[quote="tonnerre de brest"]Le film est long certes, mais c'est une tendance lourde chez Scorcese, surtout ces derniers temps. Cela ne l'empêche pas d'être suffisament bien rythmé pour ne pas générer d'ennui.
Le procès reconstitue l'extraordinaire effort que doit accomplir Hughes pour surmonter ses T.O.C. et ses phobies. La longueur du passage rend compte de la pénibilité dans lequel le personnage se trouve: il doit s'affronter lui-même pour affronter le jury et c'est un double combat qui se joue. J'aimerais visionner les films de ces audiences comme l'ont fait Scorcese et Di Caprio, sachant désormais dans quel contexte de corruption ces évènements se sont déroulés. Corruption du jury lui-même. Mais aussi corruption organique de Hughes, l'esprit agressé par la maladie.
De plus, cette scène est assez jubilatoire, vue la joute verbale qui oppose Hughes à la commission, avec humour et finesse. Enfin, cette scène est alternée avec l'envol de l' "Hercule", l'hydravion géant.[/quote]
C'est vrai que je n'avais pas vu ça sous cet angle-là (il faut dire aussi que j'étais malade quand j'étais allée voir le film, donc j'étais pas dans de super conditions), et je comprends mieux la raison de la longueur de cette scène. Mais je pense quand même que Scorsese aurait quand même pu réduire la scène et jouer un poil plus sur les sensations de Hughes à ce moment-là, sans pour autant que ça devienne caricatural.
Scorcese la contourne ainsi afin de ne pas la rendre trop lourde au point de vue du spectacle, mais plonge dans son coeur pour faire ressentir la pesanteur ressenti par le héros. Pesanteur qui décroît et se conclue dans l'envolée symbolique de l'avion.
[quote]Le film ne porte pas que sur la passion de Howard Hughes pour l'aviation, il traite surtout à mon sens du combat d'un homme contre l'emprise d'une invasion mentale qui l'accable. L'aviation le sauve, car s'arracher à la terre c'est aussi s'arracher à un principe de réalité qui est le terrassement permanent par la maladie.[/quote]
Oui je le pense aussi, c'est évident même

[quote][u]Le désir de l'aviation[/u]: battre les records, comprendre les techniques, innover dans l'aérodynamisme, le transport transatlantique.[/quote]
Pour prouver aux gens qui ne le comprennent pas qu'il existe an tant que personne, en tant que génie, et non plus en tant que fou, mais surtout, pour se le prouver à lui-même.
Il veut être capable de réaliser ses rêves d'enfant, c'est un moyen d'échapper à la maladie. En réalisant ses rêves, il garde un pied dans le monde de l'enfance, car il a ce désir depuis tout petit, donc en continuant à vouloir réaliser ces et ses rêves, il n'est pas complètement emprisonné par la rationnalité de l'adulte qui lui se dira "ce n'est qu'un rêve d'enfant, personne ne réalise ses rêves d'enfant comme être beau, riche et célèbre. C'est impossible". Hughes, lui, continue à espérer, et pendant la première partie du film, c'est cet espoir qui lui fait garder un certain équilibre mental.
A la fin, une fois qu'il a réalisé tous ses rêves, il ne pense plus avoir aucun but dans la vie, d'où son enfermement définitif. Il n'a plus aucun échappatoire, plus de but, et reste seul avec sa maladie.
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Mais tous ces désirs se mélangent dans le cinéma, avec les deux films qu'il réalise (non ceux qu'il produit).
[/quote]
Justement, je vais faire ma chiante, mais même si le film n'était pas censé traiter sur le cinéma, je trouve que le thème n'a pas été assez abordé (à peine évoqué, en fait), ni même le thème de l'aviation d'ailleurs (par rapport au titre). Je comprends qu'un film uniquement sur les avions aurait été un peu lourd, mais je pense quand même que le titre n'a pas été bien choisi. La 2è partie du film a du comporter à tout casser 10min sur l'aviation.
En fait non, ce n'est pas que le titre a mal été choisi, c'est plutôt que le film n'est pas équilibré. Mais justement, je pense que c'est voulu: au début, Hughes garde un équimibre mental grâce à l'aviation, et après, ses TOCs s'amplifient, donc le facteur d'équilibre disparait peu à peu. Bref, Scorsese a peut-être essayé de nous montrer de manière imagée la décadence de Hughes.
Bref, c'est très bizarre, j'arrive pas vraiment à cerner le film, ni à dire si je l'ai aimé ou pas. J'arrive pas à voir si certains trucs sont voulus ou pas en fait. C'est pour ça que j'efface pas mes premières idées de ce paragraphe (en même temps je réfléchis tout haut). Vraiment bizarre!!
[quote]Ecoutez bien alors le ton de la voix qui répète la phrase en boucle: " c'est là qu'est l'avenir". Au lieu d'être une répétition forcée, elle devient peu à peu un acte volontaire, comme si Hughes essayait de se convaincre.[/quote]
Oui j'avais remarqué aussi, j'avais d'ailleurs trouvé ça mauvais. Déjà, il le dit trop, et ça devient volontaire. Ils auraient du couper (oui je sais, je tiens à en couper, des scènes

) à la moitié de ses "c'est là qu'est l'avenir" (en plus ils ont traduit comme des manches, dans la VO c'est "it's the way of future", ce qui ne veut pas dire la même chose!), ça l'aurait rendu plus crédible. Et au lieu de s'arrêter doucement, j'aurais trouvé mieux: "c'est la voie de l'avenir" etc... 6 fois pas plus (et prononcé de manière compulsive), le début de la phrase prononcée toujours de manière compulsive une 7è fois, puis arrêt brutal au milieu fin du film. Ce qui signifierait qu'il a fini ses actes de désir (aviation, film, femmes), mais le côté inachevé de la phrase signifierait que malgré tout, il n'a pas fini sa vie (même s'il la finira dans une chambre, il n'est physiquement pas mort). Bref, je sais pas si vous m'avez comprise, j'ai une logique bizarre moi (si on peut appeler ça une logique ^^).
[quote]Par définition, le décalage qu'entraînent les phobies avec l'entourage crée une sensation de honte. Celui qui est atteint de T.O.C. souffre qu'on le remarque (cf l'impossiblité de Hughesà donner des serviettes à un quidam et la souffrance qu'il endure à être vu et pris pour un excentrique, voire un fou). Di Caprio interprète avec justesse cette retenue constante, ce mensonge du paraître, et les moments où "ça ne passe pas".
La scène où Jude Law (Errol Flynn) perturbe l'ordre méticuleux des petits pois est un moment de cinéma cristallin. Un champ-contrechamp exprime visuellement l'angoisse de Hughes, tandis que la parole, les bavardages incessants qui l'entourent, expriment l'incompréhension des autres de cette angoisse invisible, ridicule mais insurmontable. Il est seul dans la foule avec sa peur.
Effectivement il y a de nombreuses scènes de ce genre, qui vont en se densifiant, puisque Hughes se crée un entourage qui est dans la confidence et monte la garde autour de lui. Comme un carré de garde. Comme un cadre.[/quote]
Je termine mon post par mon accord avec ton paragraphe. Rien à rajouter, quoi

Before I'd lay down to rest I'd throw away everything to live.
(A.F.I)