[b]Grands media[/b]
Il est clair que les grands media ne parlent guère effectivement de ce type d'oeuvre. Je trouve d'ailleurs un certain soulagement à voir que des films qui ont été faits dans la difficulté, avec des moyens largement plus faibles, ont été des succès (je pense à Michel Ocelot, qui n'a vraiment pas été aidé à ses débuts) sans que les media n'y participent réellement (bien qu'Ocelot soit devenu, sans doute à l'insu de son plein gré, la coqueluche du dessin animé français

).
C'est d'ailleurs toujours comme ça: les producteurs sont difficiles à trouver, les distributeurs rechignent, et ça fait un succès énorme quand personne n'y croyait, et le type est alors adulé.
Alors c'est sur que quand Besson arrive avec la grosse machinerie, on n'est plus sur la même planète. Alors qualité PS2, PS3, tout ce que je peux dire, c'est que j'ai vu des films en image de synthèse moins réussis. A un tel point que je me suis demandé si l'imagerie était française ou pas (marque d'auto-flagellation crétine, d'ailleurs).
Mais avez-vous vu la qualité de l'eau de la "rivière", la luminosité des flocons de pollen dans la tulipe ?
Au-delà de la qualité PS3, ou supérieure, c'est la capacité de mise en situation de beaux plans, un peu suspendu, où l'intention rend au final un joli moment, où les personnages deviennent attachants.
La scène dont je parlais, celle de la boite avec le disque en vinyl, est, du point de vue rythmique, une vraie réussite. Une chorégraphie pas seulement au sens de la danse, mais de l'installation et du déroulement de l'action. Une scène vraiment drôle, où entre deux bastons, une danse est tellement la réplique exacte de [b]Pulp Fiction[/b] qu'on ne peut pas y voir un vol, mais une citation. Tout comme le début du film quand la fameuse attaque des moustiques-monture intervient, renvoit de façon direct au faucon millénaire de [b]Star Wars[/b]. Besson joue de ces références comme un terrain de reconnaissance qui devient un vaste jeu.
On n'est donc pas dans l'ordre de l'hommage (bien que ça ne soit pas incompatible), mais bien dans celui du jeu de piste de références à d'autres films qu'on doit trouver comme Arthur doit trouver son trésor.
[b]Mezière, Christin Besson, Lucas, et les casseroles.[/b]
J'aimerais avoir le matos pour vous montrer comment Valérian enfourche un insecte-monture dans "Le Pays Sans Etoile", histoire de faire une comparaison d'image. Mais pour cela, vous avez le film et la BD.
[img]http://www.geocities.com/rik_eric/BD/valerian03g.jpg[/img]
Le mille -pattes géants, que l'on retrouve aussi dans "Arthur et les Minimoys".
Besson ne cache absolument pas ces renvois, car ils paticipent à l'aspect ludique du film.
Quant aux casseroles que trainerait Besson pour plagiat ou autre... Les procès sont des faits. Loin de moi l'idée de contester leur existence. Mais il faut savoir trier.
Comme je l'ai dit, Moebius et Mezière ont été mis en avant dans "Le Cinquième Elément". Dans le générique, certes, mais aussi comme des "garants", de manière un peu publicitaire, d'ailleurs. Perso, je n'ai pas attendu Besson pour remarquer qu'il y avait une sacré similitude entre le Faucon Millénaire de [b]Star Wars[/b] et le vaisseau de Valérian.
[img]http://blog.dargaud.com/valerian/images/valérian/designs/tempus-fugit.jpg[/img]
Star Wars
[img]http://www.noosfere.com/mezieres/Images/cinema/milleniumfalcon.jpg[/img]
Valérian
[img]http://www.noosfere.com/mezieres/Images/cinema/aflolol.jpg[/img]
[img]http://www.coolfrenchcomics.com/valerianib.jpg[/img]
Or, Lucas possède toute la collection des [b]Valérian[/b]... Ca n'en fait pas un voleur pour moi: une oeuvre inspire l'élément d'une autre, qui pourtant a sa propre complexité.
Dans "Le cinquième Elément", Bruce Willis devait incarner un ouvrier, mais c'est en lisant "Les spectres d'Inverloch" et "Les Cercles du Pouvoir" que l'idée du conducteur de taxi volant s'est imposée. Car si effectivement le décor de ce film doit à "l'Incal", il doit plus aux décors de la planète Rubanis...
"Les Cercles du Pouvoir".
[img]http://dugueta.club.fr/Images/Divers/cercles.JPG[/img]
Le Cinquième Elément
[img]http://www.epidermiq.com/images/bordel/5th_Element.jpg[/img]
[quote]
http://www.noosfere.com/mezieres/images ... xtras2.jpg[/quote]
[b]" Luc Besson est venu me voir en me disant "Je suis un vieux lecteur de Valérian et je trouve que les Américains vous ont pas mal pompé. Moi je prépare un film de science-fiction, je vous engage et je vous paie " (...) Pour imaginer à quoi ressemblait ce New York du futur, j'ai crobardé très librement des trucs d'approche, des vues panoramiques, l'astroport (...) Je l'ai (Luc Besson) surtout étonné quand j'ai commencé à lui dessiner des petits taxis volants, comme ceux que j'étais en train de mettre dans Les Cercles du Pouvoir " [/b]
J.C. Mezière
Qu'est-ce que lui a apporté cette expérience sur le film ?
[b]Mézières[/b] : " Une fortune (je plaisante), un coup de projecteur, et surtout une plus grande liberté graphique. "
[b]Christin (scénariste et romancier de Valérian):[/b] " Le boulot de dessinateur est austère. Et en vieillissant, le dessinateur a tendance à se rétrécir, à devenir peintre-enlumineur - à sodomiser les mouches, en clair. Cette expérience lui a apporté une confiance dans des dessins plus jetés, plus libres. "
[b]Quand Besson se retrouve dans l'image de synthèse[/b]
Concernant la mise en scène de Besson, son style spécifique, j'ai été frappé de voir que ce qui en fait l'originalité se retrouve plus dans la rythmique et la chorégraphie de certaines scènes en image de synthèse, beaucoup plus, d'ailleurs que dans les parties en argentique. Lorsque j'écris chorégraphie, je ne parle pas de scènes dansées. Besson a une qualité en tant que cinéaste: il chorégraphie ses scènes. Un plan devient un vaste lieu où dans la temporalité le déplacement des personnages devient délibérément artificiel, par leur posture quasiment musicale (cf "Le Grand Bleu", mais surout "Nikita" et encore plus "Leon").
C'est une heureuse surprise (je n'ai pas vu "Angel-A", je n'en parle donc pas, ce qui me semble déontologiquement obligé: on ne commente que ce qu'on a vu, sinon on est dans le mensonge).
Je le répète: l'aspect cruel, très cruel d' "Arthur et les Minimoys", renvoit à la fascination pour une certaine forme de violence que l'on retrouve dans "Nikita" ou "Leon" (d'ailleurs, en tant que référence inavouée, il y a un plan très semblable à "Titanic"...).
Idem pour l'aspect très sexué, qui ne se retrouve pas dans le bisou final ou les oreilles qui vrombrissent, mais plutôt dans le réveil dans la tulipe, où l'ombre d'un Arthur subjugué s'étend sur le corps de Sélénia, ou, dans la scène vraiment drôle ou Arthur utilise le lacet du corset de Sélénia pour les tirer d'affaire: celle-ci se retrouve à protéger son corset d'une main pour ne pas se retrouver à poil: et oui, il y a une vraie charge érotique là-dedans

!
Maintenant, je rejoins Wonk dans sa comparaison avec "Dark Cristal". Il y a le chef d'oeuvre, et le film de divertissement. Inutile de parler d' "Arthur et les minimerdes" pour cela. Ce sont des termes inutiles.

Pourquoi parler ainsi, quand on se rend compte a posteriori que l'interlocuteur est d'accord ?

L'agent Squeulit pensait qu'il s'agissait en fait d'une pierre de forme triangulaire