[S01] Analyse et review par épisode

Tout sur la saison 1

Modérateurs : Spooky., LeMartien, Guigui

Répondre
Avatar de l’utilisateur
Quinlan
Balayeur au FBI
Messages : 40
Inscription : 04 sept. 2026, 22:56
Contact :

[S01] Analyse et review par épisode

Message par Quinlan »

Salut tout le monde !
Etant à la fois fan de la série ET travaillant dans l'audiovisuel (je vous invite à aller découvrir ma série Youtube "Focus" sur le sujet), j'avais bien envie de travailler un peu à approfondir la série, épisode par épisode.
Evidemment, pas question de faire des résumés - d'autres l'ont fait bien mieux que moi - mais d'approfondir un peu les choix artistiques, analyser les thématiques, la technique et les détails de la série.
Parce que, mine de rien, si elle a tant cartonné, ce n'est pas uniquement grâce au charme des deux acteurs.
J'ajouterai donc les épisodes à la suite de ce fil.

Pour commencer, et pour les plus jeunes, il faut se souvenir que la découverte de la série s'est faite assez loin des standards actuels. En 1993, le format moyen des écrans de télévision était d'environ 25 pouces, soit 63cm de diagonale. En 4/3, et à tube cathodique.
Ce qui signifiait que les productions TV avaient tendance à pas mal choisir les gros plans dans leur découpage, et à beaucoup éclairer les scènes (les télés de l'époque étaient quasiment impossibles à régler). Un autre élément entre en jeu : même si tout était encore filmé sur pellicule (et les séries TV y compris), la diffusion en 4/3 faisait que tout était pensé dans ce sens : on jouait sur un cadre presque carré, on planifiait le jeu des acteurs dans cet espace, etc. Et c'est là qu'intervenait aussi l'une des plus odieuses inventions de l'histoire de la TV : le pan & scan - qui comme son nom l'indique scannait l'image pour la déplacer et ainsi suivre l'action. Un truc atroce.
Il faut se souvenir que, jusqu'au début du DVD, le marché US refusait toute idée d'autre format. Même les films cinés sortaient sur support en pan & scan, et il fallait souvent débourser plus pour s'offrir un format "letterbox" (avec les bandes noires), renommé ensuite "widescreen". Christopher Nolan en aurait fait une maladie. Kubrick l'a fait en son temps, d'ailleurs, et a choisi un format presque carré pour beaucoup de ses films pour ça.
Mais, heureusement, Carter et son équipe pensaient déjà hors des marges, et le remaster 16/9 qui a été fait est excellent ( et sans perches ni caméras dans le champ).

Mais donc, X-Files est née sur ce type de support.
le Silence des Agneaux était sorti deux ans plus tôt, et Basic Instinct l'année précédente. Il y avait donc clairement un public pour les histoires psychologiques sombres. Twin Peaks avait aussi ouvert la voie à des séries différentes, ce que Chris Carter développait aussi.

Ainsi, le 10 septembre 1993, arrive sur la FOX :


[1x01] Pilot / Nous ne Sommes pas Seuls.
Ironiquement, je n'ai découvert cet épisode que très longtemps après, lorsque ma compagne de l'époque m'a offert le coffret de l'intégrale de la série (celui façon boîte de classement). Je l'avais toujours raté avant.

A l'époque, pour une série grand-public, les premiers éléments de la série sont déjà inattendus : beaucoup de noirs, une ouverture sur un plan de grue (cher, mais efficace), un montage varié, et une violence dans les effets et la lumière qui intriguent. Les extra-terrestres ne sont pas spécialement à la mode, et les questions sont rapidement posées.
Les choix narratifs vont rapidement se justifier : on ne sait pas dans quoi on s'embarque - mais les personnages, si. Et la police locale semble suspecte. C'est l'idée géniale du FBI : une agence fédérale, la seule aux USA à pouvoir enquêter sur tout le territoire, et qui soumet les autorités locales. L'action se passe en Oregon, la séquence suivante s'ouvre à Washington : on sait qu'on va voyager (et on connaîtra presque Vancouver par coeur).
Mais, au-delà de l'intrigue, c'est le premier élément de découverte qui met la série en place : là où on nous met généralement en place le héros, c'est Scully (on est en 1993 les enfants, une femme peut pas être un héros, sauf Sigourney Weaver). Elle est agent, dans son élément, mais reste une subordonée, et les trois types qui la jaugent font bien peser leur testostérone. C'est par elle qu'on entre dans cet univers, qu'on va découvrir Mulder et les X-Files. On n'aura pas un, mais deux personnages auxquels s'identifier, égaux (en tout cas jusqu''à la saison 8).
Pour ce premier épisode, on reste dans cette dynamique : Mulder connait déjà les travaux de Scully et en est impressionné (une manière de dire au spectateur qu'il peut s'accrocher à elle), quand tout son comportement, à lui, peut-être remis en question : sa présentation, ses questionnements, etc.
On sait qu'elle est là pour l'espionner, mais il reste le taré de la série.

Image

Et d'ailleurs, Scully n'a pas tort quand elle dit que "toutes les réponses sont ici : il suffit de savoir où regarder" : ce sera largement démontré tout au long de la série.
Alors que les dirigeants de la Fox ne voulaient voir que des blondes sexy, Chris Carter prend un malin plaisir à flinguer ce clicher (jusqu'à faire disparaître par maquillage le grain de beauté de GA) : intelligente, intuitive, elle est en réalité bien plus capable que Mulder qui, bien qu'étant un criminologue génial, manque aussi souvent de contrepoint. Les stéréotypes sont inversés : Mulder est soumis à ses émotions, Scully est réfléchie.
Dès ce premier épisode, Carter nous plonge dans des thématiques qui seront parfois difficiles : exhumation mortuaire (qui tourne presque à la profanation), troubles psys, mutilations, autopsie... On est loin des épisodes les plus violents de la série, mais nos héros évoluent clairement dans un monde violent, dangereux, et dont les réponses ne sont pas évidentes.
Si l'idée de la série vient à Carter de Kolchak, l'esthétique elle-même est dès le début axée sur le Silence des Agneaux de Jonathan Demme : une lumière naturaliste mais travaillée qui joue sur les contrastes, un ciel blafard... Scully, clairement, est Clarice Sterling - même quand elle s'emporte contre Mulder : malgré son jeune âge, malgré sa supposée incompétence, son intelligence et son caractère l'imposent. L'alchimie avec Mulder fonctionne d'autant mieux et est d'autant plus crédible. Le seul écart que l'on trouvera dans la réalisation sera Scully qui découvre les deux boutons sur son dos au moment où, opportunément, elle se déshabille. Ce sera le seul écart gratuit de ce type dans la série, mais la séquence reste intéressante : elle permet de montrer la porosité de Scully aux idées de Mulder, son ouverture d'esprit plus qu'une faille logique, et ce jeu d'intimité permet d'arriver à la séquence de fragilité de Mulder : sa découverte des X-Files, ses propres doutes et sa conscience que sa foi aveugle reste une faille.
C'est ce qui va permettre aux deux personnages d'entamer une relation de confiance : même si Scully n'est pas convaincue de l'hypothèse de Mulder, elle ira quand même vérifier les pieds de Billy Miles. Et c'est ce qui fait la différence avec d'autres séries du même genre qui suivront, comme Poltergeist : on a ici de vraies enquêtes, des indices à trouver, des explications à trouver, qui restent plausibles jusqu'à preuve du contraire. X-Files - en grande parte - c'est le principe de base de la recherche scientifique. C'est cette capacité de Scully à dire "je ne sais pas" qui va faire sa force, même contre Mulder, et qui va dès le début mettre en défaut Blevins et ceux qui voudraient fermer les X-Files
A la fin de l'épisode, tous les éléments sont là : les doutes, l'absence de preuves, les manipulations, un type qui représenterait la moitié du budget de la série en cigarettes à notre époque - et un duo prêt à s'épauler, crédible, et qui parvient même à faire oublier que, en 1993 aux USA, le FBI était à peu près aussi bien vu que l'ICE aujourd"'hui (le fait que ces enquêtes soient en marge du Bureau joue aussi : Mulder et Scully sont pas nature rejetés par le système).
Le 16/9 rend largement hommage au travail de photographie et à la manière dont la réalisation met en avant les personnages. Plus encore, on se rend compte que Carter n'hésite pas à éloigner la caméra de ses acteurs, à les perdre dans leur environnement, voire dans l'obscurité - et tant pis si on ne distingue pas tout sur un petit écran parasité (en tout cas à l'époque).


{1x02] Deep Throat / Gorge Profonde
Si le pilote mettait en place les bases de la série, Deept Throat est l'origine de tous les épisodes sur le complot.
En choisissant de placer son action au sein d'une base militaire type Area 51 et en reprenant tous les "clichés" de l'ufologie depuis les années 1960, Carter montre que la série distinguera sans souci les mythes sociaux de son propre canon. Il joue d'ailleurs sur le sujet : le personnage de Seth Green, les photos vendues au bar en face de la base...
Surtout, on découvre Gorge Profonde, et donc les possibilités d'information que Mulder peut avoir - même si on découvrira plus tard que c'est assez relatif. La confiance aveugle que Mulder a en lui est d'autant plus douteuse pour Scully, mais on assiste aux première oppositions entre les deux agents et l'armée - ce qui deviendra assez récurrent dans les premières saisons. On a aussi pour la première fois le ras-le-bol de Scully sur les pérégrinations de Mulder, dont la cohérence n'est clairement pas toujours présente ici, surtout avec un final qui n'apporte pas de réponse précise (et laisse le mot de la fin à Scully pour la conclusion, un schéma qui reviendra tout au long de la série. C'est un des épisodes de mystère les plus réussis, même avec les révélations de Gorge Profonde : rien n'est étayé, on ne sait pas ce que l'on a vu, et le soldat qui explique à Scully que ce qu'ils cachent mérite ce complot reste justifié, que ce soit un OVNI ou un simple avion secret (techniquement).
La réalisation de Daniel Sackheim est moins poussée que celle de Carter sur le pilote : il centre beaucoup ses personnages, les encadre et prépare clairement le format pour le 4/3. Les interactions et les travaux sur les différents plans sont plus rares que ce qui se fera par la suite. Clairement, on est dans un épisode de mise en place technique de la série.

Image

[1x03] Squeeze / Compressions
Ah! Enfin! Le premier épisode "flippant" de la série et le premier weekly monster. C'est aussi le premier épisode écrit par Glen Morgan et James Wong, et on les en remercie. Ce sera par ailleurs le seul épisode réalisé par Harry Longstreet (on verra ça plus bas) mais, malgré son académisme, c'est une réussite. Les longs plans à la steadycam (je n'aime pas trop ça en général, un truc de flemmard) pour suivre le personnage au début se justifient bien, et les trouvailles que sont les inserts sur la tasse (qui déverse son café sur la moquette) et le pot à crayon qui reflète le cadavre sont des coups de génie.

Image

Niveau scénario, l'idée des trois meurtres est intéressante : aux USA, c'est le déclenchement des enquêtes sur les meurtriers en série, et permet d'impliquer le FBI - d'où cet emmerdeur de Colton (et une poignée de main un peu trop franche avant que Mulder ne se moque de lui). Un truc un peu marrant d'ailleurs : Colton parle de trois meurtres au début ("these murders" en VO), alors qu'il n'y en a encore eu qu'un (confirmation quand Mulder expliquer que le tueur frappera encore deux fois).
C'est l'épisode qui nous permet de comprendre que Mulder connait toutes les affaires non classées (et sans doute l'explication de son célibat).
C'est aussi l'épisode le plus compliqué depuis le début de la série : Longstreet n'est pas très au point sur la direction d'acteurs, et en vétéran de la TV, limite les angles de vue (au profit de la steadycam, feignasse). Pire, il refuse une partie du script, des cadrages (pourtant storyboardés), et tente de réécrire des dialogues (notamment pour Duchovny, qui s'oppose fermement au réalisateur).
Avec un budget "off" (c'est-à-dire certainement son salaire), James Wong retournera une partie des scènes après le tournage principal, notamment avec Doug Hutchinson (absolument magistral, mais inutile de le dire). Le montage sera également revu et aéré.
La force de l'épisode repose sur le jeu de susceptibilité entre les personnages : Colton et son supérieur opposés à Mulder. Les deux premiers veulent des résultats (on sait que Colton espère monter en grade), quand Mulder est juste fasciné par l'idée de Tooms. Il n'est pas émotionnellement touché par les meurtres, mais Tooms est à la croisée entre la pscyho criminelle et le surnaturel, l'exact Némésis de Mulder - ou en tout cas de ses aspirations. C'est d'ailleurs ce qui fait que le second épisode avec le personnage sera aussi bon : pour le coup, Mulder aura un lien émotionnel direct et aura évolué en face de Tooms.
Dans cet épisode - à l'instar des meilleurs de la série - l'élément surnaturel s'efface pour laisser la place à un monstre humain : qu'il soit quasiment immortel, au final, jouant assez peu. D'ailleurs, on ne voit qu'à peine les capacités de Tooms. Son entrée dans la cheminée se fait au milieu de l'épisode, losque l'enquête est largement entamée et que le personnage est déjà largement dérangeant par sa psyché.
L'aspect terrifiant du personnage est encore accentué par l'entretien avec l'ancien agent Briggs : si Mulder n'est pas éprouvé par les meurtres, lui l'est, et son traumatisme transparait dans sa scène.
Mais l'épisode introduit aussi un des éléments thématiques majeurs de la série : l'opposition du FBI aux X-Files et le besoin constant de devoir se justifier, surtout pour Scully : on le voit avec Colton, elle doit choisir un camp, l'expliquer et s'imposer. Ce qu'elle fait en respectant Mulder, même si elle ne le suit pas dans ses croyances. C'est aussi un aspect majeur du véritable FBI. S'il est un organe juridique, il est d'abord politique (on le voit actuellement avec l'administration Trump). Ca reviendra plusieurs fois dans la série, notamment dans les liens entre Mulder / Scully et les communautés amérindiennes : justifier de chercher la vérité, d'enquêter objectivement et non de faire de la politique. A l'aube des années 90, le FBI était encore un organe gouvernemental ancré dans des restes de maccarthysme et perdu dans le contre-terrorisme (notamment en lien avec la Guerre du Golfe). Colton et les autres agents (comme Skinner plus tard) représentent ça, et la frustration des deux agents en découle largement - d'autant que ça participe à mettre Scully en danger (elle n'arrivera jamais à prendre son foutu bain!).
La menace Tooms n'est donc pas uniquement le produit d'une différence génétique, mais aussi de l'aveuglement des autorités. Et ce, même s'il est le premier "méchant" que les agents arrêtent (il n'y en aura pas beaucoup).


[1x04] Conduit / L'Enlèvement
Retour aux aliens, dans une thématique différente, même si on est pas encore totalement dans le complot.
Dès le début, on sait où on va : Daniel Sackheim fait reposer la séquence de l'enlèvement sur Rencontres du Troisième Type. Si on pouvait deviner un plan derrière les ET du Pilote, c'est moins évident ici - et on peut se demander s'il s'agit de la même race. Mais c'est surtout la première véritable implication de Samantha.
Que ce soit Scully qui nous raconte cet évènement (et à Blevins) indique bien que le sujet n'est pas dédié à la plaisanterie, et justifie les pincettes que prend Scully pour convaincre Mulder de ne pas suivre l'enquête.
L'idée des enlèvements répétés reviendra plusieurs fois dans la série, et motivera tout un pan de la mythologie. Le profil de Darlene Morris est proche de celui de la mère de Jeffrey Spender, quelques six ans plus tard. C'est la première fois qu'on voit Mulder en empathie complète avec elles, notamment avec Ruby, à peine plus âgée que Samantha, puis avec le petit Kevin.

D'une manière assez amusante (ou pas), on retrouvera la même trame scénaristique en 1998 dans le film Code Mercury avec Bruce Willis, quand un enfant commence à copier un code inconnu qui est en fait un code de la NASA.

Comme dans l'épisode Pilote, on découvre rapidement que la communauté autour des personnages est vaguement au courant de certaines choses, mais craint d'être traquée. On retrouve également la notion d'ennemi intérieur, la NSA n'hésitant pas à arrêter un enfant. Et Scully de poser les bonnes questions (encore) : "il n'y a aucune preuve qu'il s'agisse d'un enlèvement". La recherche de preuves s'oriente dès lors vers la démonstration d'un élément extérieur, qui pourrait à la fois permettre de retrouver Ruby et "sauver" l'enfant et sa mère. Si Mulder arrive à se contenir tout au long de l'épisode, il atteint ses limites lorsqu'il trouve le cadavre. On est à l'opposé du Mulder de l'épisode précédent : ici, il est émotionnel, à l'extrême, au risque de perdre tout jugement.
On sent que la série se cherche encore, mais cet épisode - assez moyen sur le plan des aliens - met largement en place le positionnement des personnages par rapport aux évènements et leur empathie face aux personnages (d'ailleurs, on voit que Scully mène tous les interrogatoires pendant que Mulder reste en retrait - garantissant une meilleure objectivité).
Ici, Mulder est faillible, plus que jamais - et on comprend pourquoi il était perdu avant l'arrivée de Scully.
La psychologie des personnages principaux est à peu près complète à l'issue de cet épisode, ainsi que leurs rôles respectifs face aux évènements.
Avatar de l’utilisateur
Guigui
Demi-frère caché de Mulder
Messages : 1978
Inscription : 15 juil. 2006, 11:39
Localisation : Metz (57)
Contact :

Re: [S01 Analyse et review par épisode

Message par Guigui »

Le seul écart que l'on trouvera dans la réalisation sera Scully qui découvre les deux boutons sur son dos au moment où, opportunément, elle se déshabille. Ce sera le seul écart gratuit de ce type dans la série, mais la séquence reste intéressante : elle permet de montrer la porosité de Scully aux idées de Mulder, son ouverture d'esprit plus qu'une faille logique, et ce jeu d'intimité permet d'arriver à la séquence de fragilité de Mulder : sa découverte des X-Files, ses propres doutes et sa conscience que sa foi aveugle reste une faille.
C'était une demande insistante de la FOX de dénuder un peu Scully. De cette obligation, je trouve que Carter a fait quelque chose de malin, il y a non seulement ce que tu décris mais ici on acte que leur relation sera platonique pour un moment et que leur attirance sera d'abord intellectuelle.

Attention, ce n'est pas Carter qui a réalisé le pilote mais Robert Mandel.

J'aime bien tes analyse sur la forme et tes précisions technique.

Aussi tu as raison de rappeler l'aura du FBI au début des années 1990. On le ressent bien dans Gorge Profonde quand l'amie de Mme Budahas lui dit "comment as tu pu amener le FBI chez moi ?". Idem, on peut alors mieux comprendre l'aversion de Bill Scully pour le choix de carrière de sa fille.
Avatar de l’utilisateur
Quinlan
Balayeur au FBI
Messages : 40
Inscription : 04 sept. 2026, 22:56
Contact :

Re: [S01 Analyse et review par épisode

Message par Quinlan »

Guigui a écrit : 09 sept. 2026, 23:41
Le seul écart que l'on trouvera dans la réalisation sera Scully qui découvre les deux boutons sur son dos au moment où, opportunément, elle se déshabille. Ce sera le seul écart gratuit de ce type dans la série, mais la séquence reste intéressante : elle permet de montrer la porosité de Scully aux idées de Mulder, son ouverture d'esprit plus qu'une faille logique, et ce jeu d'intimité permet d'arriver à la séquence de fragilité de Mulder : sa découverte des X-Files, ses propres doutes et sa conscience que sa foi aveugle reste une faille.
C'était une demande insistante de la FOX de dénuder un peu Scully. De cette obligation, je trouve que Carter a fait quelque chose de malin, il y a non seulement ce que tu décris mais ici on acte que leur relation sera platonique pour un moment et que leur attirance sera d'abord intellectuelle.

Attention, ce n'est pas Carter qui a réalisé le pilote mais Robert Mandel.

J'aime bien tes analyse sur la forme et tes précisions technique.

Aussi tu as raison de rappeler l'aura du FBI au début des années 1990. On le ressent bien dans Gorge Profonde quand l'amie de Mme Budahas lui dit "comment as tu pu amener le FBI chez moi ?". Idem, on peut alors mieux comprendre l'aversion de Bill Scully pour le choix de carrière de sa fille.
Bien vu, j'ai zappé que c'était Mandel - son seul épisode, d'ailleurs.
Mais oui, sur toute la première saison, on sent bien que Carter et ses scénaristes jouent sur les clichés attendus au sujet de Scully et Mulder (qui devrait pour eux être un héros, mais qui est finalement très faillible).
Avatar de l’utilisateur
Mulder29
Balayeur au FBI
Messages : 31
Inscription : 23 juin 2009, 18:20

Re: [S01 Analyse et review par épisode

Message par Mulder29 »

Pour l'aura du FBI, je vous conseille/déconseille la série "FBI" où c'est le jour et la nuit par rapport à "X-Files", en gros, la série veut donner une bonne image de cette institution alors qu'ils doivent appliquer une politique réactionnaire (ben oui, c'est Trump le président dès le début) du coup, les persos se retrouvent mêlé à des affaires clivantes d'immigration et de terroriste en tentant de s'auto-persuader qu'ils le font pour de bonne raisons mais sont toujours en porte à faux par rapport à leur principe. Par exemple, la construction de toutes les épisodes c'est de montrer que le maincast nous est sympathique, mais quand leur enquête les amène à cotoyer terroriste/immigrant, ben ils se voient contraint d'appliquer des décisions brutales, style "j'ai des ordres" alors que pendant l'épisode, ils ont juré à leur proche que "non, le bureau n'est pas comme ça".

La scène finale cliché c'est de les voir cuver au bar, parce que la pilule est trop dur à avaler.

Et moi de me dire "Non mais, pourquoi ils ne démissionnent pas plutôt", vu que là, ils se font constamment humilié par leur supérieur. Je n'exagère même pas, dans l'un des derniers épisodes que j'ai vu, un des agents se faisait engueuler par sa supérieur parce qu'on lui avait caché que sa femme s'était fait tiré dessus, gravement, elle fini à l'hosto, alors qu'il était en mission d'infiltration. Réponse de la supérieur "Pour qui vous vous prenez ? La mission avant tout. " O_o
Répondre

Revenir à « Saison 1 »