"MUNICH" de Steven Spielberg

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Modérateur: Amrith Zêta

"MUNICH" de Steven Spielberg

Messagepar tonnerre de brest [dc] sur 19 Jan 2006 20:04

[size=200][b]MUNICH[/b][/size]

[img]http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/36/15/41/18464333.jpg[/img]

Un film de [b]Steven Spielberg[/b]

Avec:

Avner: Eric Bana
Steve: Daniel Craig
Carl: Ciaran Hinds
Robert: Mathieu Kassovitz
Hans: Hanns Zischler
Daphna: Ayelet Zurer
Ephraim: Geoffrey Rush
Golda Meir: Lynn Cohen

[b]Résumé:[/b]

5 septembre 1972. Ce sont les jeux olympiques de Munich. Le groupe palestinien "septembre noir" prend en otage les athlètes israëliens, réclamant la libération de prisonniers palestiniens. Aucune négociation n'est acceptée. Les évènements tournent au carnage, et les 11 athlètes sont tués.
Golda Meir, premier ministre israëlienne, entreprend avec son gouvernement et les services secrets du mossad, l'opération "Colère de dieu".
A la tête de 4 hommes, Avner, un agent du mossad, va devoir éliminer sans procès, par tous les moyens, 11 palestiniens répartis dans le monde, et qui ont participé à la tragédie de Munich.
Mais les exécutions se succédant et les pressions du mossad se faisant croissantes, les certitudes font place aux doutes sur le bien fondé et les justifications de l'opération.


[b]Le film de tous les dangers pour Spielberg:[/b]

Depuis longtemps l'oeuvre de Spielberg est hanté par l'Histoire qu'il faut absolument nommer (l'Holocauste avec "Shindler's List", la traite génocidaire des africains dans "Amistad", l'horreur du débarquement avec" Saving Private Ryan". Histoire à laquelle il fait appel même dans ses films de S.F, revenant toujours aux idéaux bafoués de la constitution américaine ("La Guerre des Mondes", et surtout "Minority Report").

Toutefois, il s'attaque pour la première fois au conflit israëlo-palestinien, conflit actuel qui hélas n'en finit pas. Refusant de consulter le chef du mossad ainsi que celui du groupe septembre noir, qui s'en sont plaints, lui et ses scénaristes, Tony Kushner ("[b]Angels in america[/b]") et Eric Roth ("[b]Révélations[/b]"), ont fait leurs propres recherches, sans céder aux compromis, auprès des témoins directs des évènements.
Le projet même du film a valu à Spielberg des menaces graves, allant jusqu'à son élimination physique, et a suscité nombres de polémiques, s'attirant les foudres d'israëliens, de représentants de la diaspora, et des palestiniens. Il faut savoir que le mossad nie toujours l'existence de l'opération"Colère De Dieu".

Elargissant sa réflexion à la vacuité de la vengeance ("Vengeance" était le titre initial) et à son inéficacité totale comme résolution des problèmes moraux, politiques et militaires, Spielberg universalise son propos tout en ramenant les enjeux à l'impasse du Proche-Orient et à la politique de Bush qu'il voue aux gémonies à qui veut l'entendre.
Avec, on s'en doute, sa capacité extraordinaire à allier le spectaculaire à l'intime.

[img]http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/36/15/41/18462762_vign.jpg[/img]


[b]"Toutes les civilisations trouvent qu'il est necessaire de négocier des compromis avec leurs propres valeurs".[/b]

Cette phrase, prononcée par Golda Meir dans le film, est une phrase clé qui résume LA problématique de Spielberg, sous diverses variations, affichée dans ses films depuis de nombreuses années.

Le procès des esclaves africains coupable du massacre de négriers sur l' "Amistad", appelant à la guerre de sécession comme le dernier acte de la révolution américaine, la remise en cause de la présomption d'innocence dans "Minority Report", le danger de la création d'une intelligencece supérieure à celle de l'espèce humaine, qui de toute façon s'autodétruit ("I.A."), la dénonciation des guerres de colonisation dans "La Guerre des Mondes", etc...

Quelles sont les limites à partir desquelles on renie ses idéaux ? A partir de quand s'arroge-t-on le droit de tuer de sang froid au nom de la liberté ? De quelles crimes les sociétés qui se gargarisent d'avoir été et d'être civilisées sont-elles comptables ? Quelles transgressioons doit-on se permettre grâce au progrès ?

Autant de questions que cette phrase condense, qui n'avait jamais aussi clairement énoncée les réflexions de Spielberg dans un de ses films.


[img]http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/36/15/41/18462757_vign.jpg[/img]

[b]La déclaration de Spielberg:[/b]

"En voyant la réponse israélienne de Munich à travers les hommes qui furent envoyés pour venger la tragédie, on ajoute une dimension humaine à un épisode horrifique auquel on ne pense qu'en termes politiques ou militaires. En expérimentant comment la résolution implacable de ces hommes à réussir leur mission a peu à peu cédé la place à des doutes troublants sur ce qu'ils faisaient, je pense que l'on peut apprendre quelque chose d'important sur l'impasse tragique dans laquelle nous nous retrouvons aujourd'hui."

Source allo.ciné

Une interview beaucoup plus complète explicite son point de vue dans le site américain du film, le site français ne la comportant pas.

Je renvoie également au site officiel de critique cinématographique d'EpidermiQ, Mcinema.com:

http://cinema.aliceadsl.fr/fichefilm.as ... &file=http
tonnerre de brest [dc]
 

Messagepar torrance sur 19 Jan 2006 22:11

Je pense que ma review sur MCinéma parle d'elle-même... MUNICH est un grand film, où Spielberg atteint le sommet de sa maîtrise technique et narrative.
L'impact du film est bluffant : alors que pendant 2h40 on ne ressent pas de poids ou d'émotion particulière, tout se relâche quand le générique arrive. On se retrouve scié à son siège et il est difficile de laisser le film sortir de nos têtes pendant plusieurs jours après la projo.
J'attendais MUNICH avec impatience (et appréhension) et je suis sorti soufflé.
C'est tout simplement brillant, et Spielberg y atteint une maturité assez spectaculaire, ajoutant à son cinéma des choses que l'on ne lui connaissait pas.
Quoi qu'il en soit, MUNICH est à voir de toute urgence, parfait complément au docu UN JOUR EN SEPTEMBRE qui sort le même jour.
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torrance
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Appréhension et confiance

Messagepar tonnerre de brest[dc] sur 20 Jan 2006 23:57

[size=150][b]Sortie du film le 25 janvier.[/b][/size]

[b]Torrance a écrit:[/b]

[quote]Je pense que ma review sur MCinéma parle d'elle-même... MUNICH est un grand film, où Spielberg atteint le sommet de sa maîtrise technique et narrative.
[/quote]

Une review qui donne sacrément envie en tout cas. 8)
Sinon que penses-tu de ce que je dis par rapport à la citation de Golda Meir ?

[quote]J'attendais MUNICH avec impatience (et appréhension)[/quote]

C'est exactement mon sentiment, du moins ça l'a été pendant longtemps. Pour moi ce film va être une clé importante dans l'oeuvre de Spieberg, sinon du point de vue visuel (nombre de films montrent sa maëstria cinématographique), mais dans sa capacité à appréhender l'histoire de façon quasi-frontale, je veux dire par là avec un écho contemporain sur un sujet sensible à aborder.
Quand j'ai appris que Spielberg préparait ce projet, j'ai eu le sentiment qu'une part assez secrète de sa personnalité allait sortir, et le risque d'être déçu était grand (peur du manichéisme). Et en même temps une confiance intangible...
Et c'est finalement sa finesse d'esprit, sa capacité à s'engager, et sa force de réalisation, qui s'imposent.
tonnerre de brest[dc]
 

Le mépris circonstanciel du cinéma

Messagepar tonnere de brest [dc] sur 31 Jan 2006 3:43

[b]Ces polémiques qui insultent l'art...[/b]

Ceux qui s'intéressent à ce film connaissent sans doute les polémiques qui ont entouré sa sortie, notamment aux U.S.A., où Spielberg s'est bien fait insulté par quelques uns.
Ce n'est pas tant la polémique en elle-même qui me paraît intéressante, mais ce qu'elle contient comme enjeux anti-artistiques chez les contempteurs du film de Spielberg. comme une polémique dans la polémique, comme un enjeu moral qui en cache un autre.

Mais il faut illustrer malgré tout le "débat officiel".
Prenons donc le consul général d'Israël à Los Angeles, Ehud Danoch, qui s'est érigé en pourfendeur de "Munich" au nom de la vérité historique.
[b]"C'est une équation morale incorrecte", [/b]s'exclame-t-il, reprochant à Spielberg d'assimiler espions du mossad (limogé officiellement du mosssad pour pouvoir mener à bien leur mission, explique le film) et terroristes palestiniens. La scène-clé du film reflètant le propos de Spielberg est dans cette scène extraordinaire où les espions israëliens partagent la planque d'agents palestiniens à Athènes: scène qui enferme dans un même lieu clos les ennemis qui bavardent alors sur le conflit du Proche-Orient, concluant sur la violence comme ultime recours. Métaphore assez saisissante du territoire qu'Israël et les palestiniens se disputent.

Mais Ehud Danoch va plus loin: [b]"Essayer de parler du conflit (israélo-palestinien) en quelques phrases [...], c'est faire peu de cas d'un conflit qui a coûté tant de vies et tant d'années. C'est présomptueux, même si c'est Spielberg"[/b].

Le mot est laché: présomptueux.
Danoch parle uniquement politique, sans sembler se rendre compte qu'il a à faire face à une oeuvre d'art qui parle politique, et ce glissement aveugle est un véritable appel à la censure.

[b]"en quelques phrases"[/b], dit-il. Seuls les dialogues l'ont intéressé ? N'a-t-il pas remarqué combien spielberg accentuait son propos "incorrect" par un travail visuel d'une subtilité extraordinaire, rompant une certaine lenteur par l'éclatement d'une violence qui choque d'autant plus par la soudaineté de sa brutalité ? A-t-il remarqué les métaphores des couleurs blanches et rouges (le sang dans le lait, la fin de la vertu) ? A-t-il vu les antinomies entre l'action et le dialogue, et toutes les autres formes d'interférence ?
Sait-il seulement que le cinéma est un art visuel ?

Quant aux dialogues, peut-il les réduire à "quelques phrases" quand une phrase renvoit à une situation qui arrive plus d'une heure après (l'espion qui dort dans le placard) ? Quand la qualité (et non la quantité) de ces dialogues participent à une plongée dans une complexité telle qu'on a du mal à retenir les phrases tout en étant complètement immergé dans la problématique qu'ils servent ?

[u]Ce qui apparaît ici est tout simplement le déni qu'on donne au cinéma de pouvoir déranger tout en mettant de l'ordre dans le chaos, deux des pouvoirs de l'art tout court. [/u] Le cinéma est ici réduit à sa fonction spectaculaire, à sa fonction de divertissement. On ne lui confère pas cette force de l'art qui consiste à cristalliser dans certaines circonstances le drame d'une époque ou le drame de l' Histoire.

L'art possède cette fulgurance. Prenons l'art du peintre.

[img]http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b4/Executions_of_the_Third_of_May_by_Goya.jpg/250px-Executions_of_the_Third_of_May_by_Goya.jpg[/img]

On pourrait dire de "Tres De Mayo" de Goya qu'il est présomptueux de la part d' un peintre de faire une toile sur un évènement qu'il n'a pas vu de ses yeux vus, et qui lui sert aussi de sauvegarde auprès du roi espagnol pour son accointance avec les français qui envahirent son pays. Voilà donc un espagnol qui critiqua les espagnols, tout en étant envahis du sentiment d'horreur inspirés par les exécutions massives de la nuit du 2 au 3 mai 1808.
Goya exécrait la guerre et ses calamités. L'élimination de 400 insurgés espagnols après la journée du 2 mai resta gravé dans sa mémoire. La reconstitution (il n'était pas là au moment des faits) se veut signifiante au travers d'une esthétique sublime: la lumière éclaire la chemise blanche et le pantalon rouge sang de celui qui en appelle à la liberté face aux ombres sans noms des français maintenus de dos dans les ténèbres. Les visages des victimes sont détaillés alors que des français on ne voit que l'implacable silhouette.
En un tableau Goya ne cristallise-t-il pas la force horrifique et tragique de l'évènement, l'exécution de la liberté ? [u]L'Histoire de son temps[/u].

Car si l'église, le prêtre, le stygmate sur la main du martyr donnent un ton christique au tableau, la lanterne incarne le siècle des lumières, et les possibles dérives inhumaines de la Raison en laquelle il croyait pourtant...
Goya a un siècle d'avance sur Adorno et Horkheimer, et son oeuvre illustre toute l'ambivalence de sa vision de son temps.

Quelqu'un dirait-il aujourd'hui qu'il fut présomptueux ?

Je ne compare pas le peintre Goya et le cinéaste Spielberg, entendons-nous bien. Je compare la considération que l'on a pour un art majeur, et le mépris circonstanciel qu'on a pour un autre art majeur, le septième.

Bien entendu, certains cinéastes sont vénérés à juste titre: Kubrick ne rejoint-il pas visuellement l'ampleur de Nietzsche dans "2001, l'Odyssée de l'Espace ?" Sa réflexion dans le même film n'est-elle pas également la dangerosité des lumières ? C'est l'Histoire de l'humanité qu'il tente de saisir !
Ce même cinéaste qui considérait Spielberg comme seul apte à réaliser "I.A." quand tout le monde différençiait le maître de la pensée du roi du divertissement...

"Munich" saisit de façon fulgurante l'immense complexité d'un conflit qui trouve un de ses fondements dans 1000 ans de persécutions des juifs, ce qui ne suffit pas à rendre "honorable" la cause des tueurs du mossad (extrait d'une des "quelques phrases"). Munich appréhende avec une nuance et une subtilité cruelle l'engrenage de l'horreur qui n'aboutit qu'au désastre.
C'est parce que le film est une réussite totale qu'il dérange. C'est parce qu'il est un chef d'oeuvre qu'il essaie comme nombre d'autres oeuvres de mettre de l'ordre dans le chaos (tenter de comprendre les ressorts de ce conflit est une des composantes de cette ambition).
"Munich" finit même par dépasser son sujet pour exprimer la contradiction existentielle inhérente au libre-arbitre.

Alors Ehud Danoch et ses clones de toutes obédiences politiques ou confessionnelles fait bien plus que s'attaquer à la thèse de Spielberg. Il nie au cinéma de pouvoir de nommer les choses en 2H. 40 mn.
Il est dans la communication alors que le cinéma est dans la représentation.
Faux débat où l'artiste est sommé de s'expliquer, réduisant à des mots simples la profondeur de son travail, puisque ce travail qui combine la réflexion et le spectacle dans un choix esthétique et moral n'est pas considéré à sa juste valeur artistique.

Allez donc voir le film de Spielberg, sa justification à lui reste claire et droite:
[b]"Je ne suis pas prétentieux au point d'affirmer que je délivre un plan de paix pour le Proche-Orient avec mon film [...]
Mais est-ce une raison pour laisser le champ libre à ceux qui simplifient tout? Aux Juifs et aux Palestiniens extrémistes qui considèrent jusqu'à aujourd'hui toute forme de solution par la négociation comme une sorte de traîtrise? (Est-ce une raison) pour se taire, juste pour ne pas avoir d'ennuis?[...][/b]

[u][b]Je voulais juste me servir du puissant médium qu'est le cinéma pour amener le public à une confrontation très intime sur un thème qu'on ne connaît généralement tout au mieux que de manière abstraite".[/b][/u]

Car il refuse de [b]"donner des réponses simples à des questions compliquées".[/b]
tonnere de brest [dc]
 

Messagepar underhilldaisy sur 07 Mar 2006 16:08

j'ai vu ce film hier soir (ENFIN!) et j'ai bien aimé
Je pensais qd même que le prise d'otage de Munich était beaucoup plus montré que cela, on la voit par bribes, mais elle est pas vraiment entièrement posée, mais ce n'est pas le plus important ...

Je trouve le conflit isarelo palestinien hyper intéressant à étudier, d'un point de vue historique je parle, et je m'étais penché dessu sà plusieurs reprises, je continuerai d'ailleurs qd j'au rai plus de temps .... mais hier soir pendant le film j'ai eu une sorte de flash lorsque, pendant qu'il se retrouvent tous dans la même planque avec les autres, Bana est dehors à fumer une cigarette avec un arabe. Ils discutent du sort Israel Palestine et là, j'ai compris qu'on ne trouverait jamais d'issu, qu'ils n'en trouveront jamais ....
Ca m'aura fait prendre conscience de ca: 2 peuples, 1 terre, tous les deux étant légitimes pour l'avoir, mais c'est voué à l'échec, ca fait bien trop longtps qu'ils se haïssent et s'entretuent, ca finira jamais et personne ne récupérera cette foutue terre que les Occidentaux ont eu la bonne idée de diviser apres la seconde guerre mondiale .....

Enfin bref, mes considérations mises à part, j'ai bien aimé ce film, même si je crois qu'on a jamais réellement su si GoldaMeir avaient véritablement envoyé des isaraëliens éliminer un par un tous les Palestiniens qui avaient participer au Septembre Noir....
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Messagepar tonnerre de brest sur 08 Mar 2006 4:56

Tu l'as vu, Daisy :yeah:

[b]underhilldaisy a écrit:[/b]

[quote]Je pensais qd même que le prise d'otage de Munich était beaucoup plus montré que cela, on la voit par bribes, mais elle est pas vraiment entièrement posée, mais ce n'est pas le plus important ... [/quote]

Cet effet provient du choix de narration de Spielberg. Et si, c'est très important !
Comme tu dis, on la voit par bribes. Mais chacune de ces bribes scande le film par un retour régulier sur la prise d'otage à travers des flash-backs. Ces flash-back montrent comment Avner, le chef du groupe d'exécuteurs du mossad, imagine, vit, et revit cet évènement terrible dans ses cauchemards, et finalement même en phase d'éveil.
Ces souvenirs réinventés lui viennent de ce qu'il a vu à la télévision, et des rapports qu'a pu lui faire Ephraim (le commanditaire de la mission).
Les flash-back qui hantent l'esprit d' Avner expliquent comment un homme peut se dévouer ainsi corps et âme à sa mission pendant si longtemps, et comment, quand il sombre dans le doute le plus total, sa vie n'est désormais plus définie que par son action d'agent secret, présente ou passée (cf le relation sexuelle finale).

Comme si sa vie commençait avec la prise d'otage de Munich.

[b]Mais le traitement de la prise d'otage peut être vue autrement[/b]
Si on regarde bien le début du film, on ne voit quasiment rien, sinon les évènement vus à travers le rapport des journalistes avec derrière eux les zones où se déroule le drame. Son déroulement est caché, les media faisant "barrière".
Les flash-back qui succèdent passent derrière cette barrière, et Spielberg montre à le déroulement, vu cette fois-ci de l'intérieur, de la tragédie. Or, le récit respecte la réalité des choses, et Spielberg montre comment l'inconséquence de la police allemande a précipité le drame. Pas de pilote dans l'avion donné aux terroristes. Des snipers tirant à tout va. Et les preneurs d'otage comprenant qu'ils ne survivront pas, décidant d'emporter les athlètes avec eux...
Fais un montage des flash-back à la suite: ils forment une entité, un film dans le film.

En filmant la très mauvaise gestion de la prise d'otage, Spielberg enfonce un clou dans les doutes d' Avner. Le commando palestinien avait-il l'intention de faire un carnage ?

[b]underhilldaisy a écrit:[/b]

[quote]j'ai bien aimé ce film, même si je crois qu'on a jamais réellement su si GoldaMeir avaient véritablement envoyé des isaraëliens éliminer un par un tous les Palestiniens qui avaient participer au Septembre Noir....[/quote]

Si, les faits sont avérés. Israël refuse toujours d' "officialiser" l'opération lancé par le gouvernement d'alors, mais il n'y a plus rien de secret quant à la réalité de cette décision. Spielberg s'est reposé sur le travail d'historiens, et de nombreux témoins ont déjà livré les détails des évènements.
Un commando du mossad s'est fait capturé par la police suédoise après avoir assassiné un homme correspondant au profil de Salamé. Cela avait eu un gros retentissement.
L'homme qu'ils avaient tué était totalement innocent.
Comme l'opération n'était pas officielle, Israël ne s'est jamais excusé, mais a exprimé des regrets.

Cet évènement tragique entre tous, Spielberg a choisi de ne pas en parler. Mais Ephraim explique à la fin du film que le commando d'Avner n'était pas le seul à agir.

[b]underhilldaisy a écrit:[/b]

[quote] mais hier soir pendant le film j'ai eu une sorte de flash lorsque, pendant qu'il se retrouvent tous dans la même planque avec les autres, Bana est dehors à fumer une cigarette avec un arabe. Ils discutent du sort Israel Palestine et là, j'ai compris qu'on ne trouverait jamais d'issu, qu'ils n'en trouveront jamais ....
[/quote]

Cette scène là a précisément scandalisé beaucoup de gens, côté israëlien comme palestinien. Il a été reproché à Spielberg de renvoyer dos à dos mossad et terroristes à travers cette métaphore.
Elle est pourtant brillante: une pièce pour une terre que se partagent deux groupes d'hommes que bien des choses pourraient rapprocher, mais qui sont dans la même spirale de violence. Le combat du poste radio (station juive ou arabe ? Finalement ce sera de la soul) est le gag triste par excellence, puisqu'ils arrivent à s'accorder sur la "même longueur d'onde".
Quant à la conversation, elle témoigne surtout du point de vue de Spielberg: un peuple a besoin d'une terre, et si les israëliens y ont droit, les palestiniens aussi (même s'il leur faudra 100 ans voire plus, dit le palestinien). Or le fait de parler entre eux autrement que par les armes stipulent que le dialogue est la seule solution envisageable, et qu'il est possible.
Voilà pourquoi je ne partage pas du tout ton pessimisme... Il y a eu les accords d'Oslo, et malgré les difficultés terribles la paix est l'unique solution pour la survie de cette région du monde. Maintenant, je précise que ne m'hasarde pas à faire de la "géopolitique", car ça n'est pas l'objet du topic. Mais le film de Spielberg, qui se veut comme un appel à la réflexion, démontre que l'éternel "oeil pour oeil, dent pour dent", conduit à l'impasse.
Le mérite d'un film comme "Munich" est de le rappeler, de montrer la complexité des problématiques, mais surtout d'appeler à agir autrement, avec le temps de la réflexion, en s'occupant des vrais enjeux.
L'agent Squeulit pensait qu'il s'agissait en fait d'une pierre de forme triangulaire
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