Ma critique de Vrach Frankenshteyn
Publié : 08 sept. 2026, 11:22
Finalement vu X-Files : Vrach Frankenshteyn.
Donc, Chris Carter rejoint la liste des réalisateurs capables de faire un director's cut moins bon que la version d'origine (James Cameron, si tu nous lis...).
Avec 5 minutes de moins que la version ciné et 10 de la version sortie sur supports physiques (et qui avait été présentée en France comme un "Director's Cut"), Carter a voulu resserrer son histoire sur l'enquête, en supprimant essentiellement une partie des interactions entre Mulder et Scully.
Malheureusement, c'était la seule chose qui fonctionnait dans la première version, tant on sentait qu'avec Frank Spotnitz, leur plaisir était de retrouver leurs personnages.
En les ramenant à des "collègues", on se retrouve dans un schéma classique d'épisode de la série, ce qui aurait pu fonctionner si les autres personnages avaient été correctement developpés. Car, malgré tout le talent de Billy Connolly, son personnage est rapidement éventé, et les deux agents du FBI interprétés par Amanda Peet et Xzibit n'ont aucun corps (sans ironie).
Pourtant, il y a eu des confrontations au fil de la série, et bien amenées. Dans l'épisode Métamorphoses par exemple.
Plus ennuyeux, il ne parvient pas à ramener de l'intérêt pour l'enquête. Car si le personnage de Connolly est intéressant en soit (un prêtre pedophile doué de voyance et qui attribué ça à dieu, dans la lignée de thématiques classiques de la série), on rate totalement le véritable ennemi du film. Et surtout, le fait que ceux-ci arrivent à conserver en vie des gens en leur greffant des têtes et tout! Et ça, ça aurait du être classe.
Même, ça aurait pu être aussi dingue et dégueu que l'épisode Home, si seulement Carter avait développé un minimum ses antagonistes.
Et c'est ça qui ne collait déjà pas dans la première version : dans les meilleurs loners de la série (Tooms, Home etc...) on suivait ces ennemis. On les accompagnait. Repensez aux frangins Peacok en route pour tuer le shérif et sa femme.
Sur un long métrage, on aurait pu avoir un développement de ce type, plus poussé encore.
Plus grave encore, Carter vient opposer les expériences de ces "Frankenstein" à la quête médicale de Scully.
Et se vautre encore, alors même que ce développement ne demandait pas spécialement de subtilité, et que la série a largement mis ce genre d'éléments en avant (avec le cancer de Scully, mais aussi dans d'autres domaines, avec les notions d'aliens/étrangers, comme dans l'épisode du Chupacabra).
Au final, ce director's cut met plus en lumière ce qui n'allait pas dans la première version, et en ampute (huhu) l'émotion. Et sans même prendre en compte le fait que l'enquête elle-même est mal foutue (pourquoi abandonner un bras n'importe où ? Quel impact a l'enquête sur les "méchants", quelles sont leurs motivations profondes?).
Au final, si la version ciné était un mauvais épisode digne de la saison 7 (Maitreya!), le director's cut devient un mauvais épisode d'Esprits Criminels.
Et ça craint.
Surtout que mettre en avant Callum Keith Rennie, excellent acteur, et un personnage qui aurait pu être fort, avec sa relation et tout, aurait beaucoup apporté. Humaniser les méchants a toujours été la grande force de la série.
Sur le plan de la réalisation elle-même, pour le coup, ce Director's Cut aère un peu le montage. La séquence d'ouverture en particulier gagne en visibilité et en suspense : il n'y a plus ces coupes brutales sur la recherche de la victime, l'ajout d'une chanson ramène la personnage à son quotidien. On a maintenant une véritable ouverture à la X-Files.
En revanche, ce sont d'autres séquences qui perdent, notamment celle qui voit Scully venir retrouver Mulder dans leur maison. Pour garder (stupidement) le suspense sur la barbe de Mulder, Carter avait joué sur des passages de plans larges à des inserts. Les coupes dans la scène amènent finalement à un affreux faux raccord, une rupture de la règle des 180°.
Globalement, Carter filme son film comme une épisode TV, notamment en collant ses personnages au haut de l'écran (généralement, pour que l'action ne soit pas cachée par les bandeaux pub de la chaîne), quand Bowman sur le premier film profitait du changement de format pour aérer largement son image.
Pas de changement dans le mastering non plus, malheureusement. Le film était dès le début chargé d'effets numériques atmosphériques, essentiellement pour dans raisons de rapidité de tournage et d'écologie. Carter avait fait modifier la plupart des véhicules pour les passer en électrique, et avait fait ajouter beaucoup de neige en numérique, la fausse neige de tournage étant parfois toxique. Le crash de la voiture de la seconde victime est un bon exemple : sur le plan large, la fumée de la voiture, la neige qui tombe, les masses de neige autour et le ciel sont numériques. Par extension, toute la luminosité est retravaillée, avec la colorimétrie. Et ça a pris de l'âge, déjà que ça trahissait le faible budget du film. Un nouvel étalonnage aurait été bienvenu.
Un autre point est le retour du score de Mark Snow. La version ciné était blindée d'extraits du score composé pour le premier film, sans doute pour augmenter l'échelle du film". Ici, on retrouve les morceaux composés pour celui-ci : plus sombres, moins portés sur l'action, ils apportent beaucoup à l'ambiance.
Si on pouvait reprendre les épisodes des saisons 6 et 7 pour faire pareil, ce serait top (les morceaux orchestraux jurent beaucoup avec les nappes de synthé).
Bref, pour le peu de bénéfice, mieux vaut rester sur la version longue et écouter la BO (toutes les BO des X-Files sont bonnes, de toute façon).
Donc, Chris Carter rejoint la liste des réalisateurs capables de faire un director's cut moins bon que la version d'origine (James Cameron, si tu nous lis...).
Avec 5 minutes de moins que la version ciné et 10 de la version sortie sur supports physiques (et qui avait été présentée en France comme un "Director's Cut"), Carter a voulu resserrer son histoire sur l'enquête, en supprimant essentiellement une partie des interactions entre Mulder et Scully.
Malheureusement, c'était la seule chose qui fonctionnait dans la première version, tant on sentait qu'avec Frank Spotnitz, leur plaisir était de retrouver leurs personnages.
En les ramenant à des "collègues", on se retrouve dans un schéma classique d'épisode de la série, ce qui aurait pu fonctionner si les autres personnages avaient été correctement developpés. Car, malgré tout le talent de Billy Connolly, son personnage est rapidement éventé, et les deux agents du FBI interprétés par Amanda Peet et Xzibit n'ont aucun corps (sans ironie).
Pourtant, il y a eu des confrontations au fil de la série, et bien amenées. Dans l'épisode Métamorphoses par exemple.
Plus ennuyeux, il ne parvient pas à ramener de l'intérêt pour l'enquête. Car si le personnage de Connolly est intéressant en soit (un prêtre pedophile doué de voyance et qui attribué ça à dieu, dans la lignée de thématiques classiques de la série), on rate totalement le véritable ennemi du film. Et surtout, le fait que ceux-ci arrivent à conserver en vie des gens en leur greffant des têtes et tout! Et ça, ça aurait du être classe.
Même, ça aurait pu être aussi dingue et dégueu que l'épisode Home, si seulement Carter avait développé un minimum ses antagonistes.
Et c'est ça qui ne collait déjà pas dans la première version : dans les meilleurs loners de la série (Tooms, Home etc...) on suivait ces ennemis. On les accompagnait. Repensez aux frangins Peacok en route pour tuer le shérif et sa femme.
Sur un long métrage, on aurait pu avoir un développement de ce type, plus poussé encore.
Plus grave encore, Carter vient opposer les expériences de ces "Frankenstein" à la quête médicale de Scully.
Et se vautre encore, alors même que ce développement ne demandait pas spécialement de subtilité, et que la série a largement mis ce genre d'éléments en avant (avec le cancer de Scully, mais aussi dans d'autres domaines, avec les notions d'aliens/étrangers, comme dans l'épisode du Chupacabra).
Au final, ce director's cut met plus en lumière ce qui n'allait pas dans la première version, et en ampute (huhu) l'émotion. Et sans même prendre en compte le fait que l'enquête elle-même est mal foutue (pourquoi abandonner un bras n'importe où ? Quel impact a l'enquête sur les "méchants", quelles sont leurs motivations profondes?).
Au final, si la version ciné était un mauvais épisode digne de la saison 7 (Maitreya!), le director's cut devient un mauvais épisode d'Esprits Criminels.
Et ça craint.
Surtout que mettre en avant Callum Keith Rennie, excellent acteur, et un personnage qui aurait pu être fort, avec sa relation et tout, aurait beaucoup apporté. Humaniser les méchants a toujours été la grande force de la série.
Sur le plan de la réalisation elle-même, pour le coup, ce Director's Cut aère un peu le montage. La séquence d'ouverture en particulier gagne en visibilité et en suspense : il n'y a plus ces coupes brutales sur la recherche de la victime, l'ajout d'une chanson ramène la personnage à son quotidien. On a maintenant une véritable ouverture à la X-Files.
En revanche, ce sont d'autres séquences qui perdent, notamment celle qui voit Scully venir retrouver Mulder dans leur maison. Pour garder (stupidement) le suspense sur la barbe de Mulder, Carter avait joué sur des passages de plans larges à des inserts. Les coupes dans la scène amènent finalement à un affreux faux raccord, une rupture de la règle des 180°.
Globalement, Carter filme son film comme une épisode TV, notamment en collant ses personnages au haut de l'écran (généralement, pour que l'action ne soit pas cachée par les bandeaux pub de la chaîne), quand Bowman sur le premier film profitait du changement de format pour aérer largement son image.
Pas de changement dans le mastering non plus, malheureusement. Le film était dès le début chargé d'effets numériques atmosphériques, essentiellement pour dans raisons de rapidité de tournage et d'écologie. Carter avait fait modifier la plupart des véhicules pour les passer en électrique, et avait fait ajouter beaucoup de neige en numérique, la fausse neige de tournage étant parfois toxique. Le crash de la voiture de la seconde victime est un bon exemple : sur le plan large, la fumée de la voiture, la neige qui tombe, les masses de neige autour et le ciel sont numériques. Par extension, toute la luminosité est retravaillée, avec la colorimétrie. Et ça a pris de l'âge, déjà que ça trahissait le faible budget du film. Un nouvel étalonnage aurait été bienvenu.
Un autre point est le retour du score de Mark Snow. La version ciné était blindée d'extraits du score composé pour le premier film, sans doute pour augmenter l'échelle du film". Ici, on retrouve les morceaux composés pour celui-ci : plus sombres, moins portés sur l'action, ils apportent beaucoup à l'ambiance.
Si on pouvait reprendre les épisodes des saisons 6 et 7 pour faire pareil, ce serait top (les morceaux orchestraux jurent beaucoup avec les nappes de synthé).
Bref, pour le peu de bénéfice, mieux vaut rester sur la version longue et écouter la BO (toutes les BO des X-Files sont bonnes, de toute façon).