiment en tant qu'espèce, mais plutôt en tant que sociétés et groupes de sociétés ! [encore que… de plus en plus, les défis qui sont posées à nos sociétés d'aujourd'hui – le défi écologique et environnemental principalement – nous posent directement la question de la survie de notre espèce sur le long terme… Qui dépend bien évidemment de la préservation de notre belle planète bleue (qui fait au passage l'ouverture de chaque épisode de "Heroes" ;) ) Mais passons…]

Autant d'aspects et de questionnements qui sont indissociables les uns des l'autres et qui se répondent mutuellement : Qu'est-ce que l'héroïsme ? Qu'est-ce qu'être un héros ? (Rappelons une fois de plus que la série s'intitule "Heroes"…) Qu'est-ce qu'avoir un talent particulier ? Que faire de ce talent ? Comment l'exploiter ? A quelles fins ? Qu'est-ce qu'avoir un pouvoir ? Qu'est-ce qu'avoir du pouvoir ? Qu'est-ce qu'avoir le pouvoir ? Qu'est-ce qu'être au pouvoir ? Que faire de ce pouvoir ? Qu'est-ce qui accompagne ce pouvoir ? Qu'est-ce que la responsabilité ? Et – de nouveau – qu'est-ce qu'être un héros ? Qu'est-ce qui limite ce pouvoir ? Que peut-on se permettre avec ce pouvoir ? Quels sont les risques qui vont de paire avec ce pouvoir ? (Déraper, tomber dans l'excès, dans l'ivresse mégalomaniaque, perdre pied et se déconnecter des valeurs fondamentales de ce qu'on appelle l' "humanité", etc.)
Des questionnements qui rejoignent le second aspect : comment l'individu doit-il se comporter face à la société, et surtout au sein de celle-ci, pour faire la évoluer et avancer dans le droit chemin (selon ce que chacun voudra bien mettre derrière ce terme de "droit chemin") ? Etc, etc. Même question qu'on retrouve à l'échelle du dessus : comment une société, une nation, doit-elle se comporter au sein du monde pour faire avancer l'espèce humaine…

Le propos de la série n'est pas plus compliqué que ça : l'évolution du monde, de l'espèce humaine, de l'Homme, passe par celle des sociétés, qui passe elle-même par l'action cumulée et l'engagement concerné de ceux qui la composent, à savoir chaque individus. Des individus qui sont différenciés, et qui ont chacun leur propre "talent"/fonction/utilité à apporter/remplir. C'est aussi pour cela, à la base, que les ensembles de super-héros, tels que les X-Men (ou ceux de "Heroes" justement), sont composés d'individus aux pouvoirs spécifiques ! il y a bien une raison à cela ! De la combinaison des divers talents naît le collectif.
Chacun ayant sa pierre à apporter à l'édifice, d'une manière ou d'une autre. (Idée que les scénaristes ont cherché à illustrer, non sans grosses difficultés, il est vrai, en cette fin de saison…)

Cette nouvelle "espèce" n'est donc pas à prendre au pied de la lettre comme l'incarnation d'un changement global (comme ce que tu aurais souhaité Tonnerre : l'incarnation d'une "autre espèce", d'une autre race, bref de l'étranger venu de l'extérieur – et c'est pas pour rien que tu cites XF : ces questionnements trouvant plus naturellement leur place dans les récits à base d'extraterrestres, plutôt que de superhéros… Pas pour rien nous plus que tu réalises que les Slans n'ont rien de superhéros : ils composent une nouvelles race…).
Non, cette nouvelle espèce n'est pas la reflet de ce qui est extérieur et différent, mais plutôt de ce qui est intérieur et propice à l'innovation. Cette nouvelle "espèce" que constituent les "heroes" est finalement à prendre comme la métaphore des "générations futures" : celles qui vont faire évoluer la société qu'on va bien vouloir leur donner en héritage, et qui vont la changer en fonction des enseignements qu'on va leur apporter, ainsi que de leur propre originalité, leur perception toute particulière du monde, et leur conscience personnelle…

Il y a une large part accordée à la notion d'héritage (pas seulement génétique donc) dans cette série. Et c'est tant mieux ! Un changement global et identique, comme tu le préconises Tonnerre, aurait été complètement à l'encontre de telles thématiques, que je trouve, personnellement, bien plus passionnantes au jour d'aujourd'hui que des questionnements orphelins sur le fascisme d'hier.

Je tire de ce côté "générations futures" deux éléments :

1/ Ça me fait passer l'éponge sur un des seuls gros défauts conceptuels que je trouvais au départ à la série : son jeunisme et son casting très majoritairement "ado – jeunes adultes" (pour les "héros" du moins). Mais puisqu'ils sont à prendre comme l'illustration des "générations futures", des adultes de demain, c'était un peu obligé et incontournable, donc bon…

2/ Une très forte prégnance de la thématique du "modèle", capable d'inspirer autrui. Sans doute une partie de la réponse à la question "Qu'est qu'être un héros ?" d'ailleurs. Qui inspire qui ? Comment ? Dans quelle mesure et dans quelle direction ? Etc.

Et c'est là qu'intervient, d'une part, la génération précédente (dont on découvre qu'elle est elle aussi dotée de pouvoirs [Angela Petrelli, Linderman, Charles Devaux, etc.] – normal puisque ces générations précédentes sont les "héros" d'hier, les générations futures d'hier, celles qui sont responsables du présent d'aujourd'hui… Avant que les "héros" d'aujourd'hui soient les responsables du présent de demain - et là on retrouve toute la thématique de l'évolution des sociétés au fil du temps, par mutations progressives, diverses, et aléatoires, puisque dépendant d'individus différenciés et imprévisibles)

Là-dedans, la sacro-sainte figure paternelle obtient une place de choix, ralliant en son secteur nombre de mythologies modernes (dont on citera volontiers les plus emblématiques de ces derniers temps : "Star Wars" et "X-Files"). Mon père ce héros… Mulder partagé entre son père de cœur (le collabo-résistant Bill Mulder) et son père biologique (le sinistre Cigarette Smoking Man). Luke Skywalker, partagé entre son père biologique Darth Vador et son "père spirituel"/mentor Obiwan Kenobi.
Dans "Heroes", cette figure cruciale au développement du propos de la série se retrouve décuplée. Claire face à ses deux père Noah Bennett et Nathan Petrelli. Nathan, lui-même, entre ses deux figures paternelles (son propre père et Linderman), ou encore Peter lui aussi partagé entre deux père (M. Petrelli toujours, et son mentor en devenir [selon moi] Charles Devaux dont on apprenait dans le pilote qu'il considérait Peter comme son fils ! ;) )…
N'oublions pas non plus Hiro, face son père Kaito (dont on ne sait pas réellement de quel côté il se situe).
Et immanquablement, Mohinder, poursuivant les travaux de son père…
Les mini-comics associés à la série vont même un peu plus loin, une génération plus haut : Mohinder nous parle de sa grand-mère. Hiro de son grand-père, mort sous l'attaque d'Hiroshima (et on apprend que la mère d'Hiro a appelé son fils ainsi en hommage à son grand-père mort durant la tragédie… Hiro - shima). On découvre aussi la place qu'occupent pour Hana Gitelman ses mères et grands-mères, toutes deux héroïques à ces yeux, etc.
On rencontre même le père du Haïtien…

Mais les liens du sang ne font pas tout. Ni même l'éducation prodiguée par les parents. Il existe une autre forme d'éducation, de source d'inspiration et d'admiration…
Et c'est alors à la place de l'Art (au sens large), ainsi que de l'Histoire, que la série s'intéresse. Plus particulièrement par le biais de Hiro dont la tête est emplie de héros fictifs (ou non) sources pour lui d'inspiration : particulièrement les héros de comics, ou de grandes mythologies modernes (telles que Star Wars), mais aussi les héros des contes historiques, légendes et autres mythes qui ont bercé son enfance. Parmi eux, on ne peut pas ne pas citer l'illustre Takezo Kensei.

C'est là que l'on se rend compte que, comme je le disais, "Heroes" n'est pas seulement une série sur des super-héros, c'est aussi et surtout une série sur l'univers du comics, et plus généralement une série sur tous ces récits de fiction, qu'ils soient mythologiques ou non, qui cherchent à inspirer les individus d'une société (et plus particulièrement sa jeunesse donc) pour les éduquer et leur montrer la voie à suivre. Et nul doute que "Heroes" cherche aussi, pour sa part et à son humble niveau, à fonctionner de la sorte : comme une série susceptible d'inspirer tout être ordinaire et lui montrer la voie à suivre du valeureux et honorable chevalier... ;)

Bref, parler d'évolution revient immanquablement, dans le contexte de la série, à parler de l'importance de l'héritage, de l'apprentissage (à partir de cet héritage), de l'enseignement (par les anciens), et de l'éducation. Avec toujours en ligne de mire cette notion que seule l'entraide, le collectif et la mobilisation de l'individu dans le collectif peuvent permettre d'avancer, d'accomplir de grandes choses, et d'aboutir à de grands changements.
"Heroes" n'est pas loin de devenir une série cherchant à inculquer à son auditoire (qui en a, j'en suis sûr, forcément besoin) les valeurs essentielles de la citoyenneté

Rien de vraiment original à cela, certes. Comme à toute chose de toute façon ! Depuis que l'Homme a appris à parler, il a eu largement le temps de faire le tour de toutes les questions essentielles qui le travaillent (la seule originalité possible ne peut venir que de ce que le présent, la réalité, offre d'inattendu et de nouveau à contempler et digérer).
Peut-être pas original donc, mais ça a le mérite d'être en parfait accord avec le sujet de la série (=> le héros, la destinée de l'homme et l'évolution [de la société]), et d'être plutôt bien traité, jusqu'à maintenant (sans moralisme puritain dégoulinant à la "Lost", ni pédagogisme trop insultant). ET SURTOUT : d'être en accord avec son temps ! :pepep:

{Même si, personnellement, je suis plutôt de l'avis d'Angela Petrelli dans le pilote : "Love is overrated" ! C'est pas bien grave, je veux bien manger du "In the end, all that really matters is love", ça ne me fait pas peur ! :yes: }

Tonnerre de Brest a écrit:Héroes est donc une série opportuniste
Pas plus que "X-Files", "MillenniuM", "Harsh Realm", ou n'importe quelle autre. Le marché télévisuel est un marché où le souci d'efficacité et de rentabilité est toujours présent. TOUTE série télé, en particulier sur une chaîne non câblée (soumise plus qu'une autre aux lois de l'audience), est soumise aux lois du marché. TOUT scénariste ayant en tête de créer sa série pour la télé SE POSE forcément toutes les questions relatives aux lois du marché en vigueur et SE DOIT (à lui-même en premier lieu) de concevoir sa série DE MANIERE A CE QU'ELLE MARCHE !!! Prétendre l'inverse reviendrait à se voiler gravement la face. Créer une série aujourd'hui n'a rien à voir avec peindre un tableau à l'époque du XVème siècle, au gré de ses humeurs passantes. Chris Carter a été obligé d'être au moins autant opportuniste qu'un autre. Et Tim Kring pas forcément plus que Chris Carter.
(bon, je ne parlerai pas ici des malades mentaux comme Ryan Murphy, ce serait inutile ! :mrgreen: )

D'une part. D'autre part :
On imagine toujours à partir de ce que l'on connaît, et plus particulièrement de ce que l'on aime, ce qui nous parle, nous touche, etc. Et navré de dire ça, mais les scénaristes ne sont pas forcément des êtres extraordinaires navigant dans des sphères autres que la notre. Il leur arrive d'aimer ce que le reste de la population, massivement, se met à aimer. Est-ce mal ? Répréhensible ? Nourrir un intérêt pour ce qui marche à la même époque n'est pas obligatoirement la marque de l'opportunisme. C'est peut-être juste la marque d'un scénariste qui sort parfois de chez lui ! :p

Par ailleurs, l'inspiration est incontrôlable… Le déclic ne vient jamais tout seul en étant provoqué par je ne sais quelle intervention du Divin. Il faut toujours un élément… déclencheur (comme son nom l'indique) appartenant forcément au vécu. Et cet élément a plus de chances de venir du vécu immédiat, autrement dit de ce qui compose notre environnement quotidien. Si le comics est sur le devant de la scène, à une époque donnée, il y a donc d'autant plus de chances qu'à cette époque donnée les scénaristes qui peuplent ce monde soient amenés à "jauger" le genre par eux-mêmes, volontairement ou non (puisque logiquement ce genre d'exercice est devenu pour eux une seconde nature, ils n'auront que peu de choix de s'en empêcher). Ce qui peut leur provoquer déclics en tous genres, peut-être même malgré eux. Etre séduit par une idée qui leur apparaît à la vision d'un film de superhéros, etc. Autrement dit, dès lors qu'un phénomène se crée autour d'une chose, autour d'une œuvre, il y a peu de chances pour que, en tant que scénariste sortant un peu de chez toi, tu passes à côté ou que tu y échappes… Ce qui précède a toujours une influence sur toi (thématique centrale de la série, LOL! ;) ).

C'est comme ça que des courants se créent (comme en peinture d'ailleurs, qui n'échappe pas à la règle de ce point de vue là) : chaque "artiste" ajoutant sa touche personnelle, mais poursuivant sur la lancée de ce qui l'a précédé (= inspiré, consciemment ou non, volontairement ou non).
C'est comme ça aussi que des cultures différentes (en matière d'audiovisuel comme de tout autre chose) se sont créées d'un pays à l'autre. Evoluant en vase quasi-clos, chaque culture a développé ses "préférences" et ses "originalités", bref ses spécificités, en fonction de ses propres "tracés". {c'est marrant d'ailleurs, tout cela rejoint complètement la question de l'Evolution, où il est avant tout question de "tracés", par mutations successives. Avec différentes espèces ayant vu le jour selon les continents… ;) }
D'une certaine manière, refuser les variations et autres presque-plagiats partiels, c'est aussi refuser à une culture sa capacité à s'exprimer et se manifester. "Heroes" appartient à la culture américaine (bientôt mondiale…) et en est un très bon révélateur (à plus d'un niveau).

Bref, tout ça pour dire que la vraie originalité, je n'y crois pas. Ça n'a jamais existé, n'existe pas, et n'existera jamais. Tout le monde est inspiré de quelqu'un (ou quelque chose). Que ce quelqu'un (ou quelque chose) appartienne à la culture de masse ou soit beaucoup plus en marge et confidentiel. Je ne suis pas sûre que cela soit quelque chose qui se décide ou se choisisse de toute façon. L'inspiration vient de là où elle vient au moment où elle vient, et ça ne se décide pas. C'est avant tout une question de "ce qui nous touche" ou non…
Et si ça ne se contrôle pas, alors il n'est pas dit que ce soit forcément l'opportunisme qui ait guidé tel ou tel intérêt pour tel ou tel sujet (au terme d'intensives séances de brainstorming et d'étude de ce qui marche et ne marche pas). Il y a une raison pour laquelle le genre du superhéros est aussi présent au jour d'aujourd'hui : il parle à son auditoire (dont les scénaristes/réalisateurs font eux aussi partie, au même titre que tout le monde).

En revanche, là où on peut être sûr que l'opportunisme est à l'origine d'un projet, c'est lorsque celui cherche coûte que coûte à se démarquer, à être original, juste pour la gloire d'être spécial…
La dictature de l'originalité est un tue-culture. Que l'on trouve ladite culture pauvre ou non, ça n'en demeure pas moins un tue-culture. Juste l'expression d'une mentalité (et non plus d'une culture) consumériste à souhait et en tout point dégénérée…
Mais les mentalités évoluent aussi en fonction de leurs tracés respectifs, propres eux aussi à telle ou telle société, donc bon…

Toujours est-il que le procès du manque d'originalité restera toujours quoi qu'il arrive un faux procès sans valeur.

Tonnerre de Brest a écrit:Héroes est donc une série opportuniste, dans la veine des multiples variations sur Superman, en série ou en film, où, dans un monde en proie à l'entropie, à l'insaisissable, l'inconnu, les super-héros deviennent des Sauveurs.
Sauf que, selon moi, le constat de la série est justement de dire que nous sommes tous, à notre modeste niveau, potentiellement des super-héros… Et donc qu'il n'existe aucun autre Sauveur que nous-mêmeS (avec un "s" pour bien insister sur l'aspect collectif de la citoyenneté, et notre statut de citoyens, autant de nos sociétés respectives que citoyens du monde [car "Heroes", en plus de tout ça, a fait se rassembler des héros venus directement des 4 coins du monde – et c'est pas prêt de s'arrêter là… Ce qui ne peut pas être anodin]). La responsabilité de nos vies, et inéluctablement de notre monde (comme de notre espèce, par effet ricochet) nous revient quoi qu'il arrive.
Particulièrement aujourd'hui où la question environnementale – comme je le faisais remarquer plus haut - nous est posée avec urgence… L'ère post-Bush sera peut-être l'ère de la prise de conscience environnementale et de la prise de conscience conjointe de notre appartenance à une seule et même espèce qui en est venue aujourd'hui, très bêtement, à œuvrer contre elle-même et contre ses intérêts pour défendre des "sous-intérêts" individualistes… Un combat idéologique suffisamment gigantesque/global/grandiose/honorifique pour mettre au placard celui de la guerre contre le terrorisme, et instituer de nouveaux héros modernes…
{Al Gore l'avait lui-même très bien compris : pour vendre son combat contre le réchauffement de la planète, il fallait évidemment le vendre comme une alternative à la guerre contre le terrorisme… Une autre guerre, de grande ampleur, menée fièrement par une Amérique modèle, sauveuse et victorieuse… ;) }

On verra ce que les USA nous réservent dans les années à venir. Peut-être l'avenir de "Heroes" servira-t-il de révélateur à un tel changement de tendance, si celui-ci est prêt à s'opérer dans la réalité… En tout cas, c'est comme ça, très largement, que je lis la série, en essayant un peu de me projeter dans son propos global à la lumière des éléments déjà mis en place à ce stade…
"Heroes", ou l'avènement des citoyens du monde ! 8-)

Tonnerre de Brest a écrit:X-Men, en moins intelligent
N'ayant pas lu les comics, je me contenterai de parler de la trilogie. La seule première saison de "Heroes", selon moi, enterre de très loin la trilogie X-Men. "Heroes" a quand même une autre envergure et une intelligence bien plus étendue (dont on n'a vu qu'une infime partie à ce stade – il convient quand même de le rappeler). Mais c'est mon avis personnel ! ;)

Tonnerre de Brest a écrit:Mais elle ne renouvelle rien, aucun concept, aucun contenu.
Un connaisseur de comics pourrait-il me dire s'il a déjà lu ou entendu parler d'un récit de super-héroes dans lequel c'est un fan de comics qui se retrouve à être le héros d'un comics live grandeur nature… Il y a une mise en abyme dans "Heroes" qui dépasse de loin toutes les variations que "Superman", "Batman", "Spiderman", "X-Men", "Watchmen", et autres, ont pu apporter à leur propre genre du super-héros. Parce tout simplement on ne se contente pas ici de parler de "variations" (ou en l'occurrence, et à très juste titre, d'absence de variations – puisque nous sommes en présence d'une anthologie/synthèse assumée), on a carrément changé de genre : on n'est plus dans le genre du super-héros, on est dans le genre "série TV hommage à l'univers du comics et au genre du super-héros". Il y a une complicité entendue avec le téléspectateur, et surtout un recul ludique par rapport au monde du comics, qu'on n'a jamais vu ailleurs dans aucune fiction de super-héros (pas plus au cinéma qu'à la télé – endroits pourtant privilégiés pour "utiliser" de l'extérieur le phénomène comics et l'observer avec la distance que se permet justement si intelligemment "Heroes").
"Heroes" est une pionnière (et aura beaucoup de mal à être copiée, pour cette raison, sans que la copie ne retombe directement dans la case "vulgaire variation sans intérêt autour du genre du super-héros" à la "Mutant X").

Toute l'originalité de la série vient en effet de son personnage principal (officieux) : Hiro Nakamura, emblématique de la série. A moins de reprendre la même idée et copier ce personnage, personne ne pourra JAMAIS faire un "Heroes bis" (à moins de le faire sur un autre domaine que celui des superhéros et des comics books). Preuve que cette série est originale (si tant est qu'on puisse être original) puisque, a contrario, "Superman" ou "X-men" sont copiables à l'infini (et l'ont été à l'infini, comme on le sait). "Heroes" n'est pas un concept basique déclinable à l'infini. Il n'y a, et n'y aura jamais, qu'une seule série comme "Heroes". Parce que la distance prise avec l'univers du comics est non seulement au cœur du "concept", du procédé et de l'histoire, mais aussi au cœur du propos de la série ! Tim Kring a adopté, pour ce genre qu'il a toujours regardé de très loin (comme un vrai néophyte), un angle de vue très original parce que scrutateur et, mine de rien, assez analytique…

Tonnerre de Brest a écrit:Bonne formulation en effet, mais le problème est que le comic est devenu un phénomène audiovisuel carrément envahissant.
La faute aux autres. Libre à toi de faire le tri et d'écarter toutes les adaptations et créations ciné/télé qui ne présentent aucun intérêt (autre que celui de participer au phénomène, bien sûr) et n'apportent strictement rien au genre (Superman, Batman, Spiderman, X-Men, Hulk, Hellboy, Blade, Les 4 Fantastiques, Elektra, Daredevil, Catwoman – et j'en oublie sans doute - Mutant X, Smallville, etc, etc.), pour ne conserver que ceux qui présentent un angle de vue novateur ("Heroes" et… c'est tout !).
{Peut-être l'œuvre la plus proche de "Heroes" qui existe est "Les Indestructibles", des studios Pixar, mais j'en suis même pas sûr, à voir…}
:p
Les premiers ne sont rien d'autres que des re-créations live de ce qui existe déjà, sur un autre médium. Re-transpositions ratées pour la plupart, sur un médium de toute façon inadapté (le format long-métrage !). "Heroes" est, elle, une série sur le phénomène "comics" et également le phénomène "super-héros", et institue une distance entre les deux médiums – chose qu'elle est à ce jour la seule à avoir fait. En conséquence, "Heroes" parle de totalement autre chose que les daubes susnommées (qu'elles soient signées Raimi, Singer, Del Toro, ou Mme Michu). Sa portée n'en est que plus large, puisqu'elle reprend tous les motifs propres aux comics de super-héros pour les emmener beaucoup plus loin, vers des considérations autres.


J'aurais même envie de prendre le contre-pied de ton reproche en fait : n'est-ce pas parce que justement nous croulons depuis quelque temps sous les adaptations de comics (toutes plus insignifiantes les unes que les autres [si ce n'est sur le plan culturel, du simple fait de leur existence]) que la vision de "Heroes" aujourd'hui s'impose ? :?:
Ce phénomène cache-t-il, comme tu dis, un problème de créativité à Hollywood ou bien est-il révélateur aussi d'un phénomène social bien plus large ? Genre : une crise identitaire générationnelle, ou encore une crise de positionnement mondial… {Dans ce qui est à la fois la fin de l'ère Bush/post-11 Septembre, et, parallèlement, la continuation de l'ère "A la Recherche de la Nouvelle Star" ("American Idol")…}

La panne d'inspiration scénaristique peut en effet (même si j'en doute – puisque l'originalité n'a jamais existé à Hollywood selon moi) expliquer le problème à la base, le problème de l'offre : expliquer pourquoi les scénaristes ne savent plus faire autre chose que des super-héros à tours de bras. Mais elle n'explique pas de toute façon l'autre part du problème, celle de la demande : pourquoi ces films marchent-ils ? Pourquoi marchent-ils AUJOURD'HUI ? Il doit bien y avoir une raison particulière à cela, quelque chose qui ferait peut-être écho à notre inconscient collectif présent. Quelque chose qui nous parle forcément, au moins intimement… Un truc propre à cette époque particulière ? Je ne sais pas…
Pourquoi en effet ce besoin de s'en remettre à un sauveur ? Pourquoi aussi, parallèlement, ce désir d'être quelqu'un de spécial, voire d'important ? (notion très présente dans le pilote de la série)
Là-dessus, et de toutes les adaptations de comics, seule "Heroes" pourra possiblement apporter un début de réponse, à l'intérieur même de sa fiction, puisqu'elle est la seule à incorporer l'importance des super-héros de fiction dans sa propre fiction… La fameuse distance et mise en abyme dont je parlais.
En cela, "Heroes" est une véritable synthèse sur ce genre bien particulier, en plus de posséder déjà, à la base, une très belle cohérence/cohésion de sujet et de propos (ce que j'apprécie toujours énormément dans une œuvre de fiction quelle qu'elle soit).

Je rajoute deux mots, là-dessus, concernant la composition de l'équipe des scénaristes, qui est aussi je pense à l'origine de cet aspect "synthèse" : synthèse à la fois du contenu des comics, et de l'impact même des comics sur leurs lecteurs. Ce que je trouve intéressant en effet, c'est que l'équipe de "Heroes" est composée à la fois de fans/connaisseurs de l'univers des comics (la plupart des bras droits de Kring) et d'un regard complètement extérieur au "phénomène", qu'il convient bien d'appeler ainsi (le créateur Tim Kring).

=> Lui, Kring, les comics c'est pas du tout sa passion ! Sa passion à lui, ce serait plutôt (d'après ce que j'ai compris), "l'étude" des figures bibliques et mythologiques, des mythes, des contes, etc. Bref des archétypes héroïques qu'on retrouve d'une culture à l'autre, ou qui sont propres à telle ou telle. Le côté "inspiration" donc (et éducation aussi) dont je parlais plus haut ! ;) Plus simplement : le côté "héros".
En ce sens, l'étude des figures propres au comics rejoint parfaitement ce genre de préoccupation et en offre même une prolongation incontournable à l'heure actuelle (étant donné justement l'essor du genre du "super-héros" dans notre culture actuelle, qui devrait logiquement nous interpeller d'une manière ou d'une autre).

"Heroes" est une synthèse parfaite donc : reproduction du contenu, accompagnée d'une réflexion sur le contenant et son interaction avec le "lecteur".

Ainsi, on se retrouve face à une série remplie de personnages aux noms bibliques (Eden, Isaac, Peter, Noah) {comme tant d'autres récemment : de "The X-Files" à "Lost" en passant par "The Matrix"}, où il est questions de légendes fondatrices (Kaito qui racontait à son fils Hiro les aventures du grand Kensei – qu'il va apparemment, à en croire l'introduction du Volume 2, rencontrer en live l'année prochaine !!!!), puis on cite à tours de bras les héros des comics divers, mais aussi les héros d'autres types de mythologies modernes, telles Star Trek, Star Wars, etc.

Au passage : on peut déjà avoir un petit aperçu de cette importance dans "Heroes" du mythe, et du récit mythologique – sous toutes ses formes – en allant sur un des sites officiels de la série :
http://yamagatofellowship.org/index.shtml
Celui-ci prépare de toute évidence une des prochaines storylines de la saison 2, qui devrait nous familiariser un peu plus avec le personnage de Takezo Kensei (storyline qui devrait être assez dense d'un point de vue thématique et rejoindre pas mal des points que je souligne ici ;) ).

Voici le message d'introduction du site (non spoiler), qui en dit très long sur la synthèse "super-héros/mythes/Histoire/héros ordinaires" + "inspiration" si chère à cette excellente série :
Kaito Nakamura a écrit:For as long as history has been recorded, it has recorded the story of heroes. Whether it be the myths of those possessing supernatural abilities or the legends of the ordinary finding the extraordinary inside themselves, common strings can be found through all of these tales. The Yamagato Fellowship is dedicated to the study of these heroes - to highlight their courage, their passion and their intellect. By looking into the past, it is our hope that we will all be better equipped to identify and inspire the heroes walking among us today.


Tonnerre de Brest a écrit:Dans cette déferlante de la thématique du surhomme, on serait plutôt en droit d'attendre des créateurs un point de vue original, en contre-point. De la qualité, de l'étonnement, du courage, c'est ce que nous demandons, non ?
Je ne comprends pas ! Tu reproches à "Heroes" de copier ses prédécesseurs et reproduire ce qui existe déjà. En l'occurrence X-Men. Tout ça pour réclamer à ce qu'elle s'aventure sur de nouvelles contrées afin de… reproduire ce qui existe déjà. En l'occurrence, l'exemple que tu cites, "A la poursuite des Slans", qui existe déjà donc.

Je suis désolé, mais le point de vue adopté par Kring est éminemment original. Mais qu'importe : original ou non, Tim Kring raconte ce qu'il veux, il raconte l'histoire qu'il a envie de raconter, en fonction de SES centres d'intérêt, avec SES perspectives, SES moteurs personnels, ce qu'il a envie d'y mettre et ce qu'il a envie d'en faire, avec LE propos qu'il lui plaira de développer. Je préfère de très loin ça à une œuvre recherchant absolument l'originalité, à se démarquer, ou autre, quitte à ce que ce soit purement artificiel et calculé. C'est toi-même qui parles, trois lignes plus haut, de "sincérité dans le propos". Faudrait savoir !!! "Heroes" me paraît, sur ce point, irréprochable. :?

Pourquoi vouloir absolument chercher à se démarquer ? Darwinisme social ou effet culture Nouvelle Star dans lequel il est devenu impératif de se démarquer pour prouver qu'on est doté de personnalité ??? Mystère... ( ;) )

Tonnerre de Brest a écrit:Pourtant la littérature de S.F. a décliné cette thématique avec des réflexions sur les conséquences de l'avènement de la nouvelle phase de l'évolution, la coexistence non-pacifique, la tentation du fascisme, le racisme envers la nouvelle espèce, la peur, l'espérance. Autant d'idées qui pourraient donner lieu à une série géniale sur le sujet, quelque chose de différent.
Si la SF l'a déjà fait, pourquoi se faire chier à le refaire ?! Moi je veux une série qui cherche à se démarquer (LOL! :p ), pas une série qui refait en moins bien ce qui a déjà été fait par d'autres sur des médiums, et sous des genres, nettement plus appropriés !
"Différent", en effet, c'est bien le mot, tu fais bien de le souligner. Ni "meilleur", ni "plus intéressant", "plus ceci", "plus cela", non… juste "différent". C'est pour cela que ton argumentaire ne rime à rien. Les surgelés, ça ne s'achète pas au rayon des fruits et légumes ! :p Mais je n'y reviendrai pas.
L'autre mot clé ici, c'est "S.F." (et je te renvoie à ma remarque plus haut : si ces thématiques découlent plus naturellement d'œuvres à base d'extraterrestres ou de description d'un monde futur [= la SF], ce n'est pas un hasard…)
Tim Kring a choisi d'ancrer sa série dans la réalité et d'en faire une série fantastique et non de SF. Cela aurait été quelque chose de complètement différent en version SF. Oui, de différent. D'une autre nature même… :? Ça aurait été une autre série, qui ne se serait certainement pas appelée "Heroes". On en revient encore à ça…

Mais tu conviendras sans doute avec moi que lors de son épisode S.F. justement ("Five Years Gone", celui où Hiro est dans le futur), toutes les thématiques que tu cites apparaissent au moins partiellement. Ces thématiques ne sont d'ailleurs pas plus originales, et pas moins rabâchées que d'autres. Tout ça a déjà été vu et revu 100 000 fois également, avec plus ou moins de talent. Y compris dans les X-Men, dont l'environnement appartient, lui, à la SF...

Peut-être que "Heroes" y viendra si le moment y est opportun [et il ne l'est pas actuellement, particulièrement pas en début de série]. Et si la série y vient, ce sera sans doute par le biais de l'anticipation sur le futur – au risque sinon de sombrer irrémédiablement dans la SF. Ce qui serait une très mauvaise chose pour elle...
Pour l'instant, la population n'est pas au courant de l'existence de ces "héros" (contrairement à X-Men, ou encore… "Five Years Gone"). Et c'est TANT MIEUX !!!
De la même manière que dans XF, la population n'était pas au courant de l'existence des colons et de leurs plans d'invasion. Et c'était TANT MIEUX !!!

Tout ça reviendrait effectivement à réclamer à XF de nous montrer la colonisation, puis le monde sous l'occupation des colons, etc. Et lui reprocher de ne pas être allée dans cette voie…
"Heroes" est de ce point de vue à l'image de "X-Files" : une série fantastique et non pas de SF. Chacun son truc. Vas-t-en reprocher à X-Files de ne pas avoir su nous montrer la colonisation et la coexistence consécutive (connue par les humains) des humains avec les colons… Ça n'a pas de sens.
"X-Files" est "X-Files". "Heroes" est "Heroes". Point. C'est pas nous qui choisissons !

Tonnerre de Brest a écrit:X-Files avait pourtant déblayé le terrain avec la mythologie des Hybrides. Et la saison 9, la plus décriée, en se centrant notamment sur les Supers-Soldats, créaient des enjeux autrement plus intéressants. Bien sûr on me rétorquera qu'il est là question de complot, de manipulations génétiques, de croisements, de regénération d'ADN extraterrestre... Donc rien à voir avec le super-héros.
Exemple très révélateur. Non, en effet, XF n'a que peu de choses à voir avec le genre des su
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Volume 3 - Heroes : Origins

Messagepar zerosum sur 03 Sep 2007 17:00

{Bon, je vous embête encore deux petites minutes et je me sauve illico pour aller me terrer de honte à l'abris des regards…}

LES "PRODUITS DERIVES" DE LA SERIE
Tonnerre de Brest a écrit:Le medium qui approfondit l'histoire n'est pas une nouveauté: de nombreuses séries à succès ont été transposé en livres (X-Files en tête) ou en BD.

Rien à voir : les livres XF ou les BD XF n'étaient rien de plus que des produits dérivés évoluant complètement en marge et indépendamment de la série, et vice-versa. Idem pour les jeux vidéo XF, qui se sont contentés de jouer avec les personnages et éléments de la série sans jamais n'avoir aucune influence/incidence/conséquence/répercussion sur la série en elle-même. Seul le film FTF a fonctionné dans ce sens.
=> Le type de prolongation "en temps réel" (comme dit si bien Guigui) que propose "Heroes" par le biais de ces mini-comics reste quelque chose de TRES RARE et qu'on ne pourra rapprocher (à ma connaissance) que de ce qu'ont entrepris les frères Wachovski avec "Matrix Reloaded"-"Animatrix"-"Enter The Matrix"-"Matrix Revolutions" : pour avoir un vision complète du "film", sans trou ni heurts, il faut jongler d'un médium à l'autre. Car "Reloaded" a été écrit simultanément à "Enter The Matrix" et des "trous" on été spécifiquement et intentionnellement aménagés dans son récit afin de pouvoir y laisser se greffer le jeu et quelques animatrix. [XF n'a qu'un seul trou de ce type : celui qui sépare "The End" et "The Beginning", comblé par FTF donc...] Ainsi certains éléments de "Reloaded", anecdotiques pour certains mais plus déterminants pour d'autres, ne sont explicités que dans les Animatrix ou dans le jeu "Enter The Matrix" (qui ne tient par ailleurs pas la route seul, puisqu'il n'est conçu que comme un complément partiel sans vie ni cohésion propre).

C'est la même chose pour les mini-comics online de "Heroes" : ils n'ont aucun intérêt (et aucun sens) sans la vision conjointe de la série. Et réciproquement la série gagne en informations immédiates. Comme pour "Reloaded", certains trous ont été aménagés dans les épisodes de la série pour servir de tremplin aux comics.
Petits exemples de "collusions" série-comics : le personnage d'Hana Gitelman (wireless), qui sort de nulle part dans la série, a été introduit en amont via les comics. Sa disparition presque aussitôt est inexpliquée dans la série. Elle l'est dans les comics. Idem, le don de Linderman n'était pas une surprise pour les lecteurs des comics (et c'était autrement plus bandant de l'apprendre par les comics - au terme de 6 semaines feuilletonnantes d'interrogations ludiques, que par le "choc" de l'image via une séquence tombée comme un cheveu sur la soupe, sans préliminaire – voilà comment on récompense les vrais fans ! 8-) ). Le comics sur le Hiro du futur était quant à lui une bonne introduction à l'épisode "5 Years Gone", etc.
Les grues en papier de Hiro pour Charlie sont quant à eux un clin d'œil direct à un des tous premiers comics (et éclairent la compréhension de celui-ci pour ceux qui ne seraient pas familier avec cette croyance…)

De la même manière, les comics sont l'occasion de lever le voile sur le background de certains personnages (un peu comme l'opus "Second Renaissance" des Animatrix qui explicitait les circonstances qui avaient mené à la création de la Matrice). Et bien sûr, ces comics sont considérés comme étant canon (= officiellement valables, significatifs et à intégrer impérativement dans le plan d'ensemble). Ils sont en outre écrits, pour leur plus grande part, par les scénaristes même de la série. A l'inverse de la mythologie alternative des comics XF, par exemple, qui n'a jamais eu plus de valeur officielle que n'importe quelle fan-fiction trouvée aux hasards du Net, et qui a été imaginée par un élément extérieur au staff de scénaristes...

=> "Heroes" est à voir ABSOLUMENT accompagnée des comics. C'est inscrit dans la notice ! ;)

Tonnerre de Brest a écrit:Concernant Heroes, c'est le serpent qui se mord la queue. La série s'inspire des comics, devient un phénomène, et crée donc du comic portant sa franchise. Business.
Les comics ont commencé à être diffusés dès le premier épisode de la série. Ils n'ont pas attendu que le phénomène soit là pour surfer dessus : ils ont eux-mêmes participé au phénomène ! ;) Ils en font partie.
Business peut-être, il n'empêche que le dispositif est très intéressant, potentiellement très porteur, et encore trop rarement exploité à mon goût. Rangeons également "Enter The Matrix" et "Animatrix" dans la case pur business, dans ces cas là, ça ne me dérange pas. Pourtant, ils peuvent être considérés comme un juste retour des choses : rendre à César ce qui appartient à César. Les frères Wachovski n'ont jamais caché qu'ils avaient été très influencés par la culture des jeux vidéo et surtout par l'animation japonaise pour "The Matrix". "The Animatrix" était aussi l'occasion de "rendre hommage" et vulgariser quelque peu cet univers encore très méconnu en Occident.
Ici c'est la même chose : on fait un clin d'oeil à l'univers des comics dont se réclame la série. Un choix somme toute assez logique.
Par ailleurs, les comics ont toujours été diffusés gratuitement. Donc non, pas tant business, si ce n'est leur participation au buzz. Mais il n'y a rien de répréhensible là-dedans. A titre de comparaison, le jeu XF n'avait pas d'autre but que de sortir en même temps que le film pour alimenter le buzz. Ah… et il était payant aussi ! Pour les comics d'Heroes ça coûte rien, excepté de voir un dessin mettant en scène une Nissan en première page… C'est tout ce que ça coûte ! Pas cher payé pour poursuivre le plaisir après chaque épisode (y compris pendant les périodes d'interruption de diff et les longues coupures d'entre-saisons ! 8-) )

On en reparlera lorsque le jeu vidéo préparé par Ubisoft sortira (normalement en 2008). Mais il est plus que probable que je rappelle à la mémoire l'ignominie mercantile qu'a pu être le jeu XF, celui de Buffy, celui d'Alias, celui de Lost, etc.

Tonnerre de Brest a écrit:Bientôt des spin-off de la série sur votre petit écran si ça continue.
Quelle ignominie là encore n'est-ce pas ! Encore le coup de la méchante sorcière Mercantile. Heureusement qu'en leurs temps les vrais créateurs sincères tels que Carter ou Whedon ne se sont pas laissés aller à ce genre de pratiques douteuses, avilissantes et déplorables. Un peu plus et Carter nous aurait sorti un spin-off sur les Lone Gunmen, ou Whedon un spin-off sur Angel et compagnie…

Tonnerre de Brest a écrit:Tu me l'enlèves carrément de la bouche !!! J'ai trouvé aussi que le procédé faisait star'ac.

Je vous trouve un peu vite réfractaires tous. Y a quand même une différence de taille avec les star'ac : on parle là de personnages de fiction, >>> pas des vrais gens ! <<< Ça pourrait à la limite interroger s'il s'agissait de voter pour virer ou tuer un personnage, mais même pas. C'est pour en choisir un !
Perso j'attends de voir ça, et je trouve ça relativement culotté parce qu'après, ce sont les scénaristes qui vont devoir s'ajuster et bien manœuvrer par derrière... Un défi supplémentaire donc, même si ça laisse songeur quant à la portée créative de la chose…
Mais puisqu'il paraît qu'il faut impérativement se démarquer pour avoir le droit d'exister, pourquoi se plaindre ? "Heroes : Origins" sera une première mondiale dans le genre ! Jamais on n'a demandé au public de choisir les personnages de sa série. Ce sera désormais chose faite ! ;) Et nul doute que ÇA, ce sera copié par d'autres très vite…

En attendant, soyons honnêtes : on sera les premiers à pester devant le fait que seuls les américains pourront voter, et pas nous ! ;) :p J'appelle ça de la jalousie !!! :mrgreen:


Ceci dit, plus j'y repense et plus je trouve l'idée de ce spin-off intéractif séduisante dans le cadre d'une telle série (où il est effectivement question d'évolution) :
A moins d'adhérer aux conceptions créationnistes du monde, on est d'accord sur le fait qu'il n'y a pas de "main invisible" qui guide l'évolution des espèces. Pas de "scénariste" en d'autres termes. Pas de plan d'ensemble, les mutations se font le long du chemin, et sont conservées ou non…
Le travail de scénariste de série (particulièrement sur les séries à mythologies) est souvent à cheval entre les deux : on planifie sur long terme, mais on se laisse quand même guider par les personnages et les évènements, qui en viennent parfois à "prendre vie" et dicter leurs histoires… ("Carnivàle" était comme ça, "Heroes" aussi…) Parfois ce sont aussi les accidents de parcours exogènes qui font évoluer l'histoire (exemple : David Duchovny a envie de prendre l'air, et tout d'un coup X-Files change de visage, idem pour la grossesse de Gillian Anderson, etc.)
Toujours un alliage de planification rigoureuse, d'accidents de parcours, et d'imprévus spontanés. Des mutations, qui viennent dévier la voie toute tracée. ;)
Le nouveau venu issu du spin-off agira un peu en ce sens : tout comme notre venue dans ce monde est aléatoire et vient chambouler d'une manière ou d'une autre l'équilibre en place (particulièrement pour les plus "héroïques" d'entre nous, mais pas seulement), l'arrivée de ce nouveau venu viendra forcément interférer avec le cours initialement prévu de la série. Ce personnage aura à s'intégrer dans le "groupe" et interagir avec ses congénères, pour créer un nouvel équilibre dont il fera désormais partie… Le groupe (= l'univers de "Heroes") devra quant à lui s'adapter à cette nouvelle mutation inattendue.
Chacun, quel qu'il soit, a sa pierre à apporter à l'édifice, paraît-il. Aux scénaristes maintenant de nous montrer, images à l'appui, que ce chacun peut vraiment être n'importe qui, choisi au hasard…

J'aime beaucoup l'idée en fait. Encore plus maintenant que je sais que le premier épisode d' "Heroes : Origins" a été confié à Kevin Smith… Si les scénaristes du show pouvaient inviter des réalisateurs/scénaristes extérieurs et leur donner entière carte blanche, ça irait encore plus dans le sens du "imprévu/spontané" que j'évoque au-dessus. On verrait aussi diverses touches s'exprimer (car Kevin Smith a une "touche" très particulière), et on pourrait voir comment ces touches peuvent éventuellement influer sur le propre style de la série du fait de l'introduction d'un de ces personnages.
Et s'ils pouvaient faire appel à des réalisateurs-scénaristes d'horizons divers (pas forcément américains), ça serait encore mieux.
Il y a vraiment moyen de faire des trucs passionnants avec cette mini-série spin-off en tout cas, si c'est bien pensé. A suivre…


Voilà, c'est tout !!! Je sais plus trop quoi dire maintenant, alors c'est avec grand regret que je vais devoir m'arrêter là... j'essaierai de faire un peu plus long la prochaine fois, c'est promis, mais là j'avais pas grand chose à dire, donc bon... ;)
Bon OK, je sors :arrow:
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